Effondrement des récoltes de haricots au Burundi : l'ombre de la pénurie d'engrais plane sur la sécurité alimentaire

Kiremba : la récolte de haricots s’effondre, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Les agriculteurs de la commune de Kiremba, située dans la province de Butanyerera au nord du Burundi, signalent une récolte de haricots considérablement réduite pour la saison agricole B 2026. Cette baisse de production, qualifiée de « faible » et de « décevante » par la majorité des producteurs, inquiète profondément les communautés locales, dont la subsistance dépend en grande partie de cette denrée essentielle. Les producteurs locaux attribuent principalement cette chute drastique des rendements à un manque clé d'engrais. Ils mettent directement en cause la disponibilité des produits de la société FOMI (Fertilisants Organo-Minéraux Industriels), essentiels pour la fertilité de leurs sols et la productivité de leurs cultures.

Une production en berne et des causes identifiées

La baisse de production de haricots est particulièrement alarmante pour les agriculteurs de Kiremba. Ces difficultés ont commencé à se manifester après deux saisons consécutives marquées par une distribution insuffisante d'intrants agricoles. Cette carence prolongée a eu un impact direct et cumulatif sur la santé des sols et la vigueur des plantes, menant aux rendements actuels. Nikwigize, un agriculteur de la commune de Kiremba, témoigne de cette situation préoccupante. Il rapporte qu'il récolte habituellement environ 300 kilogrammes de haricots par saison. Cependant, cette année, il n'a obtenu que 150 kilogrammes, soit une réduction de moitié, illustrant la chute drastique des rendements à laquelle sont confrontés de nombreux agriculteurs. Cette situation rend les agriculteurs extrêmement vulnérables et compromet sérieusement la sécurité alimentaire locale. La diminution des récoltes affecte directement les revenus des familles qui dépendent majoritairement de l'agriculture pour leur survie, menaçant leur capacité à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Un impact direct et sévère sur les prix du marché

La raréfaction des haricots sur les marchés locaux a des conséquences immédiates et douloureuses pour les consommateurs. Actuellement, le prix d'un kilogramme de haricots s'élève à 2 500 francs burundais sur les marchés locaux de Kiremba et des environs. Ce tarif représente une augmentation notable et difficilement supportable par rapport aux périodes de récolte antérieures. Auparavant, des variétés populaires de haricots, telles que le Kinure, se vendaient aux alentours de 1 800 francs le kilogramme durant les récoltes, lorsque l'offre était plus abondante. La réduction des rendements, notamment celle observée dans la commune de Kiremba et dans d'autres régions agricoles, contribue directement à cette pression à la hausse sur les prix des denrées de base. Cette flambée des prix affecte directement le pouvoir d'achat des ménages burundais, déjà confrontés à des difficultés économiques persistantes, et exacerbe les défis liés à la sécurité alimentaire. La disponibilité limitée des récoltes actuelles et passées anticipe une persistance de ces prix élevés, rendant l'accès à cette source essentielle de protéines de plus en plus difficile pour une grande partie de la population.

Un appel urgent aux autorités

Face à cette détérioration rapide de leurs conditions de vie et à la perspective d'une augmentation continue des prix des denrées alimentaires, les agriculteurs lancent un appel pressant aux autorités. Les producteurs demandent au gouvernement et à ses partenaires du secteur agricole de prendre des mesures concrètes et rapides pour garantir la disponibilité des engrais en temps voulu, avant le début des prochaines saisons de croissance. Ils soulignent l'urgence d'une intervention pour éviter une nouvelle crise alimentaire et assurer la pérennité de l'agriculture locale. Sans un accès fiable et abordable aux intrants essentiels comme les engrais, la capacité des agriculteurs à produire suffisamment pour nourrir leurs familles et leurs communautés est gravement compromise, menaçant l'équilibre socio-économique de la région.