Burunga : Les taxis-motos en colère contre le racket policier

Une tension accrue a marqué le parking des motos de Makamba, chef-lieu de la province de Burunga, le lundi 21 septembre, suite à un incident impliquant un policier et un chauffeur de taxi-moto. La tension est montée d'un cran ce lundi soir-là, toujours sur le parking des motos de Makamba. Un agent de police en civil a tenté d'appréhender un chauffeur de taxi-moto, ce qui a déclenché une altercation entre les deux hommes. Alors que l'incident se déroulait, un autre motard arrivant du rond-point a chuté et s'est blessé au visage. Des témoins, présents sur les lieux, ont affirmé que l'officier en civil aurait tenté de quitter les lieux après la chute du second motard. Les personnes présentes lui ont alors demandé de rester afin que la personne blessée puisse être prise en charge et que la situation puisse être éclaircie. Face à l'escalade de la situation, le chef de la zone de Makamba et d'autres agents de sécurité sont intervenus sur place pour tenter de calmer les esprits et de gérer l'incident. Deux motos ont été conduites au poste de police local pour des vérifications. Le motard blessé, quant à lui, a été transporté à l'hôpital pour recevoir des soins d'urgence, nécessitant une intervention médicale suite à sa chute.

Accusations d'extorsion et de harcèlement

Les motards affirment être contraints de verser des sommes allant de 20 000 à 100 000 francs burundais pour éviter la saisie de leurs engins. Ces paiements, selon leurs dires, sont souvent exigés sur-le-champ, sans procédure formelle. Certains conducteurs déclarent effectuer ces paiements par crainte de voir leurs motos confisquées par les forces de l'ordre, ce qui représente pour eux une perte financière considérable et un obstacle à leur activité professionnelle. Souvent, ces demandes d'argent ne sont pas accompagnées d'une explication claire de l'infraction présumée, laissant les motards dans l'incertitude quant à la légalité de ces requêtes, selon leurs dires. Cette situation crée un sentiment d'arbitraire et d'injustice parmi les professionnels du transport à moto.

Les chauffeurs de taxi-moto souhaitent que les infractions soient sanctionnées par des procédures officielles plutôt que par des paiements immédiats sur place, qui s'apparentent, selon eux, à de l'extorsion. Ils exigent également que les policiers en civil soient clairement identifiables lorsqu'ils mènent des opérations de contrôle, afin d'éviter toute confusion et d'assurer la légitimité de leurs actions. Les conducteurs de taxi-moto réclament par ailleurs une plus grande transparence dans la manière dont ces contrôles sont effectués. Ils demandent que les infractions soient officiellement enregistrées et que les sanctions soient appliquées conformément aux procédures établies par la loi, garantissant ainsi un traitement juste et équitable pour tous. Cette demande vise à mettre fin aux pratiques opaques et à instaurer une relation de confiance avec les forces de l'ordre.

Contexte des tensions passées

Des tensions similaires avaient déjà été signalées en juillet dans la province de Burunga, témoignant d'un problème récurrent entre les forces de l'ordre et les motards. Le gouverneur de Burunga, Parfait Mboninyibuka, avait ainsi organisé une réunion de sécurité le 13 juillet afin d'aborder ces préoccupations croissantes et de trouver des solutions. Lors de cette réunion clé, l'administratrice de la commune de Matana, Gloriose Niyubahwe, avait soulevé la question des contrôles et des sanctions concernant les taxis-motos, soulignant l'urgence de la situation.

Gloriose Niyubahwe avait critiqué le fait que la police se contenterait d'infliger des amendes sans prendre suffisamment en compte les conséquences des accidents impliquant des véhicules sans documents, suggérant une approche superficielle du problème. Elle avait également affirmé que certaines motos appartenant à des autorités pouvaient être libérées après une intervention auprès des responsables de la police, créant ainsi un système à deux vitesses. Selon ses déclarations, des motos arrêtées pour absence de plaques d'immatriculation ou de documents pouvaient être remises en circulation sans avoir été régularisées, ce qui minait l'autorité de la loi. Elle avait alors demandé que les mêmes règles soient appliquées à tous, sans distinction de statut social ou d'influence.

De nombreuses altercations entre policiers et motards avaient été signalées en juillet, illustrant la détérioration des relations entre les deux parties. Des policiers et des conducteurs de motos avaient été blessés lors de certains affrontements, soulignant la violence de ces confrontations. Des motards avaient également été blessés par balles au cours de ces incidents, ce qui témoigne de la gravité et du danger de la situation pour les civils. Ces événements passés mettent en lumière la persistance des problèmes et la nécessité d'une résolution durable.

Revendications pour une application juste

Les conducteurs de taxi-moto de Burunga exigent une application équitable et uniforme de la réglementation routière, sans distinction de l'identité du propriétaire de la moto. Ils s'opposent catégoriquement à ce que les procédures et les sanctions varient en fonction de la personne à qui appartient le véhicule, dénonçant un système de favoritisme. Cette revendication fait écho aux préoccupations exprimées précédemment par l'administratrice de la commune de Matana, Gloriose Niyubahwe, qui avait déjà critiqué les disparités de traitement lors des contrôles policiers. Elle avait notamment dénoncé le fait que des motos appartenant à des autorités puissent être libérées après intervention, même en cas d'infraction, tandis que d'autres conducteurs étaient soumis à des exigences plus strictes et des sanctions immédiates.

Les chauffeurs de taxi-moto insistent sur la nécessité d'une justice égale pour tous, afin que les mêmes règles soient appliquées sans favoritisme ni passe-droit. Ils souhaitent que les infractions soient traitées selon des procédures claires et transparentes, et que les sanctions soient imposées de manière cohérente, indépendamment du statut social ou des relations du propriétaire du véhicule. Cette demande vise à mettre fin aux pratiques perçues comme arbitraires et à garantir que tous les conducteurs de taxi-moto soient traités de manière impartiale par les forces de l'ordre. Leur objectif est d'assurer une application rigoureuse de la loi pour tous les usagers de la route, renforçant ainsi la confiance dans les institutions et promouvant une coexistence pacifique et ordonnée.