Voici l'article étendu :
Au moins 55 personnes sont décédées au Burundi depuis janvier de l'année en cours en raison de la consommation d'« udusarabwayi », des boissons fortement alcoolisées. Ces chiffres ont été déclarés par l'organisation de lutte contre les stupéfiants (Olucos), qui a mis en lumière l'ampleur de cette crise sanitaire. L'Olucos a également souligné que le problème de la consommation d'« udusarabwayi » suscite une vive préoccupation à l'échelle nationale, impactant plusieurs provinces du pays. La consommation de ces spiritueux artisanaux, souvent produits de manière illégale et conditionnés de façon rudimentaire, représente un grave danger pour la santé publique, entraînant des intoxications sévères et des pertes de vie tragiques.
Chiffres alarmants par province et impact sanitaire
Les données compilées par l'Olucos révèlent une situation particulièrement critique dans plusieurs régions. Dans la province de Bujumbura, ces boissons conditionnées en bouteilles plastiques ont provoqué 12 décès depuis janvier 2026. Cent quarante autres personnes se trouvent dans un état jugé préoccupant dans cette même province, nécessitant des soins médicaux urgents. Les investigations menées dans la province de Bujumbura n'ont couvert que cinq communes, ce qui suggère que le bilan réel pourrait être encore plus lourd une fois l'ensemble du territoire provincial examiné.
La province de Butanyerera est également fortement touchée. L'enquête y a révélé 15 décès et 130 personnes en état critique, luttant pour leur survie suite à l'ingestion de ces substances nocives. La province de Gitega a enregistré 11 décès, tandis que 40 autres personnes y sont considérées comme étant dans un état de santé grave. Ces chiffres provinciaux contribuent au bilan global des victimes des « udusarabwayi », qui ne cesse de s'alourdir.
D'autres provinces présentent également des bilans alarmants. Dans la province de Burunga, l'enquête a couvert quatre communes et a révélé neuf décès, s'ajoutant à la liste des victimes. La province de Buhumuza enregistre également un bilan lourd, avec huit personnes décédées et plus de 70 autres en état alarmant. Ces statistiques soulignent l'urgence de la situation et la nécessité d'une intervention coordonnée pour endiguer la prolifération de ces boissons dangereuses.
Réactions et mesures gouvernementales face à une crise grandissante
La province de Butanyerera est identifiée comme la zone où la présence de la fabrication de boissons conditionnées dans des emballages en plastique est la plus élevée. Cette concentration de production illégale rend la tâche des autorités encore plus complexe. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement burundais a annoncé des mesures pour tenter de contrôler cette production anarchique. Le Premier ministre a ainsi déclaré la nécessité de fabriquer désormais ces boissons dans des bouteilles en verre plutôt qu'en plastique. Cette décision vise à encadrer la production et la distribution de ces substances, qui sont à l'origine de nombreuses intoxications et décès à travers le pays. L'objectif est de rendre la production plus traçable et de décourager les pratiques de fabrication artisanale dangereuses qui ont des conséquences dévastatrices sur la population.
Appel à la vigilance des citoyens et poursuite des enquêtes
Au-delà des décès recensés, 400 autres personnes se trouvent dans un état de santé jugé alarmant en raison de la consommation de ces boissons. Le président et représentant légal de l'Olucos, Raphaël Ngendakumana, a rendu publique une déclaration le mercredi 17 juin 2026, soulignant la gravité de la situation et l'étendue de la crise sanitaire.
M. Ngendakumana a précisé que les investigations sont toujours en cours et que l'Olucos s'efforce d'obtenir une image complète de l'impact de ces boissons sur l'ensemble du territoire. « Nous sommes en train de poursuivre les enquêtes pour d’autres communes », a-t-il affirmé, indiquant que le nombre de victimes pourrait encore augmenter à mesure que de nouvelles données sont collectées. Il a également mis en lumière la concentration de la production illégale, affirmant que « Butanyerera reste jusqu’ici la province où la fabrication de ces boissons en plastique est plus présente ».
Le président de l'Olucos a exprimé son incompréhension face à la persistance de cette consommation malgré les risques évidents. « Il dit ne pas comprendre comment des gens s’adonnent à la prise de telles boissons du matin au soir au vu de l’autorité qui sait qu’elles sont super alcoolisées », a-t-il déclaré, appelant à une prise de conscience collective et à une vigilance accrue de la part des citoyens pour éviter de nouvelles tragédies. La campagne de sensibilisation et les efforts de répression des autorités sont cruciaux pour protéger la population burundaise de ce fléau.