Du 29 au 30 juillet 2026, la Semaine de la Diaspora panafricaine s'est tenue à Bujumbura, la capitale économique du Burundi. Cet événement a eu pour thème « Dialogue avec la diaspora panafricaine sur le développement et la transformation de l’Afrique ». Des délégations représentant treize pays ont participé à cette rencontre. La diaspora est perçue comme un acteur majeur dans la transformation économique du continent africain. Au Burundi, les investissements des Burundais résidant à l'étranger sont principalement orientés vers les secteurs des infrastructures et de l'immobilier, témoignant d'un potentiel économique certain, mais aussi des défis structurels à surmonter pour attirer et sécuriser davantage ces capitaux.
Défis d'investissement et méfiance
La diaspora burundaise est fragmentée par des divisions liées à son histoire, des individus ayant quitté le pays à différentes périodes pour des motifs variés. Cette dispersion et ces divergences historiques ont créé des clivages qui complexifient une mobilisation unifiée. La politisation de cette diaspora, particulièrement depuis les années 1990, a restreint sa capacité à contribuer efficacement au développement national. Cette situation rend difficile l'établissement d'une approche cohérente et unifiée pour l'engagement économique et social des Burundais de l'étranger.
Les investisseurs font face à des difficultés persistantes, notamment des lourdeurs administratives, qui se manifestent par des procédures complexes et souvent opaques. La corruption est également un obstacle majeur, entraînant des coûts supplémentaires imprévus et une incertitude quant à la légalité des transactions. Les conflits fonciers, souvent liés à des problèmes de titres de propriété et de cadastre, représentent un risque significatif de dépossession pour les investisseurs. Ces risques sont accentués par des intimidations occasionnelles, créant un climat de méfiance et d'insécurité pour ceux qui envisagent d'investir leurs capitaux au Burundi.
L'accès aux devises étrangères constitue également un défi majeur, les opérateurs économiques faisant état de difficultés pour s'en procurer. Cette pénurie de devises entrave les importations nécessaires aux projets d'investissement et à la conduite des affaires, limitant ainsi la capacité des entreprises à se développer et à opérer efficacement. Les fluctuations et la disponibilité limitée des devises étrangères ajoutent une couche de complexité aux opérations financières, rendant les projections économiques incertaines et décourageant les investissements à long terme.
En conséquence, certains membres de la diaspora orientent leurs capitaux vers d'autres pays de la sous-région, où les procédures administratives sont jugées plus prévisibles et numérisées. Ces destinations alternatives offrent souvent un environnement d'affaires plus stable et transparent, avec des garanties légales plus robustes et des processus d'investissement simplifiés. Au Burundi, l'accès à internet demeure limité, ce qui freine la numérisation des services et la communication, essentielles pour les affaires modernes. Des coupures d'électricité fréquentes impactent négativement les activités économiques, perturbant la production et augmentant les coûts opérationnels. Une pénurie de carburant persistante affecte par ailleurs les transports, les entreprises et les ménages depuis plusieurs années, ajoutant une contrainte logistique et économique supplémentaire qui pèse lourdement sur l'ensemble de l'économie.
Attentes de la diaspora
Les membres de la diaspora burundaise expriment le besoin pressant de la mise en place d'un guichet unique pour faciliter leurs démarches. Cette structure est jugée essentielle pour rationaliser les procédures administratives, garantir la protection de leurs biens et soutenir la concrétisation de leurs projets d'investissement dans le pays. Cette demande reflète une volonté de simplifier les interactions avec l'administration et de créer un environnement plus sécurisé pour les capitaux et les initiatives des Burundais résidant à l'étranger. L'absence d'une telle entité est perçue comme un frein majeur à l'engagement de la diaspora, qui cherche des garanties contre les lourdeurs et les risques identifiés par ailleurs. La création d'un point de contact centralisé permettrait de répondre aux préoccupations concernant la bureaucratie, la transparence et la sécurité juridique des investissements, des facteurs jugés déterminants pour encourager le retour des capitaux et des compétences. L'objectif est de créer une interface unique capable de prendre en charge l'ensemble des besoins des investisseurs de la diaspora, de l'enregistrement de leurs entreprises à la résolution de potentiels litiges, offrant ainsi une voie claire et fiable pour l'investissement.
Préoccupations et solutions alternatives
Des organisations de défense des droits humains et de bonne gouvernance ont émis des préoccupations, soulignant le besoin d'améliorer la transparence institutionnelle au Burundi. Elles ont également mis en avant l'importance de renforcer les efforts de lutte contre la corruption, qui sape la confiance des investisseurs et entrave le développement économique. Ces organisations insistent sur la nécessité d'une sécurité juridique accrue pour les investissements dans le pays, afin de protéger les droits de propriété et de garantir l'application équitable de la loi. Leurs observations pointent des défis systémiques qui pourraient freiner l'attractivité du Burundi pour les capitaux extérieurs, y compris ceux de la diaspora. Elles appellent à des réformes pour garantir un environnement plus stable et prévisible pour les investisseurs, en particulier en ce qui concerne la protection des biens et la clarté des procédures légales. Ces réformes sont considérées comme fondamentales pour restaurer la confiance et encourager un engagement plus substantiel de la diaspora dans le développement économique du pays. Sans ces mesures, le potentiel de la diaspora burundaise à contribuer pleinement à la transformation économique du pays pourrait rester largement inexploité.