Le Premier ministre a assuré que la Vision d'un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 serait réalisée comme prévu, voire avant les dates fixées. Cette déclaration intervient alors que des préoccupations ont été soulevées par les évêques, notamment concernant le manque de carburant, les pénuries de médicaments et de biens essentiels. Les évêques ont également exprimé des inquiétudes quant aux mauvaises conditions routières et à l'émigration des travailleurs qualifiés. Ces assurances du Premier ministre visent à rassurer la population et les acteurs économiques face aux défis actuels.
Ambitions et calendrier de la Vision
L'année 2025 est considérée comme le point de départ pour la mise en œuvre de cette vision ambitieuse. Pour atteindre les objectifs fixés, des piliers essentiels ont été définis, incluant une nouvelle délimitation territoriale. Cette approche vise à optimiser l'organisation spatiale du pays en vue de son développement futur. La nouvelle délimitation territoriale est perçue comme un instrument clé pour une gestion plus efficace des ressources et une planification urbaine et rurale adaptée aux besoins croissants du pays. Un autre axe majeur concerne la décentralisation de l'utilisation du budget de l'État. Cette mesure est destinée à renforcer l'autonomie des collectivités locales et à permettre une allocation des ressources plus adaptée aux besoins spécifiques de chaque région, contribuant ainsi à l'émergence d'un Burundi moderne et prospère d'ici 2040 et pleinement développé à l'horizon 2060. Ces piliers stratégiques sont considérés comme fondamentaux pour transformer structurellement l'économie et la société burundaise.
Préoccupations soulevées par les évêques
La Conférence des évêques catholiques du Burundi (CECAB) a publié un communiqué le 9 juin. Ce document détaille les préoccupations de l'organisation concernant la vie socio-politique du pays. Il intervient dans un contexte où le gouvernement burundais a réaffirmé sa confiance dans la réalisation de sa Vision 2040-2060. Les évêques ont notamment mis en lumière des difficultés liées à des pénuries de carburant, de médicaments et de biens de première nécessité. Ces pénuries impactent directement le quotidien des citoyens et soulèvent des questions sur la capacité du pays à assurer le bien-être de sa population. Ils ont également exprimé des inquiétudes quant à l'état des infrastructures routières, dont la dégradation entrave la circulation des biens et des personnes, ainsi qu'à l'émigration des travailleurs qualifiés. Cette fuite des cerveaux représente un défi majeur pour le développement à long terme du pays, privant le Burundi de compétences essentielles dans divers secteurs.
Réponse du Premier Ministre
Le Premier ministre, Nestor Ntahontuye, a formulé ces assurances lors d'une émission publique réunissant des membres du gouvernement, le jeudi 11 juin 2026, au stade Ingoma de Gitega. À cette occasion, il a déclaré : « Nous pouvons atteindre la vision 2040-2060 même avant les échéances prévues », ajoutant que « L’année 2025 est considérée comme point de départ pour la vision ». Il a estimé que des changements palpables seraient visibles d'ici trois ans. Pour faire face à l'émigration des travailleurs qualifiés et notamment des professionnels de la santé, le gouvernement prépare un programme spécifique pour stabiliser les médecins et s'efforce de retenir les professeurs d'université. Nestor Ntahontuye a précisé : « Il y a des bénévoles et d’autres ayant passé des tests de sélection dans des recrutements qui attendent d’être casés. Ce sont simplement des procédures qu’il faut mettre au niveau de la loi ». Ces initiatives visent à renforcer les capacités humaines du pays et à garantir la disponibilité de personnel qualifié pour les services essentiels et l'enseignement supérieur. Le Premier ministre a ainsi cherché à apporter des réponses concrètes aux préoccupations soulevées par la CECAB.
Perspectives pour la diaspora
Pour le Premier ministre Nestor Ntahontuye, les Burundais travaillant à l'étranger représentent une opportunité significative. Il estime que ces individus peuvent devenir des membres actifs de la diaspora, capables d'investir dans leur pays d'origine et de contribuer à son développement. Cette perspective s'inscrit pleinement dans la Vision 2040-2060 du Burundi, qui vise à transformer le pays en une nation émergente puis développée. L'attraction des compétences et des capitaux de la diaspora est ainsi envisagée comme un levier important pour atteindre ces objectifs ambitieux. Le gouvernement chercherait à créer un environnement propice pour encourager ces retours et investissements, reconnaissant le potentiel de la diaspora comme un moteur de croissance économique et de transfert de savoir-faire.