Conditions de vie précaires pour les réfugiés congolais au Burundi, le rapatriement comme seul espoir

Beaucoup de réfugiés n’ont que des abris de fortune
Photo via Iwacu-burundi

Voici l'article étendu :

Plus de 50 000 réfugiés congolais résident actuellement dans des conditions de vie précaires au camp de Busuma, situé dans la commune de Ruyigi, province de Buhumuza, au Burundi. Cette situation met en lumière les défis humanitaires persistants auxquels sont confrontés ces populations déplacées. Le camp de Busuma abrite un nombre significatif de réfugiés en provenance de la République Démocratique du Congo, cherchant refuge loin des conflits et de l'instabilité dans leur pays d'origine. Leur présence continue dans cette localité burundaise note l'urgence d'une solution durable face à leur déplacement prolongé, alors que les conditions de vie au sein du camp se détériorent, poussant un nombre croissant de ces personnes à envisager le retour dans leur patrie malgré les incertitudes. La situation humanitaire dans le camp de Busuma est devenue un point focal pour les organisations internationales et les gouvernements concernés, qui tentent de coordonner une réponse adéquate face à des besoins pressants et une mobilisation de fonds insuffisante.

Assistance insuffisante et détresse quotidienne

Les réfugiés du camp de Busuma font face à une insécurité alimentaire alarmante, rapportant souffrir de la faim et passant fréquemment un à deux jours sans nourriture. Cette situation est aggravée par une pénurie critique d'eau, de médicaments et d'installations sanitaires adéquates, notamment de latrines. Le manque d'accès à ces services essentiels compromet gravement la santé et la dignité des résidents, augmentant les risques de maladies hydriques et d'autres affections liées à l'insalubrité. Les témoignages recueillis sur place dressent un tableau sombre d'une population luttant quotidiennement pour sa survie, où chaque repas est incertain et l'accès aux soins de base est un luxe.

L'aide reçue par ces populations est jugée « insignifiante » par les réfugiés eux-mêmes, soulignant un écart important entre les besoins et les ressources disponibles. Cette insuffisance se reflète directement dans la réduction drastique de l'aide financière, qui est passée de 38 000 francs burundais (BIF) par mois et par personne à seulement 13 000 BIF par mois et par personne. Cette diminution de près de 66% de l'aide monétaire a des conséquences dévastatrices sur la capacité des réfugiés à subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux, les laissant dans une situation de vulnérabilité extrême. Avec une aide financière si limitée, il devient presque impossible pour les familles d'acheter de la nourriture, des produits d'hygiène ou de couvrir d'autres dépenses essentielles, exacerbant ainsi leur détresse.

Les besoins pour venir en aide à ces réfugiés sont estimés à 33,2 millions de dollars américains, selon un appel de fonds lancé en décembre 2025. Cet appel vise à couvrir les dépenses liées à l'alimentation, l'eau, l l'assainissement, la santé, les abris et la protection pour l'ensemble des réfugiés congolais au Burundi. Cependant, la mobilisation pour cet appel de fonds n'atteint actuellement que 30% des sommes requises. Ce déficit de financement de 70% a un impact direct sur la capacité des agences humanitaires à fournir une assistance vitale, entraînant des coupes dans les programmes et une incapacité à répondre pleinement aux besoins croissants des populations déplacées. Le manque de financement suffisant est une préoccupation majeure pour les organisations humanitaires et les autorités burundaises, qui peinent à maintenir un niveau de soutien minimal face à l'ampleur de la crise.

Logement et hygiène défaillants

Les réfugiés du camp de Busuma manquent de tentes et de nourriture en quantité suffisante, selon des témoignages recueillis sur place. Les conditions de vie sont jugées précaires par les habitants du camp, qui soulignent un déficit criant en matière d'abris et de subsistance quotidienne. Le surpeuplement dans les abris existants et la détérioration des matériaux de construction contribuent à un environnement de vie insalubre et dangereux.

De nombreuses tentes abritant les familles sont usées ou déchirées, suscitant des inquiétudes sérieuses à l'approche de la saison des pluies. Cette situation expose les résidents à des risques accrus pour leur santé et leur sécurité, alors que les intempéries menacent de détériorer davantage des infrastructures déjà fragiles. Les pluies torrentielles peuvent entraîner des inondations, l'effondrement des abris et la propagation de maladies, ce qui aggraverait encore la situation sanitaire déjà précaire. La vétusté des abris pose un défi majeur pour la protection des réfugiés face aux conditions météorologiques, rendant leur quotidien encore plus difficile. La perspective de la saison des pluies est une source d'angoisse constante pour les familles, qui craignent pour leur sécurité et celle de leurs enfants. Les matériaux de fortune utilisés pour tenter de réparer les tentes déchirées ne suffisent souvent pas à offrir une protection adéquate contre les éléments.

Le manque de latrines est une autre préoccupation majeure, contribuant à des conditions d'hygiène déplorables et augmentant le risque d'épidémies au sein du camp. L'accès limité à l'eau potable aggrave cette situation, rendant difficile le maintien des normes d'hygiène de base. Les conséquences de ces déficiences en matière de logement et d'hygiène se manifestent par une augmentation des problèmes de santé, en particulier chez les enfants et les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables.

Volonté de retour et conditions de sécurité

Les réfugiés congolais expriment un fort désir de retourner dans leur pays d'origine, la République Démocratique du Congo. Leur aspiration au rapatriement s'inscrit dans un contexte où les conditions de vie au Burundi restent précaires, et où l'espoir d'un avenir meilleur dans leur pays d'origine, même avec les défis persistants, semble plus attrayant que la stagnation dans le camp. Ce désir de retour est motivé par la nostalgie de leur terre natale, le souhait de retrouver leurs familles et leurs communautés, et l'espoir de reconstruire leur vie loin de la dépendance de l'aide humanitaire.

La sécurité des réfugiés est une préoccupation majeure pour les autorités burundaises et les organisations internationales impliquées dans le processus de rapatriement. Edouard Bizimana, chef de la diplomatie burundaise, a déclaré le 14 août 2026 que la sécurité des réfugiés est essentielle et qu'ils ne peuvent pas être envoyés dans des zones de conflit. Cette position note l'importance de garantir un retour dans des conditions sûres et dignes, évitant de renvoyer des populations vulnérables vers des situations de danger. La déclaration de M. Bizimana réaffirme l'engagement du Burundi à respecter les principes du droit international humanitaire et à assurer la protection des réfugiés sous sa juridiction.

Brigitte Eno-Mukanga, représentante du HCR au Burundi, a annoncé qu'une réunion tripartite impliquant le HCR, le Burundi et la RDC, tenue à Kinshasa, a autorisé les retours uniquement vers des zones sécurisées. Cette décision encadre le processus de rapatriement afin de protéger les populations vulnérables et de s'assurer que leur retour se fasse dans des conditions où leur sécurité physique et leur bien-être sont garantis. La collaboration entre les trois parties est essentielle pour évaluer et certifier la sécurité des zones de retour en RDC, et pour coordonner les efforts logistiques et de réintégration. Cette approche concertée vise à éviter les retours prématurés dans des régions encore instables, qui pourraient exposer les rapatriés à de nouveaux risques.

Le rapatriement a débuté en avril, et près de 13 000 personnes ont déjà quitté le Burundi pour regagner leur pays d'origine. Ce chiffre témoigne de l'avancement du processus et de la volonté des réfugiés de rentrer chez eux, malgré les défis potentiels liés à la réintégration. Le début des retours en avril a marqué une étape significative dans la recherche de solutions durables pour ces populations déplacées. Le processus est complexe, nécessitant une coordination étroite entre les gouvernements, le HCR et d'autres partenaires humanitaires pour assurer un voyage sûr et une assistance à l'arrivée.

Des convois hebdomadaires sont organisés pour faciliter ces retours. Ces convois, composés d'environ 1 000 personnes, sont destinés à ramener les réfugiés vers les zones considérées comme sécurisées en RDC. L'organisation de ces convois réguliers est clé pour gérer le grand nombre de personnes souhaitant rentrer et pour assurer une logistique fluide et sécurisée. Chaque convoi est préparé avec soin, incluant des mesures pour la santé et la sécurité des rapatriés tout au long du trajet. L'objectif est de permettre à un maximum de réfugiés de retrouver leur foyer dans les meilleures conditions possibles, marquant ainsi une lueur d'espoir pour des milliers de personnes après des années d'exil.