Le journaliste Kenny Claude Nduwimana a été violemment agressé le dimanche soir 13 septembre 2026 à Bujumbura, selon des informations convergentes. Trois jeunes hommes sont impliqués dans cette attaque, marquant un incident préoccupant qui a laissé le reporter blessé. Cet incident survient dans un contexte tendu pour le reporter de Jayce TV, qui a récemment dénoncé ce qu'il qualifie de « manipulation judiciaire ». L'agression a eu lieu alors que M. Nduwimana se trouvait dans la capitale burundaise, spécifiquement dans la zone de Buterere, et les circonstances exactes de l'attaque, ainsi que les motivations des agresseurs, restent à clarifier par les autorités compétentes. La violence de l'agression et le profil de la victime, un journaliste connu pour ses démêlés avec la justice, suscitent de nombreuses interrogations quant à la sécurité des professionnels des médias au Burundi.
Détails de l'agression
L'agression s'est déroulée à proximité du domicile de Kenny Claude Nduwimana, situé dans la zone de Buterere, un quartier situé au nord de Bujumbura. Les faits se sont produits le dimanche soir 13 septembre 2026, plongeant le journaliste dans une situation de danger immédiat. Le journaliste a été blessé au-dessus de l'œil gauche, ayant reçu un coup violent porté à la tête à l'aide d'une planche, selon les informations disponibles. Ce coup a provoqué une blessure visible et a nécessité une intervention médicale. Après l'attaque, les agresseurs, identifiés comme trois jeunes hommes, sont restés dans les environs immédiats du lieu de l'incident, ce qui a pu être interprété comme une tentative d'intimidation ou une démonstration de force. M. Nduwimana a ensuite été conduit dans un établissement de santé de Bujumbura pour y recevoir des soins médicaux appropriés à la gravité de sa blessure. Le reporter de Jayce TV avait précédemment dénoncé une « manipulation judiciaire », des propos qui avaient précédé cet incident et qui pourraient être liés aux motivations derrière cette agression. L'endroit précis de l'agression, si proche de son domicile, soulève des inquiétudes quant à la sécurité personnelle du journaliste et de sa famille.
Antécédents judiciaires du journaliste
Kenny Claude Nduwimana, journaliste pour Jayce TV, a connu plusieurs démêlés avec la justice avant l'agression dont il a été victime, ce qui confère à cet incident un contexte particulier. En 2021, il a été arrêté à de multiples reprises, marquant le début d'une période de pressions judiciaires intenses. Ces arrestations répétées ont mis en lumière les difficultés rencontrées par le journaliste dans l'exercice de sa profession. Une de ces arrestations a eu lieu le 3 octobre 2023, lorsqu'il a été interpellé à son domicile, également situé dans le quartier de Buterere, une zone qui semble être le théâtre récurrent des événements le concernant.
Les procédures judiciaires se sont poursuivies, et en mai 2024, M. Nduwimana a comparu devant le Tribunal de Grande Instance de Mukaza. Cette comparution était une étape clé dans son parcours judiciaire. Le 26 août 2024, il a été condamné à une peine de huit mois de prison. Cette condamnation faisait suite à une période particulièrement longue et difficile durant laquelle il avait déjà passé dix mois en détention préventive. La durée de sa détention préventive, excédant sa peine finale, a soulevé des questions sur la proportionnalité des mesures prises à son encontre.
En mai 2025, la Cour d'Appel de Bujumbura a rouvert son dossier, relançant ainsi les procédures judiciaires le concernant et offrant une lueur d'espoir pour une révision de son cas. En octobre 2025, le journaliste a été transféré de la prison de Mpimba, où il était initialement détenu, vers le centre de détention du Service National de Renseignement (SNR). Ce transfert vers une installation du renseignement a été perçu comme un signe de la nature sensible de son dossier. Kenny Claude Nduwimana a finalement recouvré la liberté le 4 mars 2026. Sa libération est intervenue après une demande de grâce présidentielle, une intervention qui a mis fin à une longue période de privation de liberté. Le journaliste a qualifié ces procédures de "manipulation judiciaire", une accusation grave qui met en cause l'impartialité du système judiciaire dans son cas. Le fait que l'agression survienne six mois seulement après sa libération renforce l'idée d'un lien potentiel entre ses démêlés judiciaires et les menaces à sa sécurité.
Inaction policière et harcèlement familial
L'agression de Kenny Claude Nduwimana est survenue six mois après sa libération de prison, un délai qui interroge sur la persistance des menaces à son encontre. Après l'incident, le chef de la police locale de Buterere a été alerté de la situation. Cette alerte rapide aurait dû, en principe, déclencher une intervention immédiate des forces de l'ordre. Cependant, malgré cette alerte, aucun agent n'a été dépêché sur les lieux de l'agression pour appréhender les assaillants, qui, selon les témoignages, étaient restés à proximité.
Selon des sources proches du dossier, le chef de la police aurait promis une intervention rapide pour gérer la situation et interpeller les agresseurs, avant d'éteindre son téléphone, rendant toute communication et toute action ultérieure impossible de sa part. Ce manque de réaction et cette apparente indifférence ont soulevé de vives interrogations quant à la diligence des forces de l'ordre dans la gestion de cette affaire, et plus largement, sur la protection des citoyens, et en particulier des journalistes, au Burundi. L'inaction policière dans un cas d'agression physique aussi flagrant est un sujet de préoccupation majeur.
La famille de Kenny Claude Nduwimana a affirmé avoir été victime de harcèlement pendant plusieurs jours avant l'agression du journaliste. Ces allégations de harcèlement suggèrent un contexte de pressions et d'intimidations ayant précédé l'attaque physique contre M. Nduwimana. Le harcèlement ciblant la famille pourrait indiquer une tentative de faire pression sur le journaliste ou de le réduire au silence. Ce harcèlement familial, combiné à l'agression et à l'inaction policière, dépeint un tableau alarmant de la situation de Kenny Claude Nduwimana et de son entourage, renforçant les craintes quant à la sécurité des voix critiques dans le pays. La répétition des incidents, de l'arrestation à l'agression en passant par le harcèlement, dessine un schéma inquiétant.