Burundi : Le Vice-Président Bazombanza rejette la piste criminelle pour l'incendie de Bujumbura et appelle à la prudence

Un incendie d'origine encore indéterminée, mais suspecté d'être lié à des fers à charbon, a ravagé un bâtiment à Bujumbura, la capitale économique du Burundi. Cet événement a suscité des réactions officielles, notamment celle de M. Bazombanza, Vice-Président du Burundi, qui a rapidement rejeté la piste criminelle. Il a souligné que le bâtiment était vide et sécurisé au moment du sinistre, ce qui, selon lui, rendrait une origine criminelle peu probable. Les autorités continuent d'enquêter sur les causes exactes de ce nouvel incident.

Face à cet événement, le Vice-Président a lancé un appel pressant à tous les commerçants et hommes d'affaires du pays. Il les a exhortés à souscrire à une assurance pour protéger leurs biens et leurs activités. M. Bazombanza a rappelé qu'il existe plus de quinze compagnies d'assurance au Burundi, offrant diverses options de couverture. Il a insisté sur l'importance clé de cette protection financière pour la pérennité des activités économiques, particulièrement dans un contexte où les incendies de marchés sont devenus une préoccupation majeure.

Les faits de l'incendie récent

L'incendie a débuté aux alentours de 7 heures du matin, un moment où l'activité commerciale n'avait pas encore pleinement démarré. Les flammes ont rapidement causé des dégâts matériels significatifs dans le bâtiment affecté. En réaction à cet événement et dans le cadre de l'enquête visant à élucider les circonstances exactes du départ de feu, des agents du Service national de renseignement ont procédé à l'arrestation de plusieurs personnes. Parmi les individus interpellés figurent les vigiles qui étaient en service au moment du sinistre, ainsi que des agents de nettoyage qui travaillaient dans deux galeries situées au sein de l'édifice sinistré. Ces arrestations visent à recueillir des témoignages et des éléments d'information susceptibles de faire la lumière sur l'origine et le déroulement de l'incendie.

Contexte des incendies récurrents dans les marchés burundais

Cet incendie de Bujumbura s'inscrit dans une série préoccupante de sinistres qui ont touché plusieurs infrastructures commerciales à travers le Burundi au cours des dernières années. Le marché de Jabe, situé dans la commune de Mukaza en province de Bujumbura, a été entièrement détruit par un incendie d'origine inconnue dans la nuit du 21 au 22 juin 2026, laissant de nombreux commerçants démunis. Quelques semaines plus tard, un autre sinistre a frappé le marché de Ngozi dans la nuit du 9 au 10 juillet 2026. Cet événement a malheureusement causé la mort d'une personne, décédée des suites d'une crise cardiaque, selon les informations rapportées par les autorités locales. Suite à cette tragédie, le Gouverneur de Butanyerera, Victor Segasago, s'est engagé publiquement à solliciter les autorités gouvernementales pour venir en aide aux victimes de l'incendie de Ngozi, promettant un soutien aux sinistrés.

Rénovat Ndabashinze, Président de la Chambre basse du parlement burundais, a, pour sa part, imputé une part de responsabilité aux commerçants eux-mêmes. Il a notamment critiqué le fait qu'ils n'auraient pas acquis de camions-citernes pour faire face aux débuts d'incendie, ni assuré leurs marchandises, ce qui aggrave les pertes en cas de sinistre. Ces incidents s'inscrivent dans une série d'incendies ayant touché plusieurs marchés du pays, soulignant une vulnérabilité persistante. Le marché de Kinama à Bujumbura avait déjà pris feu en avril 2026, causant d'importants dégâts. Plus tôt, dans la nuit du 29 mai 2026, c'est le marché de Cibitoke qui avait été la proie des flammes, nécessitant une intervention d'urgence. Un site commercial de planches, situé près du marché "Kwa Siyoni" à Bujumbura, avait également été affecté par un incendie le 26 janvier 2026, illustrant la diversité des cibles de ces sinistres. Le grand marché central de Bujumbura, quant à lui, avait été détruit par un incendie dévastateur le 27 janvier 2013 et n'a pas encore été réhabilité à ce jour, un fait qui continue de peser lourdement sur l'économie locale et la mémoire collective.

Appels à la sécurité et à l'assurance

Face à cette recrudescence d'incendies, M. Bazombanza, Vice-Président du Burundi, a formulé plusieurs recommandations pour renforcer la sécurité. Il a notamment suggéré d'étudier la pertinence de l'utilisation continue des fers à charbon pour le repassage des vêtements en plein centre-ville, une pratique qu'il suspecte d'être à l'origine de certains sinistres. Le Vice-Président a également salué l'intervention rapide des forces de l'ordre et des services de secours, dont l'efficacité a permis de maîtriser l'incendie avant qu'il ne se propage davantage. Il a insisté sur la nécessité d'un contrôle rigoureux des constructions afin de s'assurer qu'elles respectent les normes de sécurité en vigueur, notamment en matière de prévention des incendies et d'accès pour les secours. M. Bazombanza a averti que sans une intervention rapide et coordonnée, le sinistre aurait pu s'étendre aux bâtiments environnants, citant notamment ceux des Dominicains, soulignant ainsi l'ampleur potentielle de la catastrophe évitée. Il a souligné que des constructions anarchiques avaient entravé le travail des sapeurs-pompiers en limitant l'accès de leurs camions aux zones sinistrées, un problème récurrent qui complique les opérations de secours et met en lumière la nécessité d'une meilleure planification urbaine et du respect des règles d'urbanisme.