Kidumu dénonce les violences contre les Burundais à Nairobi et appelle à la retenue

Kidumu : « De grâce, ne touchez pas aux Kenyans vivant au Burundi »
Photo via Iwacu-burundi

Des cas de rackets et de brutalités visant des vendeurs de rue et d'autres petits commerçants burundais ont été rapportés à Nairobi, au Kenya, suscitant une vive inquiétude au sein de la communauté burundaise et au-delà. En réaction à ces incidents alarmants, le musicien burundais Kidumu, une figure publique bien connue résidant au Kenya, a exprimé sa profonde tristesse et son indignation face à ces violences. « Les nouvelles qui me parviennent de Nairobi ne sont pas bonnes du tout. Qu’ont fait les Burundais et les Rwandais pour être traités de la sorte ? », a-t-il déclaré, relayant son inquiétude grandissante face à la dégradation de la situation.

Kidumu a également lancé un appel pressant à l'aide pour ses compatriotes confrontés à ces difficultés. « Pourriez-vous au moins défendre nos concitoyens, afin qu’ils puissent rentrer chez eux dans la paix et la dignité », a-t-il exhorté, soulignant l'urgence de la situation. Pour apporter une aide concrète, il a proposé de mettre à disposition son propre minibus de 11 places pour faciliter leur retour au Burundi, démontrant ainsi son engagement personnel. Parallèlement à cet appel à l'aide, le musicien a mis en garde contre toute velléité de représailles au Burundi, insistant sur la nécessité de maintenir la paix. « Il ne faut pas toucher aux Kenyans vivant au Burundi. La vengeance n’est pas une solution. Il faut que la sécurité des Kenyans vivant au Burundi soit assurée », a-t-il fermement déclaré, appelant à la retenue et à la sagesse.

Racket et brutalités à Nairobi : une situation alarmante

La situation s'est aggravée, des informations faisant état de décès parmi les Burundais résidant à Nairobi, exacerbant la tension et le sentiment d'insécurité au sein de cette communauté. Ces rapports macabres ont ajouté une dimension tragique à la crise. L'Observatoire national pour la lutte contre la criminalité transnationale (ONLCT) a indiqué que la détérioration des conditions pour les Burundais s'est accentuée de manière significative depuis le 18 juin 2026. Cette date marque une période critique, survenue immédiatement après des déclarations controversées de la députée kenyane Beatrice Elachi, qui ont visiblement enflammé les tensions.

Selon les rapports détaillés de l'ONLCT, la situation a pris une tournure dramatique : plus de 70 ressortissants burundais auraient été tués, et 234 autres ont été arrêtés et placés en détention, ce qui témoigne de l'ampleur de la répression et des violences subies. La députée de Dagoretti Nord, Beatrice Elachi, est au cœur de cette escalade verbale et de ses conséquences. Elle a publiquement accusé les Burundais de s'approprier des emplois destinés aux Kenyans, créant un ressentiment nationaliste, et a appelé de manière explicite à leur expulsion du pays. Ces allégations incendiaires ont contribué à instaurer un climat de suspicion généralisée et d'hostilité croissante envers la communauté burundaise, les plaçant dans une position extrêmement précaire.

Appel à la protection, à la régularisation et à la dignité

Face à cette crise humanitaire et sociale, Kidumu a exhorté l'ambassade du Burundi au Kenya à intervenir de toute urgence pour la défense de ses citoyens et à assurer leur rapatriement en toute sécurité et dignité. Le musicien a souligné la gravité de la situation, répétant avec force que « les nouvelles qui me parviennent de Nairobi ne sont pas bonnes du tout. Qu’ont fait les Burundais et les Rwandais pour être traités de la sorte ? ». Il a insisté, avec une ferveur palpable : « Pourriez-vous au moins défendre nos concitoyens, afin qu’ils puissent rentrer chez eux dans la paix et la dignité », mettant en lumière le besoin fondamental de protection et de respect des droits humains.

L'artiste, actuellement en tournée au Canada, a réaffirmé son engagement personnel en proposant un soutien logistique concret pour le retour des Burundais. « Je possède un minibus de 11 places et je suis prêt à le mettre à la disposition de quiconque pour ramener des gens chez eux », a-t-il affirmé, transformant ses paroles en un geste tangible de solidarité. Au-delà de l'aide matérielle, Kidumu a également exprimé une prière solennelle et poignante pour son pays, révélant la profondeur de son attachement et de son désespoir face à la situation. « Ô Dieu, si je suis vraiment Ton serviteur, si j’ai aidé mon prochain avec mes moyens limités tout en acceptant les moqueries, aujourd’hui je Te demande une faveur ! Rends au Burundi sa gloire perdue ; je n’ai pas peur de le dire, je sais que cela peut me coûter la vie, mais qu’il en soit ainsi », a-t-il déclaré, une supplique empreinte d'une foi inébranlable et d'un courage certain.

Kidumu a fermement appelé les Burundais à ne pas exercer de représailles contre les Kenyans résidant au Burundi, craignant une spirale de violence. Il a martelé : « Il ne faut pas toucher aux Kenyans vivant au Burundi. Ne commettez pas d’actes répréhensibles simplement parce que d’autres vous ont fait du mal. La vengeance n’est pas une solution. Il faut que la sécurité des Kenyans vivant au Burundi soit assurée ». Le chanteur a précisé avec insistance que « c’est une affaire politique à résoudre par des voies politiques. Même la Tanzanie ne doit pas s’en prendre aux Kenyans, laissons cette situation se régler par des voies appropriées », soulignant l'importance de la diplomatie et de la désescalade.

Déni et clarification du gouvernement kenyan : un message ambigu

En réponse à la controverse grandissante et aux accusations de violences, le gouvernement kényan a annoncé mardi 8 septembre une mesure concernant la situation des immigrés. Il a déclaré que tous les Burundais en situation irrégulière exerçant de petits métiers au Kenya disposent d'un délai de trois mois pour régulariser leur statut auprès de leur ambassade. Passé ce délai de 90 jours, les réglementations concernant les permis de travail seront strictement appliquées par les autorités, laissant entendre une intensification des contrôles et des expulsions pour ceux qui n'auront pas satisfait à cette exigence.

Parallèlement à cette annonce, le gouvernement kényan a formellement démenti toute violence à l'encontre des immigrés en situation irrégulière, en particulier les Burundais. Selon Charles Owino, porte-parole du président kényan, le message délivré par le président William Samoei Ruto le 2 septembre a été mal interprété, cherchant ainsi à apaiser les tensions et à rejeter la responsabilité des violences sur une mauvaise compréhension des déclarations officielles. Cette clarification tente de contrer la perception d'une politique gouvernementale hostile, mais elle ne dissipe pas entièrement les craintes de la communauté burundaise.

Réactions et solidarité africaine : un appel à l'unité

Face à cette situation tendue, des personnalités kényanes, notamment des musiciens influents, s'expriment ouvertement contre les violences ciblant les ressortissants burundais en situation irrégulière. Leur prise de position vise à promouvoir la paix et la coexistence pacifique. Le chanteur kényan Bien-Aimé Baraza, anciennement membre du célèbre groupe Sauti Sol, a affirmé avec conviction qu'une attaque contre une communauté constitue une menace pour la dignité de tous. Il a plaidé avec ferveur pour que l'Afrique soit une terre d'accueil pour tous les Africains, rappelant les idéaux panafricains d'unité et de solidarité. M. Baraza, connu pour son engagement, avait déjà appelé à la paix en Tanzanie, à travers une chanson poignante, lors de violences post-électorales, démontrant ainsi une constance dans son plaidoyer pour la stabilité et l'harmonie sur le continent. Ces voix de la société civile africaine cherchent à apaiser les tensions et à rappeler l'importance de la fraternité continentale face aux défis migratoires et sociaux.