La CNIDH Renforce la Protection des Réfugiés et Rapatriés

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH) a organisé un atelier de haut niveau à Bujumbura le vendredi 4 septembre 2026, destiné aux rapatriés et aux réfugiés au Burundi. Cet événement d'importance capitale visait à renforcer leur protection au sein du pays, en abordant les défis spécifiques auxquels ces populations sont confrontées. Mgr Martin Blaise Nyaboho a déclaré à cette occasion que la protection des personnes déplacées internes, des rapatriés, des réfugiés et des apatrides représente une responsabilité collective, soulignant l'impératif d'une action concertée pour garantir leurs droits fondamentaux.

Défis et Besoins Spécifiques

Ces personnes peuvent rencontrer des difficultés spécifiques et persistantes pour accéder à leurs droits et aux services essentiels, notamment en matière de documentation, de logement, d'éducation, de santé, de protection et d'accès à la justice. Ces obstacles sont souvent amplifiés par la précarité de leur situation. Les défis socio-économiques au sein des communautés de retour peuvent en outre exacerber des problèmes existants, rendant leur réintégration d'autant plus complexe et vulnérable.

Les difficultés économiques et sociales dans les communautés d'accueil des rapatriés favorisent malheureusement la violence basée sur le genre, les conflits familiaux, les séparations, ainsi que les difficultés de scolarisation pour les enfants, compromettant leur avenir. Ces conditions augmentent également les risques d'exploitation pour les populations vulnérables, qui se retrouvent souvent dans des situations désespérées, propices aux abus.

Actions sur le Terrain

Dans le cadre du projet « Coordination des activités de protection en faveur des personnes déplacées internes, des rapatriés et des apatrides », financé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la CNIDH a mené des actions spécifiques et ciblées. Ces activités ont été organisées notamment à Gatumba et sur le site de Gateri, des zones particulièrement touchées. Elles visent à apporter un soutien direct aux victimes des inondations provoquées par la montée des eaux du Lac Tanganyika, une catastrophe naturelle qui a déplacé de nombreuses familles. Parallèlement, la commission a également mis en place un suivi rapproché des violations des droits humains. Ce suivi concerne les personnes déplacées internes, les rapatriés et les réfugiés présents dans ces localités, permettant une intervention rapide et efficace face aux atteintes à leurs droits fondamentaux et assurant une meilleure réactivité des acteurs de la protection.

Rôle Consultatif et Plaidoyer

La CNIDH contribue de manière significative au renforcement de la protection des personnes vulnérables à travers ses missions de suivi, de sensibilisation, de plaidoyer et de suivi des cas, a indiqué l'organisation. Ces actions sont essentielles pour identifier les lacunes et proposer des solutions concrètes. L'institution mène également des actions de plaidoyer de haut niveau auprès des autorités compétentes, des partenaires nationaux et internationaux. Ces démarches visent à consolider le cadre légal et institutionnel encadrant la protection des personnes déplacées internes, des rapatriés et des réfugiés au Burundi, garantissant ainsi une meilleure application des normes de protection.

Appel à la Responsabilité Collective

L'atelier de la Commission nationale indépendante des droits de l'Homme (CNIDH) avait pour objectif principal de présenter les résultats des évaluations des besoins des rapatriés et des réfugiés, de mettre en lumière les difficultés rencontrées au quotidien, d'identifier les risques de protection auxquels ils sont exposés et de formuler des recommandations concrètes pour renforcer leur protection. Sadate Steven Ngabishengera a souligné le rôle essentiel de la CNIDH comme organe consultatif auprès des institutions étatiques dans la dynamique de protection des droits humains, agissant comme un pont entre les populations vulnérables et les décideurs. Selon Sadate Steven Ngabishengera, « Pour rendre ces interventions plus efficaces, il est nécessaire de poursuivre des efforts en matière de mobilisation des ressources financières, d’appui technique, du renforcement des capacités et de formation du personnel et des acteurs communautaires. La collaboration entre les autorités, la CNIDH, le HCR, les organisations partenaires et les communautés demeure donc indispensable pour atteindre ces objectifs et assurer une protection durable et efficace des droits de ces populations. »