Des améliorations saisonnières au Burundi sont actuellement freinées par une persistance des prix alimentaires élevés et des pertes de récoltes de haricots. Ces améliorations seront entravées par des récoltes localisées inférieures à la moyenne, la persistance de prix alimentaires élevés et les pressions du marché dues à une forte demande dans les zones accueillant d'importantes populations de réfugiés et de rapatriés. Les basses terres de l'est et du nord, les plateaux secs de l'est et les plaines de l'Imbo devraient ainsi rester en phase de stress (IPC Phase 2) jusqu'en septembre, une projection qui note la gravité continue de la situation. Cette situation fait suite à des pertes importantes dans la récolte de haricots. Ces pertes ont été attribuées à des précipitations inférieures à la moyenne enregistrées de fin mars à mi-avril dans les régions concernées.
Pertes de récoltes et prix des denrées
Les récoltes de la saison B devraient être proches de la moyenne dans la plupart des régions, soutenues par une production de tubercules et de bananes compensant en grande partie les pertes notables de récoltes de haricots. Les prix des denrées alimentaires en avril ont poursuivi leur tendance saisonnière à la hausse et sont restés considérablement plus élevés que la moyenne sur cinq ans, une situation qui préoccupe les ménages burundais. Les haricots représentent environ 25 à 30 % de la production agricole nationale de la saison B. Cette proportion atteint près de 50 % de la production de la saison B dans les régions du nord, soulignant l'importance clé de cette culture pour la sécurité alimentaire locale.
Les pertes les plus importantes de récoltes de haricots sont survenues dans les basses terres semi-arides du Nord, où la production est anticipée à environ 40 % en dessous de la moyenne. Dans les basses terres de l'Est, les pertes de récoltes de haricots sont estimées à 15-20 %, tandis qu'elles s'élèvent à environ 10 % sur les plateaux secs de l'Est. Des pénuries d'engrais et des prix des intrants élevés, liés à la disponibilité limitée de devises étrangères et au conflit au Moyen-Orient, ont également affaibli la production agricole, ajoutant une couche de complexité aux défis rencontrés par les agriculteurs.
La plupart des produits de base ont augmenté d'environ 5 % par rapport à mars. Les haricots ont connu une flambée de 30 % au niveau national. En zones urbaines, les haricots ont même bondi de près de 50 %, ce qui représente une charge considérable pour les consommateurs. Parallèlement à cette situation économique, certains réfugiés expulsés de Tanzanie cherchent asile en Ouganda, au Kenya et au Rwanda, ce qui témoigne des mouvements de population dans la région.
Pressions sur les prix et le transport
Les prix élevés persistants au Burundi sont alimentés par l'augmentation des coûts des intrants agricoles et du transport. Cette situation coïncide avec une nette diminution des importations de carburant vers le Burundi depuis mars. La baisse des importations de carburant est imputable au conflit au Moyen-Orient, selon les observations. Les importations d'essence et de diesel devraient rester anormalement basses au moins jusqu'en septembre, ce qui augure de difficultés persistantes pour le secteur des transports et l'économie en général.
Dans les zones urbaines, les prix du charbon de bois ont doublé, voire triplé, accentuant la pression sur les ménages, en particulier ceux à faible revenu. Par rapport à l'année dernière, les prix de la plupart des denrées étaient supérieurs de 5 à 20 pour cent. Cependant, les prix du maïs ont enregistré une baisse de 10 pour cent comparativement à l'année précédente, offrant un léger répit sur ce produit spécifique. En avril 2026, le Programme Alimentaire Mondial (WFP) a fourni une assistance nutritionnelle à 9 105 bénéficiaires. Parmi eux, 6 565 enfants ont reçu cette aide, ainsi que 2 540 femmes enceintes et allaitantes, soulignant l'importance des interventions humanitaires dans ce contexte.
Contexte des réfugiés et des rapatriés
Les améliorations saisonnières au Burundi seront entravées par des récoltes localisées inférieures à la moyenne, la persistance des prix alimentaires élevés et les pressions du marché dues à la forte demande dans les zones accueillant de grandes populations de réfugiés et de rapatriés. La frontière rwandaise est fermée depuis janvier 2024, ce qui peut avoir des implications sur les échanges commerciaux et les mouvements de personnes. La compétition pour la main-d'œuvre est anormalement élevée en raison d'importants afflux récents de réfugiés et de Burundais de retour. L'aide en espèces aux réfugiés et aux rapatriés a également accentué l'inflation dans les localités où se trouvent ces populations, créant des défis supplémentaires pour les marchés locaux. En avril 2026, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a assisté près de 975 000 bénéficiaires. Environ 151 000 réfugiés ont reçu 75 % des besoins alimentaires quotidiens minimaux grâce à une aide hybride combinant des transferts de nourriture et d'argent. Les rapatriés ont reçu des liquidités équivalant à 50 % des besoins alimentaires minimaux pendant trois mois, une mesure visant à soutenir leur réintégration.
Le rythme de rapatriement des réfugiés burundais depuis la Tanzanie a ralenti en avril 2026. Le PAM a assisté 11 397 rapatriés en avril 2026. En mars 2026, 26 194 rapatriés avaient bénéficié de son aide, et le programme avait également assisté 24 944 rapatriés en février 2026. Environ 40 000 rapatriés devraient encore quitter la Tanzanie d'ici juillet 2026, ce qui indique que les mouvements de population se poursuivront dans les mois à venir.
Implications et perspectives
Les récoltes de la saison B en juin amélioreront temporairement l'accès à la nourriture et aux revenus, offrant un répit bienvenu pour de nombreuses familles. Cependant, les prix des denrées de base sont restés nettement élevés, oscillant entre 20 et 70 % au-dessus de la moyenne quinquennale, ce qui signifie que l'amélioration pourrait être de courte durée. La pénurie de carburant, qui s'aggrave, est susceptible d'accroître davantage les coûts de transport et de contribuer à des hausses supplémentaires des prix alimentaires, exerçant une pression continue sur les budgets des ménages et la stabilité économique du pays.