Une campagne de creusement de fosses à compost a été lancée à Gitega le 13 mai 2026 par le ministère en charge de l'Agriculture, visant à promouvoir des pratiques agricoles durables dans la province. Cette initiative, annoncée officiellement par le ministère en charge de l'Agriculture à cette date, s'inscrit dans un effort plus large pour améliorer la fertilité des sols et la production agricole locale. La mise en œuvre de cette campagne a débuté peu après la publication du communiqué ministériel du 13 mai 2026 dans la province de Gitega. Cependant, l'adoption de cette pratique rencontre encore des freins significatifs au sein de la population. Actuellement, 20% des ménages restent réticents ou lents à s'engager dans cette campagne de creusement de fosses à compost, signalant un défi persistant en matière de mobilisation et de sensibilisation des communautés locales. Ce taux de non-participation met en lumière la nécessité d'intensifier les efforts de communication et de démonstration des bénéfices du compostage.
Les techniques de compostage expliquées
Pour garantir l'efficacité et la durabilité du processus de compostage, des règles strictes concernant l'emplacement et la construction des fosses doivent être respectées. Les fosses à compost ne doivent pas être creusées dans les zones basses où la nappe phréatique pourrait remonter, car une humidité excessive et une contamination par l'eau souterraine compromettraient la décomposition. Une fosse de compostage appropriée doit mesurer quatre mètres de long et trois mètres de large, avec une profondeur variant entre 60 et 80 centimètres. Ces dimensions sont considérées comme optimales pour un processus de décomposition efficace et une production suffisante d'engrais organique.
Le processus de remplissage de la fosse est méthodique et suit une séquence de couches spécifiques, chacune ayant un rôle précis. La première couche est composée d'herbes sèches, de résidus de haricots, de feuilles de bananier et de résidus de sorgho ou de maïs, d'une épaisseur de 8 à 10 centimètres. Cette base assure une bonne aération et un apport initial de matière organique carbonée. La deuxième couche est constituée de petits morceaux de troncs de bananiers, avec une épaisseur de 10 à 20 centimètres, contribuant à la structure et à la lente décomposition de la matière ligneuse.
Une troisième couche est formée de diverses herbes fraîches, destinées à apporter de nombreux nutriments essentiels, notamment l'azote, qui est clé pour l'activité microbienne. La quatrième couche est composée de fumier de ferme ou de bouse, dont le rôle est de favoriser la prolifération des micro-organismes nécessaires à la décomposition. Ces micro-organismes sont les principaux acteurs de la transformation de la matière organique en humus. Une fine couche de cendre, d'environ un à deux centimètres, est ensuite ajoutée pour faciliter le processus de décomposition en apportant des minéraux et en ajustant le pH. Après l'ajout de cendre, les fosses à compost sont arrosées avec de l'urine de lapin ou de vache, ou de l'eau mélangée à de l'urée. Cette étape apporte un supplément d'azote liquide, accélérant l'activité bactérienne et la décomposition.
La plante Tithonia diversifolia est incorporée en grandes quantités après le premier arrosage, en raison de sa teneur élevée en azote et en urée, enrichissant davantage le compost. De l'eau claire est ensuite ajoutée afin qu'elle pénètre jusqu'au fond de la fosse à compost, évitant ainsi le compactage du matériel et assurant une humidité homogène.
Lorsque la fosse n'est pas entièrement remplie, le réapprovisionnement se fait en respectant l'ordre des couches, l'objectif étant que le matériel dépasse de 50 centimètres la surface du sol. Ce monticule indique une quantité suffisante de matière organique pour le processus. La décomposition est considérée comme avancée lorsque cette masse de 50 centimètres de matériel redescend au niveau de la surface du sol, signe que la majeure partie du processus de transformation est achevée et que le volume a considérablement diminué.
Aménagement et entretien des fosses
Dans le cadre de cette campagne, la population est actuellement sensibilisée à l'obligation pour chaque ménage de creuser trois fosses à compost. Cette mesure vise à garantir une production suffisante d'engrais organique pour couvrir les besoins des cultures. Afin de maintenir l'humidité nécessaire à la décomposition, la fosse à compost doit être recouverte d'herbes sèches, ce qui aide également à réguler la température. Un arrosage est requis une à deux fois par semaine, en veillant à ne pas provoquer l'asphyxie du processus par un excès d'eau, ce qui pourrait entraîner une décomposition anaérobie et des odeurs désagréables.
Pour faciliter les travaux d'entretien et préserver l'humidité tout en évitant l'accumulation d'eau de pluie, une ombrière d'une hauteur de deux mètres est construite au-dessus de la fosse. Cette structure protège le compost des intempéries et du soleil direct, qui pourrait assécher rapidement le matériel. Il est impératif de ne pas utiliser d'arbres tels que l'eucalyptus ou le cèdre pour cette ombrière, car ils inhibent la croissance des micro-organismes essentiels au compostage en libérant des substances allélopathiques. Pour renforcer la structure de l'ombrière et offrir un support naturel, quatre plants de grenadille sont plantés à ses coins, leur croissance grimpante contribuant à la stabilité et à l'ombrage.
Certains matériaux sont strictement proscrits des fosses à compost car ils peuvent nuire au processus ou contaminer le produit final. Il ne faut pas y introduire de sacs ou d'autres matières plastiques, qui ne se décomposent pas et polluent l'environnement. De même, les produits contenant du savon, de la viande ou de l'huile de palme doivent être évités. Le savon et l'huile peuvent perturber l'équilibre microbien, tandis que la viande peut attirer les nuisibles et dégager des odeurs fortes. Si l'espace disponible est limité, un ménage peut ajuster les dimensions de la fosse à compost, la réduisant à 2,5 mètres de long et 2 mètres de large, tout en respectant les principes de base du compostage.
Les défis de la mise en œuvre
Le taux de réalisation du creusement des fosses à compost au sein des ménages dans la province de Gitega avoisine les 80%. Ce chiffre, bien qu'encourageant, révèle que 20% des ménages sont encore réticents ou lents à s'engager, ce qui note les défis persistants en matière de mobilisation et de sensibilisation. Toutefois, la mise en œuvre de la campagne se heurte à un manque de personnel technique qualifié sur le terrain, ce qui entrave l'accompagnement des agriculteurs. Le nombre de moniteurs et d'agronomes s'avère insuffisant pour assurer un suivi adéquat et une assistance technique régulière à tous les ménages. Généralement, un seul technicien est affecté par zone, cumulant les responsabilités en matière d'environnement, d'agriculture et d'élevage, ce qui limite considérablement la capacité de suivi et d'accompagnement des ménages dans l'adoption et la bonne exécution des techniques de compostage. Ce manque de personnel qualifié est une contrainte majeure pour l'efficacité de la campagne.
Pour pallier ce déficit de personnel et renforcer l'encadrement sur le terrain, une stratégie est actuellement mise en place par les autorités compétentes. Cette approche prévoit la formation d'un moniteur agricole et d'un agent de santé animale sur chaque colline de la province. L'objectif est d'assurer une présence technique plus dense et d'améliorer le soutien apporté aux agriculteurs dans l'adoption et l'entretien des pratiques de compostage, garantissant ainsi une meilleure diffusion des connaissances et une application correcte des techniques. Cette initiative vise à créer un réseau de proximité capable de répondre aux questions des agriculteurs et de résoudre les problèmes rencontrés sur le terrain.
Perspectives et bénéfices attendus
L'activité de creusement des fosses à compost dans la province de Gitega a débuté peu après le communiqué ministériel du 13 mai 2026, marquant le début concret de cette initiative agricole majeure. La campagne vise à accroître la quantité d'engrais organique disponible pour une fertilisation mixte, combinant engrais organique, dolomie et engrais chimiques. Cette approche intégrée est essentielle pour restaurer et maintenir la fertilité des sols à long terme. L'engrais organique est perçu comme une « aspirine pour le sol », soulignant son rôle fondamental dans la santé et la vitalité des terres agricoles. Il peut être utilisé seul au moment des semis, offrant une source de nutriments progressive et améliorant la structure du sol. L'urée, quant à elle, peut être employée pour faciliter le désherbage et augmenter les rendements agricoles, agissant comme un complément rapide en azote.
L'objectif général de cette campagne est d'améliorer la productivité agricole de la province de Gitega en promouvant des méthodes durables et respectueuses de l'environnement. En augmentant la disponibilité et l'utilisation de l'engrais organique, les agriculteurs pourront réduire leur dépendance aux intrants chimiques coûteux, tout en améliorant la résilience de leurs sols face aux défis climatiques. Les bénéfices attendus incluent une meilleure qualité des récoltes, une augmentation des rendements et une préservation accrue de la biodiversité des sols. À terme, cette initiative contribuera à la sécurité alimentaire et au développement économique des communautés rurales de Gitega, en transformant les déchets organiques en une ressource précieuse pour l'agriculture.