La Journée internationale du Travail a été célébrée le 1er mai dans la province de Buhumuza, au Burundi, où les travailleurs ont été invités à multiplier les initiatives entrepreneuriales, à promouvoir l'innovation et à œuvrer avec détermination pour bâtir une économie forte. Parallèlement, en Argentine, des travailleurs ont manifesté jeudi pour protester contre la récente réforme des protections du travail par le président Javier Milei. À Cuba, le ministère des Affaires étrangères a tenu un rassemblement jeudi, dénonçant les « agressions, menaces, blocus intensifié et siège énergétique » des États-Unis. Une marche et un rassemblement de masse étaient attendus vendredi à La Havane pour marquer cette journée.
Célébrations locales et appels
La célébration de la Journée internationale du Travail dans la province de Buhumuza, au Burundi, a constitué, selon Daniel Gélase Ndabirabe, Président de l'Assemblée nationale, une « occasion privilégiée pour interpeller les employeurs qui ne respectent pas les droits des travailleurs, mais aussi pour rappeler aux employés leurs responsabilités professionnelles ». Le Président Ndabirabe a insisté sur l’importance de la solidarité et du dialogue social en milieu de travail, « soulignant que ces valeurs favorisent la résolution des conflits et contribuent à l’accroissement de la production ». Il a estimé que ces avancées ne seront effectives « que si tous les travailleurs redoublent d’efforts pour accroître la production et conduire le pays vers un développement durable ». Daniel Gélase Ndabirabe a également exhorté les Burundais à multiplier les initiatives entrepreneuriales, à promouvoir l’innovation et à travailler avec détermination afin de bâtir une économie forte. Il a enfin appelé les travailleurs à produire davantage, tant pour l’exportation que pour subvenir aux besoins des ménages, « mais dans le strict respect des lois ». La célébration a inclus un long défilé de travailleurs de différents secteurs et de membres de coopératives, en présence de Daniel Gélase Ndabirabe et de son épouse. Les festivités se sont conclues par la remise de certificats aux travailleurs les plus méritants de la province de Buhumuza.
La Confédération européenne des syndicats représente 93 organisations syndicales dans 41 pays européens, et des centaines de manifestations et de marches ont été prévues à travers les États-Unis. Deux sites ont été alloués pour les célébrations du côté asiatique d'Istanbul.
Préoccupations syndicales locales
Le gouvernement a affirmé œuvrer à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs. Un représentant syndical a soulevé des préoccupations significatives, citant le coût de la vie élevé, la nécessité de renforcer le dialogue social, la mise en œuvre effective et la valorisation des retraités, la liberté syndicale, et la ratification des conventions internationales du travail. Parallèlement, la Fédération générale palestinienne des syndicats a rapporté qu'environ 550 000 travailleurs à Gaza et en Cisjordanie sont sans revenu. La Confédération syndicale internationale a, de son côté, indiqué qu'au moins quatre PDG de grandes entreprises ont chacun empoché plus de 100 millions de dollars en salaires et primes l'année dernière. Le 1er mai marque la Journée internationale des travailleurs, également connue sous le nom de Fête du Travail, dont les origines remontent aux États-Unis, lorsque les travailleurs protestèrent pour une journée de travail de huit heures dans les années 1880. En Allemagne, les syndicats ont organisé plusieurs centaines de rassemblements du 1er mai à travers le pays.
Échos mondiaux de la Journée
À Istanbul, en Turquie, les routes autour de la place Taksim ont été fermées pour faciliter les marches, avant que des manifestants n'affrontent la police, qui aurait utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau pour les disperser. Les autorités ont également fermé certaines stations de métro et des axes routiers majeurs. Des rassemblements du 1er mai sur la place Taksim sont interdits depuis 2012. Plus de 500 arrestations ont été effectuées en Turquie. Des travailleurs se sont rassemblés dans des villes du monde entier pour marquer la Journée internationale du Travail, avec des manifestations organisées en Amérique du Sud, notamment au Chili, en Bolivie et au Venezuela. En France, les syndicats ont appelé à des protestations à Paris et dans d'autres villes sous le slogan « pain, paix et liberté ». À Gaza, les travailleurs palestiniens ont annulé les événements du 1er mai en raison de la crise économique causée par le conflit et des conditions difficiles sur le terrain. En Allemagne, des travailleurs sont descendus dans les rues à Berlin et dans d'autres villes du pays, les syndicats s'opposant aux coupes prévues par le gouvernement dans les soins de santé et les prestations de sécurité sociale, avec le slogan « Nos emplois d'abord, vos profits ensuite ». Le 1er mai est un jour férié dans de nombreux pays, y compris l'Allemagne, mais pas aux États-Unis.
Enjeux économiques et sociaux globaux
Des coalitions pour les droits des travailleurs réclament des mesures urgentes pour freiner l'accumulation de richesses extrêmes, tandis que des syndicats appellent à la solidarité et à la protection des droits des travailleurs. Des craintes d'une récession mondiale planent sur les rassemblements de la Fête du Travail, alors que l'inégalité des revenus s'accroît. La guerre en Iran et la hausse des coûts de l'énergie suscitent des inquiétudes pour l'économie mondiale, entraînant une diminution du pouvoir d'achat pour les populations les plus vulnérables et les classes ouvrières. En Allemagne, les syndicats militent pour le maintien de la journée de travail de huit heures, des retraites sécurisées et l'instauration de taxes plus élevées sur les riches. Le plus grand groupe syndical d'Argentine, la Confédération Générale du Travail (CGT), a défilé vers le siège du gouvernement pour défendre un « emploi décent » face aux changements du code du travail initiés par le président Javier Milei. Ce code, en vigueur depuis 1974, garantissait d'importantes protections et droits pour les travailleurs argentins, mais augmentait également les coûts pour les entreprises. Aux États-Unis, le collectif May Day Strong a appelé à des manifestations sous le slogan « les travailleurs avant les milliardaires ». Dans le même temps, des syndicats locaux, dont la Progressive Lawyers Association (CHD), ont rapporté que plusieurs manifestants avaient subi des blessures lors de leur arrestation.