Le Président de la République a promulgué fin juin 2025 un budget ambitieux pour le Burundi s'élevant à 5012 milliards de BIF. Ce cadre financier, élaboré pour l'exercice 2025-2026, détaillait des prévisions de recettes structurées autour de plusieurs piliers essentiels. Les recettes fiscales devaient atteindre 2513 milliards de BIF, constituant la principale source de revenus envisagée par l'État. Parallèlement, les recettes non fiscales étaient estimées à environ 941 milliards de BIF, contribuant également de manière significative au financement des dépenses publiques. Les dons étaient prévus pour dépasser 1326 milliards de BIF, reflétant l'importance de l'aide internationale dans le financement du budget national. Enfin, des recettes exceptionnelles étaient attendues à 232 milliards de BIF, complétant ainsi l'ensemble des ressources prévisionnelles.
Déficit du Budget 2025-2026
Onze mois après la promulgation du budget 2025-2026, un déficit d'environ 1448 milliards de BIF a été constaté. Ce montant représente un écart considérable, équivalant à 29% de l'exécution budgétaire initialement prévue. Cette situation découle directement de la performance inégale des différentes catégories de recettes, qui n'ont pas toutes atteint les objectifs fixés.
Au cours des onze premiers mois de l'exercice 2025-2026, l'Office burundais des recettes (OBR) a collecté un total de 2348 milliards de BIF. Ce montant correspond à 93% des projections initiales en matière de recettes fiscales, qui étaient établies à 2513 milliards de BIF. Cette performance, bien que légèrement en deçà, démontre une réalisation proche des attentes dans ce domaine clé pour les finances publiques.
Les recettes non fiscales, quant à elles, ont affiché un taux de réalisation plus faible, contribuant de manière significative au déficit global. Durant la même période, 588 milliards de BIF ont été effectivement encaissés. Ce chiffre représente seulement 62% du montant initialement prévu, qui était d'environ 941 milliards de BIF, soulignant une lacune importante dans la mobilisation de ces ressources.
Les décaissements réels des dons ont également été nettement inférieurs aux prévisions. Sur les onze premiers mois de l'exercice, 489 milliards de BIF ont été reçus sous forme de dons. Ce montant représente un taux de réalisation de seulement 37% par rapport aux 1326 milliards de BIF qui devaient être perçus. Cette divergence entre les attentes et les montants effectivement perçus a contribué de manière significative au déficit observé, mettant en lumière une dépendance potentiellement risquée vis-à-vis de l'aide extérieure.
Les recettes exceptionnelles, enfin, ont été remboursées à hauteur de 139 milliards de BIF durant les onze premiers mois de 2025-2026. Ce montant représente 60% des prévisions pour cette catégorie, qui s'élevaient à 232 milliards de BIF. Ces chiffres combinés dressent un tableau des défis rencontrés dans la mise en œuvre du budget 2025-2026.
Prévisions Budgétaires 2026-2027
En vue de l'exercice financier suivant, la loi de finances pour l'exercice 2026-2027 anticipe des ressources globales s'élevant à 6 347 milliards de BIF pour le budget général de l'État. Ces prévisions détaillent l'origine des fonds que le gouvernement burundais espère mobiliser pour faire face à ses dépenses, avec une augmentation notable par rapport à l'exercice précédent.
Les recettes fiscales sont estimées à environ 3 684 milliards de BIF pour cette période, constituant ainsi 58% des ressources globales attendues. Cette catégorie représente non seulement la part la plus importante des revenus envisagés par le budget, mais aussi une augmentation significative par rapport aux prévisions fiscales de l'exercice précédent, témoignant d'une volonté d'accroître les capacités de collecte interne.
Les dons devraient également jouer un rôle significatif, avec une estimation de 1 773 milliards de BIF. Ce montant représente environ 28% des ressources globales prévues, soulignant la dépendance continue du budget à l'égard de l'aide extérieure, malgré les efforts de mobilisation des recettes internes.
Les recettes non fiscales sont projetées à 787 milliards de BIF pour l'exercice 2026-2027, ce qui correspond à 12% du total des ressources. Enfin, les recettes exceptionnelles sont estimées à 101 milliards de BIF, ne représentant que 2% des ressources globales, ce qui indique une moindre reliance sur ces fonds ponctuels.
Concernant les dépenses, le budget général de l'État pour 2026-2027 prévoit un total de 6 732 milliards de BIF. La comparaison entre les ressources globales attendues (6 347 milliards de BIF) et les dépenses totales prévues (6 732 milliards de BIF) révèle un écart significatif, indiquant un déficit prévisionnel pour le prochain exercice également.
Dépenses d'Investissement Clés
Le budget général de l'État pour 2026-2027 alloue une part prépondérante aux dépenses d'investissement, reflétant une orientation stratégique vers le développement à long terme. Celles-ci sont projetées à 3 451 milliards de BIF, représentant 51% du total des dépenses prévues. Cette concentration sur l'investissement marque un effort significatif vers le développement des infrastructures et la stimulation de la croissance économique.
Les dépenses courantes, quant à elles, atteignent 3 280 milliards de BIF, soit 49% du budget. Cette catégorie couvre les besoins opérationnels de l'administration et des services publics, incluant les frais de fonctionnement essentiels de l'État. Une part importante de ces dépenses est consacrée à la rémunération des employés.
La masse salariale constitue 1 272,6 milliards de BIF, représentant 39% des dépenses courantes. Ce montant note le poids des charges de personnel dans le fonctionnement de l'État et la gestion des services publics.
Questions sur les Avances ANAGESSA
Le ministre des Finances, du Budget et de l'Économie numérique a annoncé devant l'Assemblée Nationale, le 24 décembre 2025, que les avances allouées à l'Agence nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (ANAGESSA) avaient été augmentées de 45 à 145 milliards de BIF. Cette déclaration intervient dans un contexte de surveillance accrue des dépenses publiques et de l'utilisation des fonds étatiques. Le ministre a également affirmé, avec une préoccupation notable, que les 145 milliards de BIF précédemment accordés à l'ANAGESSA l'année précédente, spécifiquement pour des achats de maïs, n'avaient pas été justifiés. Cette révélation soulève des questions importantes quant à la transparence et la bonne gestion des fonds publics alloués à des entités stratégiques comme l'ANAGESSA, en particulier dans un secteur aussi sensible que la sécurité alimentaire.