Une attente de quatre mois pour l'inhumation d'une fillette décédée au Burundi met en lumière des blocages judiciaires et des soupçons de détournement, selon le récit de la famille. La petite Gloria Arakaza, âgée de neuf mois, est morte après avoir été percutée par un véhicule, un événement survenu dans la commune de Mpanda, située en province de Bujumbura. Depuis le drame, sa mère, Joselyne Miburo, vit une situation éprouvante, veillant sur un cercueil vide dans son domicile. Joselyne Miburo a déclaré : « Cela fait maintenant quatre mois que je dors à côté de ce cercueil dans ma maison », soulignant l'impact émotionnel et personnel de cette attente prolongée. Cette situation douloureuse perdure depuis des semaines, sans qu'une résolution ne semble se profiler pour la famille endeuillée.
Les circonstances du drame
L'accident s'est produit le 14 janvier 2026, aux alentours de midi. Une voisine, E. M. A affirmé avoir été témoin de la scène, déclarant que le chauffeur du véhicule avait continué sa route après avoir percuté l'enfant. Ce témoignage clé note un comportement potentiellement délictueux de la part du conducteur, qui n'aurait pas porté assistance à la victime. L'incident a eu lieu précisément dans la commune de Mpanda, en province de Bujumbura, ajoutant au choc de la communauté locale.
La victime, Gloria Arakaza, avait neuf mois et n'était pas en mesure de marcher ou de courir, ce qui rend l'hypothèse d'une imprudence de sa part impossible. Cette information a été confirmée par des sources proches du dossier et est un élément clé de la défense de la famille. Le conducteur du véhicule, dont l'identité n'est pas précisée dans les faits disponibles, aurait nié toute responsabilité dans le drame. Selon des allégations rapportées, il aurait même prétendu que l'enfant était décédée de faim, une affirmation qui contraste fortement avec les circonstances de l'accident rapportées par le témoin. Ces éléments sont au cœur de l'enquête en cours et soulèvent de sérieuses questions sur la version des faits du conducteur.
Un corps retenu et des fonds disparus
Le corps de Gloria Arakaza, la fillette de neuf mois décédée, est retenu à la morgue de l'hôpital de Kajaga depuis quatre mois, ajoutant une dimension administrative et financière au drame familial. Pour récupérer la dépouille de l'enfant, l'hôpital réclame à la famille une somme de plus de 4 millions de francs burundais (FBu). Cette exigence financière s'ajoute à la douleur de la perte et de l'attente pour la famille, qui se trouve dans une situation économique déjà précaire.
Joselyne Miburo, la mère de la victime, a exprimé des soupçons de détournement concernant les fonds collectés pour les funérailles de sa fille. Selon elle, des sommes importantes auraient été recueillies auprès de la population, mais n'auraient pas été utilisées comme prévu. La mère a affirmé n'avoir reçu que 20 000 FBu des fonds collectés, alors qu'une estimation indique que près de 500 000 FBu auraient été recueillis par des intermédiaires en vue de soutenir la famille pour l'enterrement. Cette disparité soulève de sérieuses interrogations sur la gestion de ces dons de solidarité.
Des précisions sur l'utilisation de ces fonds suggèrent qu'une somme de 10 000 FBu aurait été allouée à la grand-mère de l'enfant pour couvrir ses frais de transport vers l'hôpital. Cependant, la majeure partie des fonds collectés reste introuvable, ce qui alimente les soupçons de la famille. Ces allégations de mauvaise gestion des fonds compliquent davantage la situation de la famille, qui doit faire face non seulement au deuil et aux exigences de l'hôpital, mais aussi à des incertitudes quant à l'aide financière reçue de la communauté. La question de la transparence et de la responsabilité dans la gestion de ces fonds est devenue une préoccupation majeure pour Joselyne Miburo.
L'impasse judiciaire et administrative
La mère de la fillette, Joselyne Miburo, a entrepris des démarches répétées auprès de l'administration locale et du parquet de Bubanza pour faire avancer le dossier. Ses efforts visent à obtenir l'inhumation de son enfant et à éclaircir les circonstances de l'accident, ainsi que la gestion des fonds collectés pour les obsèques. Malgré ses multiples tentatives, la situation reste bloquée, prolongeant l'agonie de la famille.
L'administrateur communal de Mpanda, Léopold Ndayisaba, a confirmé que l'affaire était désormais entre les mains du système judiciaire. Selon ses déclarations, les enquêtes sont actuellement en cours pour déterminer les responsabilités et les faits entourant le décès de Gloria Arakaza. Cette situation met en évidence la complexité des procédures administratives et judiciaires dans ce cas, qui semble s'enliser dans la bureaucratie. L'administrateur a souligné que le processus légal doit suivre son cours pour établir la vérité.
Appels à l'enterrement rapide
La mère de l'enfant, Joselyne Miburo, a affirmé refuser d'inhumer sa fille tant que justice n'aura pas été rendue, soulignant sa détermination inébranlable à obtenir des réponses sur les circonstances du décès et le devenir des fonds collectés. Cette position met en lumière son besoin profond de vérité et de réparation avant de pouvoir faire son deuil. Ferdinand Simbaruhije, représentant du Forum pour le renforcement de la Société Civile Burundaise (Fenadeb), a déclaré que « la petite Arakaza soit enterrée dans les meilleurs délais ». Simbaruhije a également émis l'hypothèse que certains membres de l'administration locale pourraient être impliqués dans la disparition des fonds destinés aux funérailles, appelant à une enquête approfondie sur cette situation. Il a insisté sur l'urgence d'une intervention pour mettre fin à cette épreuve pour la famille, tout en garantissant que la lumière soit faite sur toutes les zones d'ombre de cette affaire.