Des débats concernant la transparence, les défis et la méfiance vis-à-vis des impôts communaux agitent actuellement la commune de Kayanza. Ces discussions se sont matérialisées lors d'une conférence-débat sur la perception, la gestion et la transparence des impôts communaux, organisée le 26 mai 2026 dans cette commune. Ces échanges ont permis d'aborder de front les préoccupations des citoyens et des acteurs économiques locaux concernant la fiscalité communale.
Cette rencontre a mis en lumière les préoccupations locales face à la gestion actuelle des recettes fiscales. Les débats ont souligné l'importance d'une meilleure information et d'une plus grande participation des contribuables dans le processus fiscal. En réponse à ces enjeux, le ministère de l'Intérieur a fait part de son intention de digitaliser le système de collecte des impôts et taxes. Cette initiative vise à améliorer la transparence et l'efficacité de la gestion fiscale au niveau communal, offrant une perspective de résolution des problèmes soulevés à Kayanza. La digitalisation est perçue comme un levier essentiel pour moderniser l'administration fiscale et renforcer la confiance entre les citoyens et les autorités.
Progrès des recettes communales
Les recettes fiscales locales affichent une progression nette à Kayanza, attribuée à la digitalisation du système de collecte. Le système numérique mis en place a contribué à cette amélioration, selon les autorités locales. Cette avancée technique permet une meilleure traçabilité et une réduction des erreurs humaines, facteurs clés de l'augmentation des revenus fiscaux.
Godefroid Niyonizigiye, administrateur de la commune de Kayanza, a souligné une croissance des recettes depuis 2023. Cette augmentation est le résultat direct des efforts déployés pour moderniser les méthodes de perception, comme l'a indiqué M. Niyonizigiye. Il a également précisé les mesures prises pour assurer l'efficacité du nouveau dispositif. « Nous avons formé les utilisateurs de ces machines et mis en place des encadreurs chargés du suivi afin d’assurer leur bon fonctionnement », a-t-il déclaré, mettant en avant l'importance de l'accompagnement technique et de la formation continue pour garantir le succès de la transition numérique. Cet investissement dans les ressources humaines est jugé clé pour l'adoption et l'optimisation des nouvelles technologies.
Actuellement, environ 80 millions de francs burundais (BIF) sont collectés chaque mois dans la commune de Kayanza. Ce montant représente une performance significative pour les finances communales, offrant des perspectives pour le développement local. Cette régularité dans la collecte mensuelle témoigne de l'efficacité du système et de la mobilisation des contribuables.
Les chiffres récents illustrent cette tendance à la hausse. En novembre 2025, les taxes perçues ont atteint un total de 5 898 442 384 BIF. Ce montant reflète l'efficacité accrue du système digitalisé et la mobilisation des contribuables. Cette performance démontre la capacité du nouveau système à générer des recettes substantielles.
La dynamique positive s'est confirmée le mois suivant. En décembre 2025, les recettes fiscales ont encore augmenté, s'établissant à 7 223 733 985 BIF. Ces résultats démontrent une amélioration constante de la collecte des impôts et taxes au niveau communal. Cette croissance continue est un indicateur de la réussite des réformes entreprises et de l'acceptation progressive du système par la population.
Grâce à ces recettes en hausse, la commune de Kayanza a pu financer des projets d'infrastructure et de services essentiels. Parmi les réalisations notables, on compte l'approvisionnement en eau potable de dix zones, une initiative clé pour améliorer les conditions de vie des habitants. La commune a également poursuivi la construction du centre de santé de Maruri, un projet visant à renforcer l'accès aux soins médicaux. Plusieurs ponts de liaison ont été édifiés, facilitant la circulation et le développement économique local. Ces investissements sont un témoignage concret de l'impact positif de la digitalisation sur le développement communautaire.
Défis de la digitalisation
Des défis persistants demeurent, notamment un manque de sensibilisation des contribuables, des irrégularités dans la gestion des recettes et le coût élevé des machines électroniques destinées à la collecte des impôts. Ces difficultés compliquent l'adoption généralisée et l'efficacité du système digitalisé à travers le pays. Ces obstacles soulignent la nécessité d'actions ciblées pour optimiser le processus. Une communication plus efficace et des programmes de formation adaptés sont essentiels pour surmonter ces barrières.
La collecte des impôts dans la commune de Kayanza s'effectue désormais au moyen d'une machine électronique dénommée « E-Taxe ». Ce dispositif représente une avancée technologique pour moderniser le recouvrement fiscal local, bien que son déploiement ne soit pas sans susciter des interrogations. Son introduction vise à améliorer la transparence et la traçabilité des transactions, mais son accessibilité et son utilisation restent des points de vigilance. La familiarisation des usagers avec cette nouvelle technologie est un enjeu majeur.
Le coût des machines électroniques constitue un défi pour certains commerçants, avec un prix direct de 1 500 000 BIF. Cette dépense initiale peut représenter un fardeau financier significatif pour les petites entreprises et les commerçants indépendants, potentiellement freinant l'adoption de la digitalisation. Cette contrainte financière met en lumière une barrière à l'entrée pour les acteurs économiques locaux. Des mécanismes de soutien ou des facilités de paiement pourraient être envisagés pour alléger ce poids et encourager une adoption plus large.
Dans la commune de Ruyigi, certains commerçants ont vu leurs impôts passer de 100 BIF à 500 BIF. Cette augmentation notable des contributions fiscales pour certains acteurs économiques locaux soulève des questions sur l'équité du nouveau système et son impact sur leur activité. Cette évolution tarifaire, perçue comme significative, pourrait engendrer des résistances ou des difficultés d'adaptation. L'impact de ces changements sur les revenus des commerçants et sur le pouvoir d'achat des citoyens est un élément à surveiller. Ce bond dans les montants perçus pourrait être lié à une meilleure identification des bases imposables grâce aux outils numériques, mais il nécessite une communication claire et un accompagnement pour les contribuables concernés. La disparité entre les communes en termes d'application des nouveaux tarifs et de gestion de ces augmentations pourrait également être une source de préoccupations, affectant l'uniformité du système fiscal digitalisé. Cette situation met en évidence le besoin d'une harmonisation des pratiques et d'une explication transparente des barèmes fiscaux.
En avril 2026, la commune de Kirundo avait collecté 1 589 032 000 BIF. Ce chiffre illustre la capacité de certaines communes à générer des recettes significatives grâce aux efforts de collecte, potentiellement soutenus par des outils numériques. Il met en évidence le potentiel financier des impôts communaux et l'importance de leur gestion efficace pour le développement local. Cette performance, bien qu'inférieure aux objectifs fixés, reste un indicateur positif de l'amélioration générale du système de collecte.
Perspectives et solutions ministérielles
La conférence-débat sur la perception, la gestion et la transparence des impôts communaux, tenue le 26 mai 2026 à Kayanza, a été organisée par l'ONG La Benevolencija. Cette initiative a rassemblé des acteurs clés, incluant dix-huit médias partenaires, ainsi que les autorités administratives locales. Des représentants syndicaux et des membres du Conseil communal ont également participé à cette rencontre. L'objectif était de favoriser le dialogue autour des enjeux fiscaux communaux et de chercher des pistes d'amélioration pour la transparence et l'efficacité des recettes. La diversité des participants visait à aborder les problématiques sous différents angles et à engager une réflexion collective sur la modernisation de la collecte des impôts locaux. Cette approche multipartite est essentielle pour trouver des solutions durables et acceptées par tous.
Les efforts de digitalisation ont été suivis de près par les autorités nationales. Une mission de vérification menée par le ministère de l'Intérieur en novembre et décembre 2025 a ainsi permis de constater une augmentation significative des recettes communales. Cette observation a été réalisée dans le cadre de l'évaluation de l'impact des nouvelles méthodes de collecte des impôts et taxes au niveau local. Les conclusions de cette mission officielle ont renforcé l'idée que la modernisation des systèmes fiscaux contribue à une meilleure performance financière des communes. Les résultats ont également souligné le potentiel de ces réformes pour optimiser les ressources des collectivités locales. Le ministère de l'Intérieur a ainsi réaffirmé son engagement à soutenir la digitalisation des impôts communaux afin de garantir une gestion plus transparente et efficace des fonds publics.
Comparaison intercommunale
La situation fiscale dans les communes de Ruyigi et Kirundo est décrite comme étant presque identique à celle de Kayanza. Cette similitude suggère que les défis et les opportunités liés à la digitalisation des impôts sont partagés à travers plusieurs régions du pays. Les leçons tirées de l'expérience de Kayanza pourraient donc être appliquées dans d'autres communes pour optimiser leurs systèmes de collecte.
La commune de Kayanza avait prévu un budget maximal d'environ deux milliards de BIF, mais a atteint un taux de réalisation de 115%. Ce dépassement des prévisions budgétaires témoigne de l'efficacité de la gestion fiscale renouvelée et de l'impact positif de la digitalisation. Grâce à ces recettes, la commune de Kayanza a pu financer l'approvisionnement en eau potable de dix zones, poursuivre la construction du centre de santé de Maruri et édifier plusieurs ponts de liaison. Ces réalisations concrètes illustrent comment une meilleure collecte des impôts peut directement se traduire par des améliorations tangibles pour les citoyens.
Pour l'exercice budgétaire 2025-2026, la commune de Kirundo s'était fixé un objectif de recettes de 2 154 589 785 BIF. Bien que les données d'avril 2026 montrent que 1 589 032 000 BIF avaient été collectés, démontrant une performance solide, cet objectif ambitieux note les attentes élevées placées dans la digitalisation pour accroître les revenus communaux. La réalisation de cet objectif dépendra de la capacité de la commune à surmonter les défis techniques et de sensibilisation mentionnés précédemment.
La commune de Bururi, en revanche, a enregistré les montants de taxes les plus bas, avec 46 734 012 BIF collectés. Cette disparité significative par rapport à Kayanza et Kirundo met en lumière les inégalités régionales en matière de capacité de collecte fiscale. Les raisons de cette faible performance pourraient être multiples, allant d'une base imposable plus petite à des difficultés dans la mise en œuvre des systèmes de digitalisation. Cette situation suggère la nécessité d'une analyse plus approfondie et d'un soutien ciblé pour les communes moins performantes afin de les aider à moderniser leurs processus et à augmenter leurs recettes pour le développement local.