Les exonérations fiscales consenties dans les budgets des exercices 2024-2025 ont significativement contribué à l'aggravation du déficit budgétaire du Burundi, selon des informations récentes. Cette situation met en lumière les défis financiers auxquels le pays est confronté, alors que les mesures d'allégement fiscal impactent directement les recettes de l'État. Le phénomène a des répercussions sur la capacité du Burundi à financer ses dépenses publiques et à maintenir l'équilibre de ses comptes, menaçant la stabilité macroéconomique si des ajustements ne sont pas rapidement opérés.
L'ampleur des avantages fiscaux
Les avantages fiscaux, initialement projetés à 110 milliards de francs burundais, ont finalement atteint 225 milliards de FBu, selon des informations récentes. Cette augmentation de plus du double par rapport aux prévisions initiales note une gestion laxiste des concessions fiscales. Le projet de construction du chemin de fer Musongati–Uvinza a bénéficié de la part la plus importante de ces exonérations, s'élevant à 72 milliards de FBu à lui seul, ce qui représente une part considérable du total des allégements accordés. Le secteur des investissements a suivi avec un montant significatif de 52 milliards de FBu en allègements fiscaux, visant à stimuler l'économie mais pesant lourdement sur les recettes. Les organisations non gouvernementales ont collectivement reçu des exonérations d'environ 8 milliards de FBu, un montant non négligeable. Ces chiffres révèlent l'étendue des concessions fiscales accordées par l'État burundais et leur impact cumulatif sur le budget national.
Les dérives suspectées
Un cadre travaillant sur un projet financé par des partenaires de l’État a fait état de pratiques irrégulières. S'exprimant sous couvert d'anonymat, cette source a affirmé que certains responsables exigeraient des contributions financières de la part de projets bénéficiant d'exonérations fiscales. Ces fonds seraient demandés pour l'organisation de diverses activités administratives et cérémonielles, créant une charge financière supplémentaire non prévue pour des entités pourtant exemptées. Cette allégation suggère une possible exploitation des mécanismes d'exonération à des fins non officielles, soulevant des interrogations sur la transparence et la bonne gestion des fonds publics et parapublics au Burundi. La déclaration indique que ces requêtes émaneraient de figures d'autorité, ciblant spécifiquement des entités déjà exemptées de certaines charges fiscales, ce qui aggrave la perception d'une mauvaise utilisation des prérogatives étatiques.
Un problème à résoudre
Le ministre des Finances et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, a présenté ces informations devant les députés à l’Assemblée nationale. Les révélations de M. Ndikumana portent sur l'impact des exonérations fiscales sur le budget national, soulignant la nécessité d'une révision urgente de ces pratiques. Elles soulignent l'urgence de trouver des solutions pour maîtriser ces dépenses. Parmi les exonérations accordées, celles destinées au gouvernement sont évaluées à 12 milliards de FBu par an. Ce montant s'ajoute aux allégements fiscaux déjà importants consentis à d'autres secteurs, contribuant ainsi au déficit budgétaire du pays et compliquant les efforts de consolidation fiscale. La présentation du ministre devant les parlementaires vise à sensibiliser les décideurs à la gravité de la situation et à inciter à la mise en place de mesures correctives.
Appel à l'action ministérielle
Ces pratiques s'apparenteraient, selon les observations, à une forme de mauvaise gestion ou de corruption indirecte, accentuant les préoccupations autour de l'utilisation des fonds publics. Le secteur intra-agricole a bénéficié de la part la plus importante des exonérations récemment examinées, s'élevant à 53 milliards de FBu sur un total de 253 milliards de francs burundais, ce qui témoigne de l'importance des allègements dans ce secteur clé pour l'économie burundaise. Le secteur des médicaments a également reçu des allègements fiscaux considérables, à hauteur de 14 milliards de FBu, dans le but probable de faciliter l'accès aux soins de santé, mais contribuant néanmoins à la réduction des recettes fiscales. Ces chiffres mettent en évidence la nécessité d'une surveillance accrue et de réformes potentielles pour assurer la transparence et l'efficacité de ces mesures fiscales, afin que les exonérations profitent réellement au développement économique et social sans compromettre la santé financière de l'État. Une gestion plus rigoureuse et une évaluation périodique de l'impact de ces allégements sont désormais jugées indispensables.