Le parlement du Burundi a voté samedi l'augmentation de 30% des dépenses gouvernementales pour la prochaine année fiscale. Cette décision a été prise lors d'un vote tôt le samedi matin, marquant une hausse significative du budget de l'État. Les dépenses prévues passeront ainsi de 5 400 milliards de francs pour l'année fiscale en cours, reflétant une augmentation substantielle des ambitions financières du pays. Le vote du parlement a eu lieu tôt le samedi matin, officialisant cette révision à la hausse.
Détails du budget adopté
Le parlement a adopté un budget de 7 020 milliards de francs burundais (2,36 milliards de dollars) pour les douze mois débutant en juillet. Cette somme représente les dépenses prévues pour la prochaine année fiscale, et elle marque une progression par rapport aux 5 400 milliards de francs alloués pour l'année fiscale en cours. Auparavant, le ministre des Finances, Alain Ndikumana, avait proposé un niveau de dépenses de 6 700 milliards de francs burundais. Le ministre avait présenté cette proposition lors de son discours budgétaire prononcé le vendredi précédent. Le vote du parlement samedi matin a donc non seulement approuvé une augmentation des dépenses par rapport à l'année précédente, mais a également choisi d'accroître le chiffre proposé initialement par le ministre des Finances.
Moteurs de la croissance économique
L'augmentation des dépenses budgétaires est rendue possible par les revenus générés par le secteur minier et la diversification des exportations du pays. Le Burundi tire notamment des revenus de la production d'or, d'étain, de tantale et de tungstène. Ces ressources minérales constituent une part importante des exportations du pays, contribuant de manière significative aux recettes de l'État. La monnaie locale, le franc burundais, est cotée à 2 969,1300 francs pour un dollar américain, un taux de change qui influence la valeur des exportations et des importations. La stratégie de diversification des exportations vise à réduire la dépendance à l'égard de quelques produits de base et à renforcer la résilience économique du Burundi face aux fluctuations des marchés mondiaux.
Mesures de soutien à l'économie
Une croissance plus rapide sera tirée par l'intensification de la production agricole irriguée et une augmentation progressive de la production minière, a déclaré le ministre des Finances, Alain Ndikumana. Il a précisé que le gouvernement misait sur "l'intensification de la production agricole irriguée, … (et) une augmentation progressive de la production minière" pour stimuler l'économie. Ces deux secteurs sont identifiés comme des piliers essentiels pour atteindre les objectifs de croissance. Le Burundi fait face à des pénuries de carburant aggravées par la guerre en Iran, une situation qui pèse sur l'économie nationale et le pouvoir d'achat des citoyens. Pour alléger la situation économique et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, le gouvernement a annoncé qu'il supprimerait les taxes d'importation sur les véhicules électriques et hybrides. Cette mesure vise à encourager l'adoption de moyens de transport plus économes en carburant et à réduire la dépendance aux importations de pétrole, tout en promouvant des solutions de mobilité plus durables.
Perspectives et objectifs
La croissance économique du Burundi devrait atteindre 5,5%, selon les prévisions officielles, contre 4,7% enregistrés pour l'année en cours. Cette projection s'inscrit dans les objectifs du gouvernement d'améliorer la performance économique du pays. L'intensification de la production agricole irriguée est perçue comme un moyen d'assurer la sécurité alimentaire et d'augmenter les revenus ruraux, tandis que l'accroissement de la production minière devrait générer des recettes d'exportation supplémentaires. Ces initiatives sont cruciales pour soutenir les dépenses publiques accrues et financer les programmes de développement. Les autorités burundaises espèrent que ces mesures permettront de créer des emplois, d'améliorer les infrastructures et de renforcer les services publics pour la population.