L'ETS Kamenge accueille plus de 2 400 élèves, ce qui en fait l'établissement scolaire comptant le plus grand nombre d'internes au Burundi. Le gouvernement alloue un budget de 3 000 francs burundais par élève et par jour pour la restauration.
Un élève de l'ETS Kamenge témoigne des difficultés rencontrées : « Ku meza [imwe] turi benshi, abanyeshure 12. Hari igihe usanga baduhaye indya zidakwiye bigatuma umunyeshure atiga neza kubera aba agifise inzara. »
Julien Burikukiye, directeur de l'ETS Kamenge, reconnaît la complexité de la situation : « Tugiye kuraba ingene ibiciro bigenda biduga, ntivyoroshe ariko turagerageza mu buryo bwose bushoboka no mu buryo reta iduha, abana bagashobora gufungura gatatu ku munsi. »
Une gestion budgétaire sous tension
L'ETS Kamenge consomme 670 kilogrammes de farine de manioc chaque jour pour le déjeuner des élèves. Le coût d'un kilogramme de cette farine peut atteindre 4 000 francs burundais sur le marché. Parallèlement, le prix d'un kilogramme de riz de haute qualité s'établit à 10 000 francs burundais ou plus. Cette situation alimentaire particulière contraste avec la situation nationale des effectifs scolaires. Les données du ministère de l'Éducation indiquent que moins de 20 pour cent des élèves du secondaire au Burundi sont des internes, plaçant l'ETS Kamenge dans une position singulière au sein du système éducatif. La gestion de ces approvisionnements quotidiens demeure une contrainte logistique majeure pour l'établissement face à la hausse des prix des denrées alimentaires de base.
Conditions de vie et alimentation
Des élèves de l'ETS Kamenge signalent la présence récurrente de cailloux dans les repas servis au sein de l'établissement. Ces incidents suscitent des inquiétudes directes quant aux risques sanitaires encourus par la population scolaire lors de la consommation quotidienne des rations. En complément de ces problèmes de qualité, le menu des pensionnaires demeure extrêmement limité en protéines animales. La viande n'est distribuée aux élèves qu'une seule fois par an, précisément à l'occasion de la célébration de la fête du Travail, le 1er mai. Cette fréquence unique de service illustre la précarité alimentaire persistante au sein de cette structure accueillant le plus grand nombre d'internes du Burundi.
Témoignages et perspectives d'avenir
Le gouvernement burundais prévoit d'augmenter le nombre d'élèves internes à compter de 2026. Cette orientation stratégique vise à élargir les capacités d'accueil des structures d'hébergement scolaire à travers le pays. L'ETS Kamenge, qui gère déjà l'effectif le plus important au Burundi, pourrait être directement impactée par cette directive nationale. La mise en œuvre de ce projet soulève des interrogations sur la capacité des établissements à maintenir la qualité de la prise en charge alimentaire actuelle. Les autorités nationales devront adapter le financement quotidien alloué aux pensionnaires pour accompagner cette hausse programmée des effectifs. La gestion des ressources devra répondre aux contraintes logistiques liées à l'approvisionnement des cantines scolaires face à l'accroissement de la population interne dans les écoles secondaires.