Colonel Uwamahoro accusé de violences et de traitements de faveur à la prison de Ngozi

Des détenus de la prison centrale de Ngozi, située dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi, dénoncent un climat de peur et de tensions au sein de l'établissement. Ces prisonniers réclament le transfert du Colonel Désiré Uwamahoro, le directeur de la prison, qu'ils accusent de violences et de traitements de faveur. Le mécontentement des détenus, qui exigent un changement de direction, met en lumière les conditions de détention et les allégations de mauvaise gestion au sein de cet établissement pénitentiaire clé. L'arrestation du Colonel Uwamahoro s'inscrit dans le cadre de l'affaire impliquant Alain-Guillaume Bunyoni, ancien Premier ministre burundais, ajoutant une couche de complexité à la situation déjà tendue.

Accusations de violence et d'intimidation

Des détenus attribuent ce climat de peur et de tensions au Colonel Désiré Uwamahoro, ancien commandant de la Brigade anti-émeute de la police burundaise. Le Colonel Désiré Uwamahoro aurait agressé physiquement MANIRAKIZA Emmanuel, le chef des détenus, selon des témoignages recueillis auprès de plusieurs sources. Cette agression présumée serait survenue après que le Colonel Uwamahoro eut passé du temps dans le bureau du directeur de la prison, Christian Sibomana, alimentant les spéculations sur la nature de leurs relations. L'incident aurait eu lieu le 28 juillet, un événement qui a, selon les dires des prisonniers, exacerbé les tensions préexistantes. MANIRAKIZA Emmanuel, la victime de cette agression présumée, aurait été transporté au dispensaire de la prison pour y être soigné après avoir reçu plusieurs coups, notamment à la poitrine, ont indiqué des sources concordantes au sein de l'établissement. Ces allégations, si elles étaient avérées, soulèveraient de sérieuses questions sur la sécurité et le respect des droits des détenus au sein de la prison centrale de Ngozi. Les détenus rapportent que cette agression n'est pas un cas isolé, mais s'inscrit dans un pattern de comportements intimidants attribués au Colonel Uwamahoro depuis son incarcération.

Contexte de l'incarcération

Le Colonel Désiré Uwamahoro est incarcéré depuis 2023, son arrestation ayant eu lieu précisément en avril de la même année. Il est détenu dans le cadre de l'affaire impliquant l'ancien Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni, une affaire qui a secoué la scène politique burundaise. Avant son incarcération, le Colonel Désiré Uwamahoro dirigeait la Brigade anti-émeute de la police burundaise, une unité souvent au cœur de l'actualité nationale. Cette unité a été citée dans de nombreux rapports et témoignages relatifs à des violations des droits humains, ce qui a entaché la réputation de ses dirigeants successifs. Le Colonel Uwamahoro a toujours nié avec véhémence les accusations portées contre lui concernant ces allégations de violations des droits humains, affirmant son innocence face à ces reproches.

Concernant l'affaire principale dans laquelle il est impliqué, Alain-Guillaume Bunyoni, l'ancien Premier ministre burundais, a été condamné à la prison à perpétuité pour diverses accusations. Cependant, il a par la suite bénéficié d'une libération provisoire pour des raisons médicales, une décision qui a suscité de nombreux commentaires. L'incarcération du Colonel Uwamahoro dans le cadre de cette affaire de grande envergure ajoute une dimension politique et judiciaire complexe à sa situation actuelle en prison. Sa présence en tant que détenu dans un établissement où il est lui-même accusé de comportements abusifs crée une situation délicate pour l'administration pénitentiaire. Les détenus estiment que son passé en tant que haut responsable de la sécurité et son lien avec une affaire aussi médiatisée lui confèrent une influence indue, ce qui, selon eux, se manifeste par des traitements de faveur et une impunité perçue.

Demandes des détenus

Plusieurs détenus accusent le Colonel Désiré Uwamahoro de violence, de menaces d'évasion et de bénéficier d'un traitement de faveur au sein de l'établissement pénitentiaire de Ngozi. Ces accusations ont créé un climat de méfiance et de ressentiment parmi la population carcérale. Ces prisonniers exigent le départ immédiat du Colonel Uwamahoro de la prison, arguant que sa présence continue contribue directement à un climat de tensions insoutenable et à une détérioration de la sécurité et du bien-être des autres détenus.

Selon des témoignages concordants de plusieurs détenus, le Colonel Désiré Uwamahoro entretiendrait des relations privilégiées avec le directeur de la prison, Christian Sibomana. Ces allégations de favoritisme sont au cœur des griefs des détenus. Ils affirment également que le Colonel Uwamahoro jouit d'une plus grande liberté de mouvement que les autres incarcérés, ce qui alimente leur mécontentement et leur sentiment d'injustice. Cette liberté de mouvement accrue, combinée à des accusations de menaces et de violences, crée un environnement anxiogène pour les autres prisonniers, qui se sentent vulnérables face à un détenu perçu comme intouchable. Les détenus demandent son transfert vers une autre prison, espérant ainsi rétablir un semblant d'ordre et d'équité au sein de l'établissement. Ils estiment que tant que le Colonel Uwamahoro restera à Ngozi, la situation ne pourra pas s'améliorer et le climat de peur persistera. La demande de transfert est donc perçue comme une mesure essentielle pour restaurer la sérénité et la justice au sein de la prison. Les prisonniers soulignent que cette situation nuit gravement à la réhabilitation et au respect des droits fondamentaux de tous les détenus.

Réactions et vérifications

SOS Médias Burundi, qui a recueilli ces témoignages, n'a pas pu vérifier de manière indépendante les circonstances exactes de l'altercation présumée impliquant MANIRAKIZA Emmanuel ou les blessures rapportées par les détenus. Ces allégations formulées par les détenus, bien que nombreuses et concordantes, n'ont pas été vérifiées de manière indépendante par la rédaction, soulignant la difficulté d'obtenir des informations fiables et impartiales dans un environnement carcéral.

Au moment de la rédaction de l'article, ni le Colonel Désiré Uwamahoro, directement visé par les accusations, ni le directeur de la prison Christian Sibomana, dont le rôle est également mis en cause, ni les autorités pénitentiaires nationales n'avaient réagi publiquement aux accusations portées contre le Colonel Uwamahoro. L'absence de réponse officielle de ces acteurs clés laisse en suspens la confirmation des événements décrits par les prisonniers et l'établissement d'une version officielle des faits. Cette absence de communication officielle contribue à maintenir un climat d'incertitude et de spéculation autour de la situation à la prison centrale de Ngozi. La non-réponse des autorités renforce également les inquiétudes des détenus quant à la prise en compte de leurs doléances et la protection de leurs droits. La situation demeure donc tendue et appelle à une enquête approfondie pour éclaircir les allégations et garantir la sécurité et le respect des droits de tous les détenus.