Gitega : La construction d'un pont prive des milliers d'habitants d'eau potable

Le conduit principal de l’eau sectionné sur le chantier du pont.
Photo via Iwacu-burundi

Depuis avril 2026, les habitants de la colline de Rukoba, située dans la commune de Gitega, sont confrontés à une absence totale d'eau courante. Les robinets de leurs foyers sont à sec, affectant directement des milliers de personnes dans cette localité de la région Centre. Cette situation préoccupante est directement liée à des travaux d'infrastructure majeurs en cours dans la zone. La construction d'un pont, actuellement en réalisation, est présentée comme une nécessité impérieuse pour le développement de la région, visant à relier le quartier Yoba à la colline Rukoba. Cependant, ce projet, bien que prometteur à long terme, a des conséquences immédiates et dramatiques sur l'accès à l'eau potable pour la population locale, ayant entraîné la coupure de la principale conduite de la Regideso.

Impact sur les établissements scolaires

L'ETS Kwibuka, l'un des deux pensionnats situés sur la colline de Rukoba, est directement et durement touché par cette pénurie d'eau persistante. Pour pallier ce manque clé, l'établissement est contraint d'organiser l'achat d'eau quotidiennement. Cette nécessité représente une charge financière importante et imprévue pour l'école, impactant significativement son budget de fonctionnement.

D'après les informations disponibles, l'ETS Kwibuka dépense quotidiennement entre 50 000 et 100 000 FBu afin d'acquérir au moins 50 bidons d'eau. Cette dépense quotidienne est absolument indispensable pour assurer les besoins fondamentaux en eau des élèves et du personnel au sein du pensionnat, couvrant la boisson, la cuisine et l'hygiène minimale. Les responsables de l'école expriment leur inquiétude face à cette situation qui pèse lourdement sur la gestion de l'établissement.

Situation du centre de santé

La pénurie d'eau engendre une dégradation visible et alarmante de l'hygiène au sein de la communauté, entraînant le retour préoccupant de maladies cutanées et une augmentation des cas de diarrhées, particulièrement parmi les jeunes. Le Centre de santé Mariya Mwiza, unique structure sanitaire de la colline de Rukoba, se trouve ainsi confronté à une augmentation significative des cas liés à ces problèmes de santé hydriques. Cette situation met en lumière les conséquences directes et graves du manque d'accès à l'eau potable sur la santé publique, rendant la population locale, et notamment les enfants, particulièrement vulnérable. Le personnel soignant fait face à des défis accrus pour maintenir des conditions d'hygiène adéquates dans l'établissement lui-même.

Difficultés des ménages

La pénurie d'eau impacte directement et profondément le quotidien des ménages sur la colline de Rukoba, à Gitega. Les habitants doivent désormais parcourir de longues distances, souvent plusieurs kilomètres, pour s'approvisionner en eau, une tâche pénible et chronophage qui est fréquemment confiée aux enfants. Ces derniers manquent dès lors l'école de manière régulière, ce qui perturbe gravement leur scolarité et compromet leur éducation. Les familles sont également contraintes de consacrer une part significative de leur budget, déjà souvent limité, à l'achat d'eau auprès de la Regideso ou de revendeurs privés. Les prix ont flambé de manière spectaculaire : un bidon de 20 litres, auparavant vendu 50 FBu, coûte désormais entre 200 et 300 FBu. Cette hausse représente une charge financière considérable et insoutenable pour de nombreux foyers, les plongeant davantage dans la précarité.

Contexte et perspectives

La cause principale de cette pénurie d'eau est la construction du pont qui doit relier le quartier Yoba à la colline Rukoba. Ces travaux d'ingénierie civile ont entraîné la coupure de la principale conduite de la Regideso, privant ainsi de nombreux foyers d'accès à l'eau courante. Les habitants de la colline Rukoba sont directement affectés par cette interruption de service, en raison de la destruction de l'infrastructure d'approvisionnement essentielle. Les travaux d'aménagement pour ce pont sont encore loin d'être achevés, ce qui prolonge l'incertitude quant au rétablissement de l'accès à l'eau. Cette situation indique que la perturbation de l'accès à l'eau potable pourrait persister sur une période prolongée pour les résidents de la zone, sans solution alternative rapide ou compensatoire mise en place. Les autorités locales sont interpellées pour trouver des solutions urgentes et durables face à cette crise humanitaire.