Burundais au Kenya : la peur de l'expulsion après la directive présidentielle

Vue partielle de Riruta Satellite, un quartier résidentiel de Nairobi où vivent plusieurs ressortissants burundais.
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le président kenyan William Ruto a ordonné le 2 septembre 2026 la fermeture des petites entreprises et des activités de vente ambulante exercées par des étrangers, créant l'inquiétude parmi la communauté burundaise du pays. Cette directive présidentielle vise à restreindre l'accès à certains secteurs économiques pour les non-nationaux. « À partir de la semaine prochaine, tous les commerçants qui exercent ces petits métiers devront cesser leurs activités », a déclaré le Président William Ruto, marquant un tournant pour de nombreux expatriés. Cette décision a suscité des craintes d'expulsion et de perte de revenus pour les Burundais établis au Kenya.

Directive présidentielle et impact

La directive présidentielle risque d'affecter de nombreux Burundais au Kenya qui sont intégrés dans divers secteurs de l'économie informelle et des petites entreprises. Ces ressortissants sont notamment actifs dans la construction, les salons de beauté, les petites boutiques, la restauration, la vente ambulante, la sécurité, le travail domestique et comme chauffeurs de mototaxis ou de tricycles. La mesure menace donc directement les moyens de subsistance de cette communauté, qui a établi une présence significative dans ces domaines d'activité à travers le pays. La cessation ordonnée de ces activités pour les étrangers soulève des inquiétudes quant à leur avenir économique et leur statut résidentiel.

Réactions et démarches des Burundais

Des centaines de ressortissants burundais se sont rassemblés le 7 septembre 2026 à l'ambassade du Burundi à Nairobi, cherchant à obtenir des documents de voyage. Ce rassemblement témoigne de l'inquiétude grandissante au sein de la communauté face à la directive présidentielle kenyane. Cette affluence note la précarité de la situation pour de nombreux Burundais résidant au Kenya.

Les données des Nations Unies indiquent qu'environ 16 000 réfugiés et demandeurs d'asile burundais vivent actuellement au Kenya. Cette population pourrait être directement affectée par les mesures annoncées, notamment celles concernant la fermeture des petites entreprises et des activités de vente ambulante pour les étrangers.

Période de régularisation offerte

Les autorités kenyanes ont accordé une période de 90 jours aux étrangers concernés pour régulariser leur situation. Cette mesure vise à permettre aux non-nationaux de mettre à jour leurs permis de travail, leur statut migratoire, l'enregistrement de leurs entreprises et leurs licences commerciales. L'annonce de cette période de grâce s'inscrit dans le cadre des directives présidentielles récentes, offrant un délai aux personnes affectées avant l'application stricte des nouvelles régulations. Ce laps de temps est clé pour les nombreux Burundais et autres ressortissants étrangers qui opèrent dans les secteurs informels et les petites entreprises au Kenya.

Appels à la concertation

Trois organisations burundaises de défense des droits humains ont dénoncé la mesure et appelé au dialogue. L'Observatoire national pour la lutte contre la corruption et les malversations économiques (ONLCT), l'Association de lutte contre la torture (ALUCHOTO) et la Ligue burundaise des droits de l'homme ITEKA ont collectivement exprimé leur opposition à la directive kenyane. Ces groupes ont insisté sur la nécessité d'une concertation entre les autorités des deux pays afin de trouver une solution juste et humaine pour les ressortissants burundais concernés. Leur appel vise à éviter les expulsions forcées et à garantir la protection des droits des personnes affectées par la décision présidentielle du Kenya.