Deux incidents violents distincts ont été signalés en l'espace de deux jours dans la province de Gitega, au Burundi, suscitant une vive émotion et des interrogations sur la sécurité locale. Le premier cas concerne la découverte macabre du corps d'un homme de 60 ans dans la rivière Kanyangwa, à Gishubi. Des témoignages concordants, recueillis par les autorités locales et les médias, suggèrent que la victime a été poignardée à plusieurs reprises avant que son corps ne soit jeté dans la rivière, dans une tentative apparente de dissimuler le crime.
Un second événement tragique s'est produit à Murangara, dans la même commune de Gishubi, ajoutant à l'onde de choc. Claude Nahimana, la victime de ce second incident, aurait été violemment battu et laissé pour mort avant d'être abandonné dans un état critique. Les circonstances exactes ayant mené à ces agressions brutales sont actuellement sous investigation approfondie de la part des forces de l'ordre et des procureurs locaux.
Premier meurtre : un homme poignardé et jeté dans la rivière Kanyangwa
La découverte du corps de Marc Nzikobanyanka, un homme de 60 ans, a marqué le début de cette série d'événements tragiques. Son corps a été retrouvé sans vie dans les eaux de la rivière Kanyangwa, un cours d'eau qui sépare les collines de Gishubi et Murangara au sein de la commune de Gishubi. Les circonstances précises entourant son décès et le mobile exact de ce crime demeurent actuellement inconnus, selon les informations préliminaires divulguées par les autorités. Les enquêteurs s'efforcent de reconstituer les dernières heures de la victime pour comprendre ce qui a pu se passer.
Marc Nzikobanyanka, âgé de 60 ans, avait effectué, peu de temps avant sa mort, un retrait significatif de trois millions de francs burundais. Cette somme d'argent provenait spécifiquement de la vente de sa récolte de café à une station de lavage appartenant à l'Office de développement du café du Burundi (ODECA). La coïncidence entre ce retrait d'argent et son décès brutal interroge les enquêteurs, qui n'excluent aucune piste à ce stade. Des témoignages supplémentaires ont renforcé l'hypothèse selon laquelle l'homme aurait été poignardé avant que son corps ne soit abandonné dans la rivière, ce qui suggère une intention délibérée de cacher les preuves de l'agression.
Second drame : Claude Nahimana battu et abandonné dans un bois
Un deuxième incident alarmant a été signalé le jeudi matin, dans la commune de Gitega, ajoutant à l'inquiétude générale. Claude Nahimana, âgé de 38 ans, a été retrouvé dans un état comateux, une scène qui a choqué les habitants de la région. La victime gisait, enveloppée dans des sacs, et avait été abandonnée sans pitié dans un bois d'eucalyptus situé sur la colline de Mubuga. L'état de santé de Claude Nahimana était jugé particulièrement préoccupant au moment de sa découverte, nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Les premières constatations indiquent que Claude Nahimana avait été violemment battu avant d'être laissé pour mort dans ce lieu isolé. Bien que les motifs de cette agression barbare ne soient pas encore officiellement établis, un différend foncier est envisagé par les enquêteurs comme un mobile potentiel pour cette seconde agression. Les autorités ont lancé un appel à témoins pour recueillir toute information susceptible d'éclaircir les circonstances de cette tentative de meurtre.
Contexte de violence accrue dans la province de Gitega
Ces deux meurtres s'inscrivent dans un contexte préoccupant de violence accrue dans la province de Gitega. Selon le décompte rigoureux d'une publication locale, plus de 90 personnes ont été tuées ou retrouvées mortes dans la province de Gitega depuis janvier 2026. Ce chiffre alarmant met en lumière une détérioration significative de la situation sécuritaire dans la région.
Les organisations de défense des droits humains burundaises et internationales ont d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises, alertant sur la multiplication des violences, des meurtres et des découvertes de corps à travers le pays. Elles appellent les autorités à renforcer les mesures de sécurité et à garantir que justice soit faite pour les victimes de ces crimes. La population locale exprime également son inquiétude face à cette recrudescence de la violence, réclamant des actions concrètes pour restaurer la paix et la sécurité dans leurs communautés.
Réactions et enquêtes en cours : des arrestations effectuées
Face à la gravité de ces événements, les forces de l'ordre ont agi rapidement. Deux individus, Jean Bosco Ndayishimiye et Levis Nimbona, ont été arrêtés en lien avec le premier cas de meurtre, celui de Marc Nzikobanyanka. Leur interpellation fait suite à la découverte du corps de la victime dans la rivière Kanyangwa et aux éléments recueillis lors des premières investigations.
Concernant le second incident, qui a vu Claude Nahimana être violemment battu et abandonné, Clovis Ntahimpera et Joël Nizigiyimana ont également été appréhendés. Ces arrestations interviennent après la découverte de Claude Nahimana dans un état critique. La possibilité d'un vol lié à l'argent retiré par Marc Nzikobanyanka, ces trois millions de francs burundais, a été examinée par les enquêteurs, mais n'a pas encore été formellement confirmée par les autorités comme étant le mobile principal du crime. Les enquêtes se poursuivent activement pour élucider les circonstances exactes de ces deux drames, identifier tous les responsables et déterminer les motivations profondes derrière ces actes de violence. Les autorités ont promis de faire toute la lumière sur ces affaires et d'assurer que les coupables soient traduits en justice.