La sécurité routière au Burundi est mise en cause par plusieurs facteurs, dont le dysfonctionnement prolongé des limiteurs de vitesse, des dispositifs essentiels à la régulation de la vitesse des véhicules. Ces équipements de régulation de la vitesse ont cessé de fonctionner depuis un certain temps, contribuant à une augmentation des comportements à risque sur les routes. Certains conducteurs négligent par ailleurs l'inspection technique de leurs véhicules ou bus, une pratique pouvant occasionner des accidents graves en raison de défaillances mécaniques imprévues. Enfin, des permis de conduire sont acquis sans formation ni examen préalable, selon les observations, ce qui met sur les routes des conducteurs mal préparés et potentiellement dangereux. Ces lacunes systémiques et comportementales créent un environnement routier précaire, où la vigilance et le respect des règles sont souvent insuffisants.
Causes des accidents
Le président de l'Association des transporteurs du Burundi (Atrabu), Bosco Minani, reconnaît que plusieurs facteurs liés au comportement des conducteurs contribuent aux accidents. Il cite notamment la conduite à grande vitesse, la conduite en état d'ivresse et la distraction au volant comme des causes fréquentes et préoccupantes. Ces comportements imprudents sont à l'origine de nombreux incidents sur les routes burundaises, menaçant la vie des conducteurs et des piétons. Parallèlement, certains conducteurs ne respectent pas les passages piétons, un comportement pouvant facilement provoquer des accidents selon les observations, mettant en danger les usagers les plus vulnérables de la route. Cette négligence des règles fondamentales de courtoisie et de sécurité routière est un problème persistant.
Renaud Niyonkeza dénonce également une série de pratiques dangereuses qui aggravent la situation. Il mentionne l'excès de vitesse, le stationnement dans des endroits inappropriés, l'utilisation incorrecte des clignotants, l'usage du téléphone au volant et la conduite sous l'influence de l'alcool. Ces infractions sont régulièrement observées sur les routes burundaises et témoignent d'un manque généralisé de discipline et de respect des normes de sécurité. La combinaison de ces facteurs crée un environnement routier où le risque d'accident est constamment élevé.
Un autre élément aggravant est la pénurie de carburant, qui peut inciter les conducteurs à accélérer pour atteindre rapidement les stations de distribution. Cette précipitation est susceptible d'augmenter les risques d'accidents, car elle pousse les conducteurs à prendre des décisions hâtives et à négliger les limitations de vitesse. La pression pour obtenir du carburant peut ainsi avoir des conséquences dramatiques sur la sécurité routière.
Failles dans les contrôles
Les feux de signalisation, essentiels à la régulation du trafic, sont hors service dans la ville de Bujumbura, compliquant la gestion de la circulation et augmentant les risques d'incidents. Cette défaillance technique contribue à une situation routière déjà précaire, où l'absence de régulation visuelle claire peut mener à des confusions et des comportements imprudents de la part des usagers. L'absence de ces dispositifs vitaux rend la circulation particulièrement dangereuse aux intersections, où les priorités ne sont plus clairement établies.
Une pratique courante observée sur les routes burundaises est le recours à la corruption. Certains conducteurs, lorsqu'ils commettent des infractions, choisissent de soudoyer les agents de police plutôt que d'affronter les conséquences légales de leurs erreurs. Cette pratique sape l'autorité des forces de l'ordre et compromet l'efficacité des contrôles routiers, favorisant ainsi l'impunité et la récidive. Le contournement des sanctions affaiblit les efforts de prévention et de répression des comportements dangereux sur la voie publique, créant un sentiment d'impunité qui encourage d'autres infractions.
Appels à plus de rigueur
Face à cette situation, les appels à une application plus stricte des règles se multiplient. Les tests d'alcoolémie devraient être renforcés et effectués de manière régulière, et non plus seulement les week-ends ou dans des lieux spécifiques, est-il suggéré. Cette approche permettrait d'assurer une présence policière constante et dissuasive sur l'ensemble du réseau routier, plutôt que des interventions sporadiques. Une telle régularité contribuerait à modifier durablement les comportements des conducteurs, en instaurant une crainte réelle de la sanction. Une application plus systématique de ces tests est jugée indispensable pour endiguer le phénomène de la conduite en état d'ivresse, l'une des principales causes d'accidents graves.
Les contrôles devraient être multipliés aux abords des bars, bistros et autres lieux de consommation d'alcool. Cette mesure ciblée vise à intercepter les conducteurs potentiellement sous l'influence de l'alcool avant qu'ils ne prennent le volant, réduisant ainsi le risque d'accidents. En intensifiant la surveillance dans ces zones, les autorités pourraient mieux prévenir la conduite en état d'ivresse et renforcer la sécurité des usagers de la route. Une présence policière accrue dans ces lieux stratégiques enverrait un message clair sur l'intolérance de l'État face à ce type d'infraction.