Pression accrue sur les réfugiés burundais en Ouganda et Zambie : la crainte de rapatriements forcés grandit

Kampala et Lusaka ont été le théâtre, le 5 août 2026, d'une pression croissante sur les réfugiés burundais résidant en Ouganda et en Zambie, soulevant des craintes de rapatriements forcés. Cette situation intervient alors que plus de 170 réfugiés burundais ont été rapatriés de Nakivale le week-end dernier, un événement qui renforce les inquiétudes quant à la nature volontaire de ces retours. La communauté internationale est désormais appelée à intervenir pour garantir la protection de ces populations vulnérables face aux injonctions croissantes.

Réunions et avertissements dans les camps

Au cours des deux dernières semaines, au moins quatre réunions ont été organisées quasi simultanément dans le camp de Nakivale en Ouganda et celui de Meheba en Zambie. Ces rassemblements ont directement alimenté les craintes de rapatriements forcés parmi les réfugiés. Le camp de Meheba abrite plus de 30 000 réfugiés, dont environ 5 000 Burundais. Le camp de Nakivale, quant à lui, accueille plus de 150 000 réfugiés, parmi lesquels plus de 33 000 sont d'origine burundaise. Ces chiffres soulignent l'ampleur des populations concernées par ces pressions. Ces rassemblements interviennent dans un contexte de pression accrue sur les communautés de réfugiés burundais dans les deux pays, où les autorités locales et les organisations humanitaires tentent de gérer la situation.

Contexte des retours forcés

Les autorités burundaises ont mené des opérations de déplacement en Ouganda au cours des cinq dernières années, visant à encourager le retour de leurs ressortissants. Cette initiative s'inscrit dans un effort continu pour le rapatriement des réfugiés, souvent présenté comme volontaire. Cependant, les récentes réunions et les rapatriements observés suggèrent une intensification de ces efforts, suscitant des doutes sur le caractère réellement libre et informé des décisions de retour.

Le convoi de rapatriement parti de Nakivale a traversé la Tanzanie avant d'entrer au Burundi par le nord-est du pays. Cette route a été empruntée en raison de l'impossibilité d'utiliser l'itinéraire direct via le Rwanda, les frontières étant actuellement fermées. La situation géographique et les relations diplomatiques régionales dictent ainsi les options logistiques pour ces retours, ajoutant une couche de complexité aux opérations de rapatriement et aux parcours des réfugiés.

Appel à l'aide internationale

Le principe de non-refoulement, pierre angulaire du droit international des réfugiés, interdit le retour d'une personne vers un pays où elle risquerait la persécution ou de graves violations des droits humains. Ce principe fondamental est au cœur des préoccupations actuelles. Les réfugiés burundais en Ouganda et en Zambie expriment de vives inquiétudes quant à l'application de ce principe face aux pressions exercées pour leur retour, craignant que leurs droits ne soient bafoués.

Les réfugiés demandent une intervention urgente du HCR, des organisations de défense des droits humains, des missions diplomatiques et de la communauté internationale. Cette sollicitation vise à garantir que tous les retours vers le Burundi soient strictement volontaires, sûrs et dignes, conformément aux normes internationales. Ils soulignent l'importance de s'assurer que les conditions de sécurité et de respect des droits humains soient réunies avant tout rapatriement, et que le choix de retourner ou non reste entièrement à la discrétion de chaque individu, sans contrainte ni menace.

Réactions et enjeux

L'objectif déclaré de ces réunions était de sensibiliser les réfugiés burundais au retour volontaire au Burundi. Cependant, le ton et le contenu de ces discussions ont souvent été perçus comme des avertissements plutôt que des encouragements. Les autorités ougandaises et le HCR ont averti les réfugiés burundais qu'ils devaient se préparer à leur retour avant la fin annoncée de leur statut de réfugié, prévue pour le premier semestre 2028. Cette injonction met en lumière la pression croissante exercée sur ces communautés, les forçant à envisager un rapatriement dans un avenir proche, même si les conditions de leur retour ne sont pas entièrement garanties. La situation actuelle soulève des questions critiques sur l'équilibre entre la souveraineté des États hôtes et la protection des droits des réfugiés.