De violents affrontements opposent les FARDC, appuyées par l'armée burundaise et les milices Wazalendo, aux mouvements Twirwaneho et à la coalition AFC-M23 dans les hauts plateaux des territoires de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu, depuis lundi. Ces confrontations armées, marquées par une intensité croissante, ont plongé la région dans une nouvelle spirale de violence. L'armée congolaise a affirmé, dans un communiqué publié mardi, avoir repris le contrôle de Mikenge, Kalingi et Kakenge après plusieurs jours de combats intenses. Cette annonce intervient alors que les tensions restent vives sur le terrain, avec des rapports contradictoires émanant des différentes parties prenantes. Des sources locales font état d'une utilisation accrue de drones de reconnaissance et d'attaque par les divers belligérants impliqués dans ces affrontements, soulignant une sophistication croissante des tactiques militaires employées dans la région.
Escalade militaire et revendications
Les combats se concentrent actuellement dans les localités de Kakenge, Mikenge et Ilundu, selon les informations disponibles. Ces zones sont le théâtre d'affrontements intenses entre les différentes forces en présence dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, une région stratégique et difficile d'accès. La situation y est particulièrement volatile, avec des mouvements de troupes et des échanges de tirs quasi quotidiens.
Le mouvement Twirwaneho a affirmé avoir repoussé une offensive des FARDC, appuyées par des soldats burundais et des milices Wazalendo, en direction d'Ilundu et Kakenge. Cette déclaration suggère une résistance organisée face à l'avancée des forces gouvernementales et de leurs alliés dans la région, remettant en question l'étendue du contrôle revendiqué par les FARDC. Les revendications du Twirwaneho soulignent la complexité du conflit et les défis auxquels sont confrontées les forces armées régulières dans leur tentative de stabiliser ces zones. Ces affirmations contradictoires mettent en lumière la difficulté d'obtenir une image claire et univoque de la situation sur le terrain, chaque camp cherchant à affirmer sa supériorité militaire et à influencer l'opinion.
Les hauts plateaux du Sud-Kivu demeurent un épicentre complexe et instable dans la région des Grands Lacs. Cette instabilité persistante est alimentée par la présence de multiples groupes armés, les enjeux sécuritaires transfrontaliers et les dynamiques locales. La géographie de ces zones montagneuses, caractérisée par un relief accidenté et des infrastructures limitées, rend difficile le contrôle territorial et la sécurisation des populations civiles, contribuant à un cycle de violence et de déplacements. Plusieurs acteurs locaux et régionaux sont impliqués dans ces affrontements récurrents, rendant toute résolution pacifique particulièrement ardue et nécessitant une approche multidimensionnelle.
Implication burundaise et drones
Des sources militaires congolaises ont fait état de l'utilisation de drones par l'AFC-M23 et ses alliés contre les positions des FARDC et de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) en mai. Ces attaques auraient visé les secteurs de Muramvya, Point Zéro et Mikenge, indiquant une capacité opérationnelle avancée de la coalition rebelle. Parallèlement, des sources sécuritaires congolaises suggèrent que Kinshasa aurait promis au Burundi des avantages liés à l'exploitation de l'or dans la région de Minembwe et d'autres zones minières du territoire de Fizi en échange d'un soutien militaire. Cette allégation, si elle était avérée, mettrait en lumière les motivations économiques sous-jacentes à certaines alliances militaires dans la région.
Ces mêmes sources sécuritaires indiquent que des drones pourraient avoir été fournis ou partagés avec certains contingents burundais impliqués dans les opérations au Sud-Kivu. Cette collaboration technologique pourrait renforcer les capacités des forces alliées dans la surveillance et l'attaque. Selon des observateurs sécuritaires, les forces burundaises, en coordination avec les FARDC et les milices Wazalendo, mènent des offensives pour reprendre le contrôle de Minembwe et des zones environnantes depuis janvier 2026. Ces opérations impliqueraient, selon les mêmes sources, l'utilisation d'armes lourdes, de drones, et des renforts militaires dans plusieurs secteurs du Sud-Kivu, témoignant d'une campagne militaire d'envergure. L'armée burundaise a récemment procédé à de nouveaux redéploiements dans la région, ce qui témoigne d'une implication continue et évolutive dans les dynamiques sécuritaires locales. Ces mouvements de troupes et l'apport de matériel sophistiqué comme les drones marquent une intensification des opérations et pourraient avoir des répercussions significatives sur l'équilibre des forces en présence.
Contexte des alliances et rivalités régionales
Les rebelles de l'AFC-M23 se sont retirés d'Uvira entre décembre 2025 et janvier 2026, selon des informations disponibles. Ce retrait a été perçu comme une évolution significative dans la dynamique de la région. Des éléments de l'AFC-M23 se sont également retirés de certaines positions dans la plaine de la Rusizi sous la pression internationale, suggérant une influence des acteurs extérieurs sur les mouvements des groupes armés. Le mouvement M23 constitue la principale composante de la coalition AFC-M23, dirigée par Corneille Nangaa, un acteur clé dans le paysage politique et militaire de l'Est du Congo. L'influence de Corneille Nangaa et la structure de commandement de l'AFC-M23 sont des éléments essentiels pour comprendre les stratégies et les objectifs de cette coalition.
Au Sud-Kivu, cette coalition AFC-M23 s'appuie sur le mouvement armé Twirwaneho, principalement composé de jeunes membres de la communauté Banyamulenge. Cette alliance locale est clé pour l'AFC-M23, lui permettant d'étendre son influence et d'opérer dans des zones spécifiques. Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir l'AFC-M23, des allégations que Kigali dément systématiquement, créant une tension diplomatique persistante entre les deux pays. En retour, le Rwanda accuse Kinshasa de collaborer avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais, ce qui alimente un cycle d'accusations mutuelles et de méfiance.
Le Burundi accuse également le Rwanda de soutenir des groupes armés opérant contre son territoire et d'avoir des ambitions annexionnistes dans l'est de la République démocratique du Congo, ajoutant une autre couche de complexité aux relations régionales. Inversement, le Rwanda accuse le Burundi de collaborer avec les FDLR et d'autres groupes hostiles à Kigali, illustrant l'imbrication des conflits et des alliances dans la région des Grands Lacs. Le mouvement M23, principale composante de l'AFC-M23, contrôle plusieurs zones stratégiques au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ce qui lui confère une position de force significative et une capacité à perturber la stabilité régionale. La présence et l'influence de ces groupes armés, soutenus ou non par des États voisins, rendent la résolution du conflit particulièrement difficile.
Conséquences humanitaires et réactions
Les affrontements ont provoqué des déplacements massifs de populations civiles dans les territoires de Fizi et Mwenga, selon des sources locales et humanitaires. Des milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, cherchant refuge dans des zones plus sûres, souvent dans des conditions précaires. Cette situation accentue la crise humanitaire dans une région déjà fragilisée par l'insécurité persistante, le manque d'accès aux services de base et la pauvreté. L'afflux de déplacés met une pression énorme sur les ressources locales et les capacités des organisations humanitaires à fournir une assistance adéquate.
Des sources locales rapportent par ailleurs la destruction ou l'endommagement de plusieurs habitations, écoles, églises et structures de santé, soulignant l'impact direct des combats sur les infrastructures essentielles et la vie quotidienne des habitants. Ces dégâts matériels compliquent davantage l'accès aux services de base pour les communautés affectées, rendant la reconstruction et le retour à une vie normale extrêmement difficiles. Les destructions d'écoles, par exemple, interrompent l'éducation des enfants, compromettant leur avenir, tandis que la destruction des centres de santé prive les populations de soins médicaux vitaux.
La communauté Banyamulenge a organisé des manifestations dans divers pays, notamment aux États-Unis, au Canada, au Kenya et en Europe, pour dénoncer l'utilisation présumée de drones contre des civils dans la région de Minembwe. Ces protestations reflètent les préoccupations des diasporas face aux violences et aux atteintes aux droits humains rapportées sur le terrain, appelant à une plus grande attention internationale sur la situation. Les appels à la communauté internationale se multiplient pour une intervention plus efficace afin de protéger les civils et de trouver des solutions durables à la crise. Ces manifestations mettent en lumière la dimension internationale du conflit et la mobilisation des communautés affectées pour attirer l'attention sur leur sort.