Au camp de Mahama, au Rwanda, les réfugiés ont exprimé le 31 juillet 2026 leur mécontentement face à une modification de la gestion de leur aide monétaire. Les organisations humanitaires ne couvrent plus les frais de transaction pour les transferts d'argent, ce qui signifie que ces frais sont désormais directement déduits des sommes versées aux bénéficiaires. Cette mesure impacte directement le montant net perçu par les réfugiés, suscitant une vive inquiétude parmi les bénéficiaires.
La nouvelle mesure en détail
Depuis le mois dernier, les frais de transaction sont directement déduits de l'aide monétaire que reçoivent les réfugiés. Cette modification a été mise en place sans consultation préalable des bénéficiaires, entraînant une confusion et une frustration considérables. Auparavant, ces frais étaient pris en charge par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ou son partenaire, le Programme alimentaire mondial (PAM), et ce, depuis l'introduction de l'aide alimentaire complémentaire en espèces. Cette couverture des frais par les organisations humanitaires assurait que les réfugiés recevaient l'intégralité du montant alloué. Des agents d'Equity Bank, la banque responsable des transferts mobiles, ont expliqué que le PAM et le HCR couvraient ces frais auparavant, mais qu'ils sont désormais obligatoirement retirés directement de la somme reçue. Equity Bank, l'institution responsable des transferts mobiles, a confirmé cette nouvelle procédure, précisant qu'elle s'appliquait désormais à tous les transferts d'aide monétaire. Les réfugiés classés comme moins vulnérables reçoivent la moitié de ce montant, une distinction qui complexifie encore davantage la perception de l'aide.
Contexte et justification des changements
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a confirmé une modification du mécanisme de distribution, attribuant cette décision au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en raison de contraintes financières. Cette décision s'inscrit dans un contexte de ressources limitées pour les opérations humanitaires. Un responsable du PAM a expliqué que le HCR souhaitait éviter une réduction directe de la ration alimentaire, car une telle mesure « aurait affecté tous les membres d’un ménage ». Cette approche visait à minimiser l'impact sur la sécurité alimentaire globale des ménages. Le responsable a ajouté que « pour le moment, il s’agit uniquement des frais de transfert, donc l’impact est considéré comme moins important ». Le PAM considère que l'impact de cette nouvelle approche est moins significatif puisqu'elle ne concerne que les frais de transfert et non la totalité de la ration alimentaire attribuée aux ménages de réfugiés. Cependant, pour les réfugiés, même une petite déduction peut avoir des conséquences importantes sur leur capacité à subvenir à leurs besoins essentiels.
Réactions des réfugiés et des agents
Les réfugiés du camp de Mahama, majoritairement burundais et congolais, dénoncent une nouvelle mesure qui, selon eux, réduit le montant réel de l'aide monétaire mensuelle. Ils affirment que cette déduction inattendue diminue leur pouvoir d'achat déjà limité. Le Rwanda accueille actuellement plus de 138 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo et du Burundi, dont beaucoup dépendent entièrement de cette aide pour leur survie. Ces frais de transaction, désormais à la charge des bénéficiaires, varient généralement entre 500 et 1 000 francs rwandais, en fonction de la taille du ménage et du montant transféré. Pour les réfugiés vulnérables, qui reçoivent environ 6 800 francs rwandais par mois et par personne, cette somme représente une part non négligeable de leur allocation. En revanche, les réfugiés jugés comme ayant des sources de revenus ne perçoivent aucune aide financière, ce qui accentue la pression sur ceux qui dépendent de l'aide humanitaire. Les réfugiés espèrent que les organisations humanitaires réévalueront cette décision et trouveront une solution pour couvrir ces frais, afin de garantir que l'intégralité de l'aide parvienne aux bénéficiaires.