Burundi : suspension massive d'agences de recrutement de travailleurs migrants

COMMUNIQUE
Photo via Lerenouveau

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de l’Intégration régionale du Burundi a suspendu 65 agences de recrutement de travailleurs migrants le 14 octobre 2026. Eduard Bizimana, ministre des Affaires étrangères, a précisé que « les agences de recrutement de la main-d’œuvre burundaise vers l’étranger dont les irrégularités sont établies dans l’exercice du recrutement, du placement ou du suivi des travailleurs migrants burundais sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, à compter de la date du présent communiqué ».

Le ministre Eduard Bizimana a ajouté qu'« aucune agence ne peut procéder au déploiement massif de travailleurs burundais » sans identification claire de l'employeur. Il a conclu que « toute opération de recrutement et de placement doit avoir pour finalité première de garantir un emploi régulier, décent, transparent et sécurisé ».

Origines de la décision ministérielle

La décision de suspendre ces agences fait suite aux recommandations formulées par le Sénat burundais lors d'une session tenue le 8 octobre 2026. Ces préconisations législatives ont conduit le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de l’Intégration régionale à durcir sa régulation du secteur.

Le ministère impose désormais une interdiction stricte aux agences concernant le placement de travailleurs au sein de structures qualifiées de « mega-companies ». Cette mesure exige, pour toute embauche, une identification précise et préalable de l'employeur final. Les agences doivent également fournir des informations détaillées sur le lieu de travail exact, les termes contractuels précis ainsi que les mécanismes de supervision en vigueur. Ces éléments sont requis pour garantir que les droits des travailleurs migrants soient respectés dès leur arrivée dans le pays d'accueil.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de l’Intégration régionale a également annoncé une modification de ses procédures administratives relatives à l'accès au marché pour les nouveaux acteurs. À partir du 12 décembre 2026, l'administration cessera d'accepter les nouvelles demandes d'accréditation pour les agences de recrutement de travailleurs migrants. Cette décision vise à suspendre l'entrée de nouveaux prestataires sur le marché tant que la restructuration du secteur et l'évaluation des pratiques actuelles ne seront pas finalisées.