Crise de l'eau à Bujumbura : les défis d'une pénurie persistante

Les bidons font la queue, les puiseurs s’impatientent dans les parages
Photo via Iwacu-burundi

Des habitants de la zone Kanyosha, à Bujumbura, font face à des coupures d'eau potable récurrentes, restant régulièrement deux à trois jours, voire davantage, sans accès au réseau. Cette pénurie persistante affecte le quotidien des résidents dans ce secteur de la capitale. Un jeune homme habitant la zone Kanyosha explique les difficultés logistiques rencontrées par la population locale : « Malheureusement, nous nous heurtons aussi au problème de manque de courant électrique. Il est très rare d’en avoir pendant une heure de suite dans le quartier, voire dans toute la zone ». La situation prive les foyers de moyens de pompage ou de stockage fiables, aggravant la précarité de l'approvisionnement en eau dans ce quartier de Bujumbura en ce 19 octobre 2026.

Le quotidien difficile des habitants

Le prix de l'eau potable pèse lourdement sur les budgets des ménages dans la zone Kanyosha. Un bidon de 20 litres provenant des sources de montagne se négocie entre 3 500 et 4 000 BIF. Cette tarification contraint les résidents à des arbitrages financiers complexes pour subvenir à leurs besoins élémentaires.

La situation diffère dans le quartier Kajiji, où les habitants s'approvisionnent auprès de forages privés. Le coût d'un bidon de 20 litres s'établit à 300 BIF, une somme qui grimpe à 500 BIF lorsque le propriétaire du forage doit recourir à un générateur pour alimenter ses pompes. Une habitante de Kajiji décrit la réalité des files d'attente quotidiennes : « Nous déposons ces bidons sur la queue et attendons. Personne ne peut savoir quand l’eau viendra ». La rareté de la ressource impose une incertitude constante aux usagers, qui doivent surveiller le débit des points de distribution.

N.M, propriétaire d'un forage privé, explique les investissements requis pour extraire cette eau : « Il a fallu plusieurs dizaines de millions de francs burundais pour pouvoir capter l’eau. La nappe se trouve à plus de cinquante mètres dans le sous-sol. C’est un projet cher non seulement en termes financiers mais aussi de temps ». Ce témoignage illustre les obstacles techniques et économiques auxquels font face les opérateurs locaux pour pallier les défaillances du réseau public.

Jean-Albert Manigomba, Directeur général de la Regideso, a reconnu les difficultés d'approvisionnement en eau lors d'une conférence de presse tenue le 19 août 2026. Face à ce constat, la Regideso déploie le projet PAEPA. Cet ensemble de mesures vise à accroître la quantité d'eau produite à partir du Lake Tanganyika. L'objectif affiché par la société nationale est une augmentation de la production de 30 % grâce à ces nouvelles installations techniques.