La CNIDH plaide pour le désengorgement des prisons burundaises

La CNIDH a tenu un atelier d'échange sur son rapport annuel couvrant la période de janvier 2025 à juin 2026, le 14 octobre 2026 au Eden Garden Resort. Mgr Martin Blaise Nyaboho, président de la CNIDH, a déclaré : « C’est donc pour nous aujourd’hui une occasion et un plaisir de vous le partager dans l’objectif de recueillir vos observations, vos critiques constructives et vos propositions de nature à améliorer non seulement la forme et la substance des rapports de la CNIDH mais aussi l’accomplissement de sa triple mission, à savoir la protection et la défense des droits de l’Homme, la promotion des droits de l’Homme et le rôle consultatif auprès des institutions étatiques ». Il a ajouté : « La CNIDH vous réitère son ouverture à tout apport ».

Une démographie en forte croissance

La démographie du Burundi a connu une évolution significative au cours des dernières décennies. La population nationale est passée d'un seuil de plus de 3 millions à environ 13 millions d'habitants. Cette croissance démographique rapide exerce une pression constante sur les infrastructures publiques, incluant les établissements pénitentiaires du pays.

Face à cette saturation des capacités d'accueil, la CNIDH a formulé une requête formelle auprès du ministère de la Justice. L'institution demande aux autorités judiciaires d'accélérer le processus de libération des personnes acquittées par les tribunaux. Cette mesure concerne également les détenus ayant purgé l'intégralité de leurs peines, dont le maintien en détention contribue à l'encombrement des prisons burundaises. La CNIDH estime que la régularisation de ces dossiers administratifs constitue un levier immédiat pour réduire la densité carcérale.

Le suivi de ces recommandations s'inscrit dans un calendrier d'actions à long terme pour l'organisation. La CNIDH prévoit de maintenir un dialogue constant avec les instances gouvernementales afin de résoudre durablement le problème de la surpopulation carcérale. Mgr Martin Blaise Nyaboho, président de la CNIDH, a précisé les intentions de l'institution à cet égard : "Nous allons poursuivre notre plaidoyer, car nous sommes là pour défendre, promouvoir et protéger les droits de l’Homme au Burundi". Cette démarche vise à aligner les conditions de détention sur les normes relatives aux droits fondamentaux, tout en tenant compte de l'évolution du contexte social et démographique du pays.