Camp de réfugiés en Ouganda : la réticence face à une campagne d'enregistrement des naissances

Une réfugiée cultive un petit champ de légumes près de sa maison au camp de Nakivale, en Ouganda, portant un enfant sur le dos tandis que sa fille l’observe. Dans ce vaste camp, une campagne d’enregistrement des naissances est en cours afin de délivrer des certificats aux enfants de moins de cinq ans, une initiative visant à améliorer leur accès aux services de base, mais qui suscite encore des doutes dans certaines familles réfugiées.
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Voici l'article étendu, conformément à vos instructions :

Au camp de réfugiés de Nakivale, situé dans le sud-ouest de l'Ouganda, une campagne d'enregistrement des enfants de moins de cinq ans se heurte à une forte réticence de la part de plusieurs familles. Ce sentiment est partagé par des familles issues de diverses communautés présentes dans le camp, incluant des réfugiés somaliens, éthiopiens, soudanais et congolais, qui expriment des préoccupations quant aux implications de cette démarche.

Campagne d'enregistrement des naissances

Depuis deux semaines, la National Identification and Registration Authority (NIRA), avec le soutien du Norwegian Refugee Council (NRC), mène une opération visant à délivrer des certificats de naissance aux enfants réfugiés nés en Ouganda. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large pour garantir l'enregistrement des naissances au sein des communautés déplacées, et son objectif principal est de faciliter l'accès de ces enfants aux services essentiels.

Face à une participation inférieure aux attentes, les équipes de la NIRA et du NRC ont été contraintes de prolonger la campagne au-delà de sa date limite initiale. Cette extension vise à intensifier les efforts de sensibilisation auprès des habitants du camp et à encourager un plus grand nombre de familles à enregistrer leurs enfants, afin de s'assurer que tous les enfants éligibles puissent bénéficier de cette opportunité.

Craintes de naturalisation et de séparation

Plusieurs réfugiés refusent d'enregistrer leurs enfants, exprimant la crainte que ce processus ne mène automatiquement à une naturalisation ougandaise. Cette réticence est observée alors que le camp de Nakivale accueille plus de 150 000 réfugiés, issus de plus d'une douzaine de nationalités différentes, dont une importante communauté burundaise. La perception selon laquelle l'enregistrement pourrait affecter leur statut de réfugié ou leur nationalité d'origine contribue à la faible participation. Les familles craignent également que l'enregistrement ne les sépare de leurs enfants à l'avenir ou ne complique leur retour éventuel dans leur pays d'origine, des préoccupations qui pèsent lourdement sur leur décision.

Témoignages des réfugiés

Plus d'un tiers des enfants du camp de Nakivale seraient nés en Ouganda, selon les informations disponibles. Cependant, beaucoup d'entre eux ne possèdent toujours pas de documents officiels. Cette absence de papiers complique leur accès aux services publics essentiels, tels que l'éducation et la santé, et limite également leur protection juridique. Cette situation soulève des préoccupations quant à l'avenir de ces enfants et à leur capacité à faire valoir leurs droits fondamentaux au sein du camp et au-delà, car sans identité légale, ils sont plus vulnérables et leurs opportunités sont réduites.

Enjeux et implications futures

L'objectif de cette campagne est de faciliter l'accès de ces enfants aux services essentiels, particulièrement en matière de santé et d'éducation. L'enregistrement vise à leur garantir une identité légale, indispensable pour leur intégration et la protection de leurs droits fondamentaux, leur offrant ainsi une base solide pour leur avenir.

Les enfants non enregistrés risquent de devoir payer environ 50 000 shillings ougandais pour un certificat de naissance à l'avenir. Ce coût s'applique également aux citoyens ougandais et représente une somme considérable pour de nombreuses familles réfugiées, susceptible de créer une barrière supplémentaire à l'obtention de documents officiels. Cette dépense pourrait dissuader les familles les plus démunies de régulariser la situation de leurs enfants, perpétuant ainsi leur statut d'apatride de facto et les difficultés associées. La campagne actuelle offre donc une opportunité clé d'obtenir ces documents gratuitement, soulignant l'urgence de la participation.