Deux hommes, Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga, originaires de la province de Butanyerera, sont portés disparus depuis le 12 août 2026 au Burundi. Des soupçons pèsent sur des membres présumés du Service national de renseignement (SNR), qui auraient intercepté les deux individus alors qu'ils portaient des uniformes de police. Jean Bosco Nshimirimana est spécifiquement de la zone de Ntega, située dans la commune de Kirundo, au sein de la province de Butanyerera. Hermès Rukerandanga, quant à lui, est originaire de la zone de Bugabira, également dans la commune de Kirundo et la province de Butanyerera. Les circonstances de leur disparition restent incertaines, mais l'implication présumée d'agents du SNR soulève des inquiétudes croissantes parmi leurs proches et les observateurs des droits humains. La destination finale des deux hommes était Bujumbura, la capitale économique du pays, où ils se rendaient après s'être rencontrés à la frontière.
Récit de l'interception présumée
Jean Bosco Nshimirimana rentrait du Rwanda au moment de sa disparition, selon des informations recueillies auprès de sa famille. Son compagnon d'infortune, Hermès Rukerandanga, s'était quant à lui rendu à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, dans le but de récupérer son véhicule. Les deux hommes auraient été interceptés par des individus identifiés comme des agents du Service national de renseignement (SNR) alors qu'ils se trouvaient à la frontière entre le Burundi et la Tanzanie. Cette interception aurait eu lieu près de « kwa Muswahili », un lieu situé à proximité de « Kwa Ntare » (la Maison Ntare Rushatsi), des repères géographiques qui pourraient aider à localiser précisément l'événement.
Le point de passage frontalier de Kobero relie spécifiquement le Burundi à la Tanzanie, un axe de transit important dans la région. Cette route est devenue d'autant plus clé que la frontière terrestre entre le Burundi et le Rwanda a été fermée par les autorités burundaises en janvier 2024. Cette fermeture a contraint de nombreux voyageurs et commerçants à emprunter des itinéraires alternatifs, souvent plus longs et plus coûteux, via la Tanzanie. C'est à ce point de passage de Kobero que les deux hommes se seraient rencontrés avant de prendre la route ensemble. Ils auraient décidé de voyager ensemble vers Bujumbura, la capitale économique du pays, après s'être rencontrés à la frontière. Ils se seraient déplacés à bord du véhicule de Jean Bosco Nshimirimana, selon les informations disponibles.
La profession de Jean Bosco Nshimirimana a été décrite par ses proches comme celle de changeur de devises. Cette activité l'amenait fréquemment à effectuer des déplacements transfrontaliers, notamment vers le Rwanda, un pays frontalier avec lequel le Burundi entretient des relations complexes. Son métier pourrait expliquer la raison de ses allers-retours entre les deux nations, bien que la frontière officielle soit fermée, suggérant des passages par des voies non officielles ou des arrangements spécifiques. Les circonstances exactes de l'interception et les motifs derrière la disparition des deux hommes restent flous, mais l'implication présumée du SNR est au cœur des préoccupations de leurs familles. L'absence de communication officielle et la nature des allégations pèsent lourdement sur la situation.
L'argent, mobile potentiel
La famille de Jean Bosco Nshimirimana a déclaré qu'il transportait plus de 50 000 dollars américains au moment de sa disparition. Cette somme importante est considérée comme un élément clé dans l'enquête sur les motifs de l'interception et de la disparition des deux hommes. Le fait que Jean Bosco Nshimirimana soit décrit par ses proches comme un changeur de devises renforce l'hypothèse d'une transaction financière en cours lors de son trajet. La présence d'une telle somme d'argent liquide sur une route transfrontalière, surtout dans un contexte de fermeture de frontières officielles, pourrait avoir attiré l'attention d'individus mal intentionnés ou de services de sécurité.
Des informations concernant cette forte somme d'argent auraient circulé depuis Kobero, le point de passage frontalier où les deux individus auraient été interceptés. La diffusion de cette information pourrait avoir attiré l'attention sur Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga, et potentiellement motivé leur interpellation présumée par des agents du Service national de renseignement (SNR). La connaissance de la présence d'une telle somme à la frontière soulève des questions sur la sécurité des transactions transfrontalières et sur les éventuels mobiles derrière leur disparition. La famille des disparus espère que la lumière sera faite sur ces allégations de vol et d'enlèvement, et que les responsables seront identifiés.
Recherches et silence officiel
L'information concernant l'interception des deux hommes par des agents du Service national de renseignement (SNR) n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante à ce stade. Aucune source officielle n'a fait de commentaire public sur la disparition de Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga depuis le 12 août 2026. Cette absence de communication officielle accentue les interrogations autour des circonstances de leur disparition et alimente les craintes de leurs familles. Le silence des autorités, notamment du ministère de l'Intérieur et des services de sécurité, est perçu comme préoccupant par les proches des disparus.
Les familles des disparus ont entrepris des recherches actives dans plusieurs centres de détention de Bujumbura. Elles ont notamment visité des lieux connus pour être attribués aux services de renseignement burundais, dans l'espoir de retrouver Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga. Malgré ces démarches, toutes leurs tentatives sont restées infructueuses jusqu'à présent, ne permettant pas de localiser les deux hommes ni d'obtenir des informations concrètes sur leur sort. Les familles ont exprimé leur désarroi face à l'absence de toute piste et leur impuissance face à la bureaucratie et au manque de transparence. Le silence des autorités et l'échec des recherches familiales maintiennent un climat d'incertitude et d'inquiétude, poussant les proches à lancer des appels à l'aide et à la mobilisation.
Contexte des droits humains
Les organisations de défense des droits humains continuent de documenter des enlèvements, des disparitions, des arrestations arbitraires et des cas de torture au Burundi. Des rapports font état d'arrestations et de détentions de citoyens burundais soupçonnés de liens avec le Rwanda. Les évêques catholiques du Burundi ont exprimé leurs préoccupations concernant la situation socio-économique et institutionnelle du pays, dénonçant également des détentions abusives et des violations des droits fondamentaux. Ces préoccupations s'inscrivent dans un contexte plus large de tensions politiques et sociales, où la liberté d'expression et la sécurité des individus sont souvent remises en question.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Burundi, Fortuné Gaëtan Zongo, suit de près les violations des droits humains dans le pays. Ses rapports et déclarations soulignent régulièrement la persistance de ces problèmes. Ces rapports mentionnent spécifiquement des arrestations arbitraires, des détentions prolongées, des tortures et des disparitions forcées impliquant des agents de sécurité et des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir. La situation des droits humains au Burundi reste une source de préoccupation majeure pour la communauté internationale, et la disparition de Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga s'ajoute à une longue liste d'incidents non élucidés, renforçant le sentiment d'impunité.
Appels des familles
Les familles de Jean Bosco Nshimirimana et Hermès Rukerandanga lancent un appel désespéré aux autorités burundaises pour obtenir des informations sur le sort de leurs proches. Elles demandent une enquête approfondie et transparente sur les circonstances de leur disparition et sur les allégations d'implication du Service national de renseignement. L'angoisse des familles est palpable, d'autant plus que les jours passent sans aucune nouvelle. Elles réclament également l'intervention d'organisations internationales des droits humains et d'ambassades pour faire pression sur le gouvernement burundais afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. La communauté locale, touchée par cette disparition, espère également une résolution rapide et la vérité sur ce qui est arrivé aux deux hommes.