L'Église Méthodiste Unie du Burundi a tenu une réunion clé le 22 mai 2026 dans la province de Butanyerera, rassemblant des multiplicateurs de semences clés de la région. L'objectif principal de cette rencontre était de les encourager activement à intégrer et à développer la culture des tournesols au sein de leurs exploitations agricoles. La réunion a été dirigée par Mgr Emmanuel Sinzohagera, évêque de l'Église Méthodiste Unie du Burundi, soulignant l'importance de cette initiative pour l'organisation religieuse. Au cours de cette assemblée, l'Église a explicitement demandé aux multiplicateurs de semences de la province de Butanyerera d'intégrer la culture du tournesol dans leurs activités agricoles quotidiennes. Cette démarche s'inscrit dans le cadre d'un projet plus vaste et ambitieux, visant à établir une usine de transformation d'huile de tournesol dans la province voisine de Burunga, marquant une étape significative vers l'autonomie alimentaire et économique.
Ambitions agricoles et industrielles pour le développement
L'Église Méthodiste Unie du Burundi ne se contente plus de ses activités traditionnelles. Elle prévoit désormais de se lancer résolument dans la culture du tournesol et sa transformation en huile comestible, venant ainsi compléter de manière substantielle ses activités d'évangélisation et de développement communautaire. Des sources proches du dossier indiquent que cette initiative représente une diversification stratégique de ses actions, allant au-delà des missions religieuses et sociales habituelles pour embrasser un rôle plus prononcé dans le développement économique local.
La culture du tournesol, bien que prometteuse, a connu une régression notable au Burundi ces dernières années. Cette diminution s'explique principalement par un manque criant d'industries de transformation capables de valoriser la production locale, selon les informations disponibles. Cette situation a malheureusement conduit à une diminution progressive de l'intérêt pour cette culture parmi les agriculteurs locaux, qui peinaient à trouver des débouchés rentables pour leurs récoltes.
Dans ce contexte, les quantités de tournesol actuellement disponibles dans la province de Butanyerera sont jugées insuffisantes pour soutenir l'ambition du projet de l'Église. Ce constat note la nécessité impérieuse d'encourager massivement la production afin de garantir un approvisionnement constant et suffisant pour l'établissement et le fonctionnement de l'usine de transformation prévue. L'augmentation de la production est une étape fondamentale pour la réussite de cette initiative industrielle.
Expertise et potentiel économique du tournesol
Le tournesol est une culture reconnue internationalement pour ses multiples qualités et son potentiel économique. Il est notamment apprécié pour la production d'une huile de bonne qualité, très demandée sur le marché. Cette huile est non seulement génératrice de revenus significatifs pour les producteurs, mais elle est également exportable, offrant ainsi des perspectives de devises étrangères pour le pays, selon les informations disponibles sur cette plante oléagineuse.
Pour garantir le succès technique de ce projet, Josiane Manirakiza, experte en culture de tournesol et responsable de l'agence de développement au sein de l'Église Méthodiste Unie, apporte son expertise précieuse et ses connaissances approfondies. Son rôle est clé pour la mise en œuvre des meilleures pratiques agricoles et pour l'accompagnement des agriculteurs.
La culture du tournesol présente des avantages agronomiques non négligeables, notamment un cycle de croissance court, d'une durée de seulement trois mois, ce qui permet des rotations rapides et une utilisation efficace des terres. Pour l'ensemencement, entre 5 et 7 kg de semences sont suffisants par hectare, rendant cette culture relativement économique en intrants initiaux. Un rendement d'environ une tonne par hectare est attendu, à condition que les pluies soient suffisantes et que l'apport en engrais soit adéquat, précisent les spécialistes agronomes. Ces conditions favorables, si elles sont réunies, promettent une production rentable et durable.
Vision pour le développement national et l'autonomisation
Le projet de l'Église Méthodiste Unie s'inscrit pleinement dans l'objectif plus large de soutenir la Vision Nationale du Burundi, une feuille de route pour le développement économique et social du pays, selon des sources proches de l'Église Méthodiste Unie. Il vise spécifiquement à accroître la production de tournesol dans la province de Butanyerera, une région où cette culture est déjà présente et où une usine de production d'huile comestible existe déjà, bien que la production actuelle soit insuffisante. Cette initiative cherche à renforcer les capacités locales et à dynamiser l'économie rurale.
Mgr Emmanuel Sinzohagera a articulé la philosophie derrière cette démarche, déclarant que « pour que le Burundi se développe par l’agriculture, il est nécessaire de mettre davantage l’accent sur la transformation des produits agricoles, afin qu’ils puissent être exportés et générer des devises pour le pays ». Cette vision note l'importance stratégique de la valeur ajoutée par la transformation industrielle des matières premières agricoles, plutôt que de se limiter à l'exportation de produits bruts. Cyriaque Nikoyagize, conseiller juridique et politique du gouverneur, est également impliqué dans l'initiative, témoignant de l'engagement des autorités locales à appuyer ce projet structurant.
Appel à participation communautaire et soutien mutuel
Pour concrétiser cette vision ambitieuse, tous les Burundais, et principalement les agriculteurs, sont invités à rejoindre ce projet en signant des contrats de partenariat avec l'Église Méthodiste Unie. Ce modèle de collaboration est conçu pour être mutuellement bénéfique. L'Église s'engage à fournir des semences de qualité aux agriculteurs participants, éliminant ainsi une barrière financière initiale significative pour de nombreux petits exploitants. En retour, l'Église achètera ensuite leurs récoltes de tournesol à des prix équitables et prédéfinis, garantissant un marché stable et une source de revenus fiable pour les agriculteurs, selon les détails de l'initiative. Cette approche collaborative vise à créer une chaîne de valeur intégrée, du champ à l'usine, au bénéfice de l'ensemble de la communauté burundaise.