Crise croissante d'abandon d'enfants au Burundi : pauvreté et santé mentale en cause

Au Burundi, une crise croissante d'abandons d'enfants est observée, exacerbée par la pauvreté et les problèmes de santé mentale des parents. Joséphine Nahimana, une veuve septuagénaire résidant sur la Colline Musave, Commune Kayanza, s'occupe de cinq petits-enfants abandonnés par leur mère souffrant de troubles mentaux. « La santé mentale de ma fille n’est pas bonne. Elle ne se contrôle pas. Chaque fois qu’elle tombe enceinte, elle abandonne l’enfant dans la rue et l’on m’appelle pour venir le récupérer. Le dernier, elle l’avait abandonné à Ngozi. Après des recherches, l’administration de la commune Ngozi m’a contactée pour que je vienne le récupérer », a déclaré Joséphine Nahimana. Parallèlement, dans le Quartier Tenga, Zone Rubirizi, Commune Ntahangwa, une jeune femme a été arrêtée par la police après avoir tenté d'abandonner son enfant.

Cas individuels et réponses locales

La fille de Joséphine Nahimana abandonne ses enfants à chaque grossesse, le dernier ayant été laissé à Ngozi, selon le témoignage de Mme Nahimana. Elle explique que chaque fois que sa fille tombe enceinte, elle abandonne l'enfant dans la rue, ce qui pousse les autorités à la contacter pour qu'elle le récupère. C’est ainsi que le dernier-né a été retrouvé à Ngozi, et l'administration de la commune a ensuite contacté Joséphine Nahimana pour qu'elle vienne le chercher. Cette situation illustre les défis récurrents auxquels sont confrontées certaines familles burundaises, souvent en lien avec les problèmes de santé mentale qui affectent les parents, comme l'indique le cas de la fille de Mme Nahimana.

En mai, un autre cas d'abandon a été signalé dans le pays. Un enfant a été découvert abandonné au bord de la route dans la Zone Kamenge, Commune Ntahangwa, selon les rapports locaux. Ce type d'incident met en lumière la fréquence des abandons d'enfants dans différentes localités du Burundi. Les découvertes d'enfants délaissés sont malheureusement des événements récurrents qui mobilisent les services sociaux et les communautés locales. Ces situations requièrent souvent l'intervention des autorités et des organisations humanitaires pour assurer la prise en charge et la protection des mineurs vulnérables.

Au moment de la rédaction de l'article, la mère de l'enfant retrouvé dans la Zone Kamenge n'avait pas encore été localisée. L'absence d'identification immédiate des parents dans de tels cas complique les efforts de réunification familiale et la compréhension des circonstances ayant mené à l'abandon. Les autorités continuent généralement leurs investigations pour retrouver les géniteurs et évaluer les raisons de ces actes.

Causes profondes de l'abandon

La psychologue Audrey Ariella Ineza, de la Fondation Stamm à Kayanza, indique que la pauvreté constitue une cause principale des abandons d'enfants. Cette situation économique précaire pousse de nombreuses familles à des extrémités, selon l'experte, qui note l'impact direct du manque de ressources sur la capacité des parents à subvenir aux besoins de leurs enfants.

L'administration communale de Kayanza enregistre régulièrement des cas d'enfants abandonnés par leurs mères, confirmant la persistance de ce phénomène dans la région. Ces signalements fréquents témoignent d'une problématique sociale ancrée, nécessitant souvent l'intervention des autorités locales et des organisations humanitaires pour la prise en charge des mineurs.

Actuellement, la Fondation Stamm à Kayanza accueille vingt enfants. Beaucoup d'entre eux ont été découverts dans la rue, ce qui illustre la vulnérabilité des enfants confrontés à l'abandon et l'importance des structures d'accueil pour leur protection.

Soutien et interventions existantes

Certains enfants abandonnés au Burundi sont pris en charge dans la commune de Gahombo ou dans un centre situé à Gitega, soulignant l'existence de structures d'accueil pour ces mineurs vulnérables. Ces initiatives visent à offrir un environnement protecteur aux enfants délaissés, en attendant de trouver des solutions durables pour leur avenir.

Joséphine Nahimana, qui s'occupe de cinq petits-enfants abandonnés, cherche à récupérer sa carte de personne vulnérable. La perte de ce document l'empêche actuellement de bénéficier d'aides essentielles pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle avait précédemment déclaré : « La santé mentale de ma fille n’est pas bonne. Elle ne se contrôle pas. Chaque fois qu’elle tombe enceinte, elle abandonne l’enfant dans la rue et l’on m’appelle pour venir le récupérer. Le dernier, elle l’avait abandonné à Ngozi. Après des recherches, l’administration de la commune Ngozi m’a contactée pour que je vienne le récupérer. »

En réponse à sa situation, l'administrateur de la commune de Kayanza a invité Joséphine Nahimana à présenter son cas afin qu'il puisse être examiné. Cette démarche institutionnelle vise à évaluer les besoins spécifiques de la famille et à déterminer les formes de soutien appropriées.

Quatre enfants ont été adoptés par des familles canadiennes grâce à une collaboration avec l'ancien ministère de la Solidarité nationale. Ce programme d'adoption internationale offre une nouvelle perspective de vie à des enfants burundais qui ne peuvent pas être pris en charge dans leur pays d'origine.