Un incendie a ravagé le marché de Ngozi, capitale de la province de Butanyerera, dans la soirée du jeudi 9 juillet. Ce sinistre a entraîné le décès d'un commerçant, victime d'une crise cardiaque suite à la catastrophe, selon les rapports locaux. L'ampleur des dégâts a été considérable, les commerçants ayant rapporté qu'environ 80 % de leurs marchandises avaient été détruites par l'incendie. Cet événement marque la troisième fois que le marché de Ngozi est la proie des flammes au cours des dernières années, soulignant la récurrence de tels incidents dans la région et l'urgence d'une réponse institutionnelle.
Vague d'incendies dans les marchés
Le marché de Ngozi avait déjà subi un incendie similaire en mai 2021. Cette répétition des sinistres met en lumière la vulnérabilité de ces infrastructures commerciales essentielles pour l'économie locale. D'autres incidents récents illustrent cette série de sinistres qui frappe les marchés burundais. Le marché à planches de Jabe, situé dans la commune de Mukaza, province de Bujumbura, a été détruit par un incendie dans la nuit du 21 au 22 juin 2026. Ce sinistre a privé de nombreux commerçants de leur outil de travail et de leurs revenus. Auparavant, le marché de Kinama, également à Bujumbura, avait pris feu en avril 2026, causant d'importantes pertes matérielles. L'incendie du marché de Cibitoke s'est produit dans la nuit du 29 mai 2026, ajoutant à la liste déjà longue des marchés touchés par ce fléau. Un site commercial de planches près du marché « chez Sion » à Bujumbura a également été la proie des flammes le 26 janvier 2026, démontrant la fréquence alarmante de ces événements. Ces événements s'inscrivent dans un contexte où le marché central de Bujumbura, structure emblématique de la capitale économique, détruit par un incendie le 27 janvier 2013, n'a toujours pas été réhabilité à ce jour, laissant un vide persistant dans le paysage commercial de la ville.
Réponse des autorités et critiques
Le camion de pompiers qui aurait pu intervenir rapidement sur l'incendie de Ngozi se trouvait à Gitega, à plus de 80 kilomètres de là, selon des informations rapportées. Cette absence d'équipement essentiel au moment des faits a soulevé de sérieuses interrogations quant à la capacité de réponse immédiate des services de secours dans les différentes provinces du pays. La distance et le temps nécessaires pour mobiliser des ressources adéquates ont clairement entravé les efforts pour contenir le sinistre à Ngozi.
Face à cette situation préoccupante, l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a réclamé une prise de responsabilité institutionnelle forte et la mise en œuvre de mesures appropriées pour faire face à cette série d'incendies. L'OLUCOME a par ailleurs exprimé son questionnement face à l'absence d'enquêtes indépendantes dont le rôle serait d'établir les faits précis et d'identifier les causes récurrentes de ces sinistres touchant les marchés. L'organisation insiste sur la nécessité d'une transparence accrue pour comprendre l'origine de ces événements et prévenir de futures catastrophes, soulignant que des investigations approfondies sont indispensables pour briser ce cycle destructeur.
Le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a quant à lui manifesté sa compassion envers les victimes de l'incendie de Ngozi. Il a exhorté les commerçants affectés à ne pas céder au désespoir, les encourageant à maintenir leur résilience face à ces épreuves et à envisager l'avenir avec espoir malgré les pertes subies. Ce message de soutien vise à réconforter la population et à encourager la solidarité nationale.
Appel à la responsabilité institutionnelle
Les commerçants ont rapporté qu'environ 80 % de leurs marchandises avaient été détruites par l'incendie, une perte financière dévastatrice pour leurs familles et leurs activités. L'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a affirmé que le gouvernement avait le devoir constitutionnel de protéger les biens des citoyens, y compris les marchandises des marchés. Cela inclut le devoir de veiller à ce que les infrastructures de marché soient sécurisées et que des mesures préventives adéquates soient en place pour éviter de telles catastrophes. L'OLUCOME a souligné que la protection des biens des citoyens est une obligation fondamentale de l'État et que des défaillances dans ce domaine sont inacceptables. L'organisation a également insisté sur l'importance de la mise en place de plans d'urgence efficaces pour minimiser les dégâts en cas de sinistre.
Le gouverneur provincial de Butanyerera, Victor Segasago, a promis d'approcher le gouvernement et divers bienfaiteurs afin d'obtenir de l'aide pour les victimes de l'incendie. Cette démarche vise à apporter un soutien aux commerçants touchés et à faciliter leur reprise d'activité après les pertes subies, reconnaissant ainsi l'impact économique et social de la catastrophe. L'OLUCOME maintient sa position sur la responsabilité des institutions dans la prévention et la gestion de ces sinistres, appelant à une action concrète et durable pour garantir la sécurité des marchés et la protection des biens des citoyens burundais.