Le Burundi mise sur la migration légale pour son développement

Les participants ont soulevé leurs inquiétudes face à ce sujet évoqué (Photo Jean Claude Mpawenimana)
Photo: Jean Claude Mpawenimana via Lerenouveau

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Coopération régionale a organisé un atelier de sensibilisation sur la migration de main-d'œuvre dans la commune de Nyanza. Cette rencontre visait à informer les participants sur les cadres régissant la mobilité des travailleurs. Les autorités burundaises cherchent à encadrer les départs vers l'étranger afin de favoriser le développement national à travers des canaux migratoires sécurisés. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à mieux structurer les flux de travailleurs burundais. Le ministère renforce ainsi son action sur le terrain pour accompagner les citoyens dans leurs projets de mobilité professionnelle. L'atelier à Nyanza constitue une étape de cette politique publique menée au Burundi.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Coopération régionale a organisé un atelier de sensibilisation sur la migration de main-d'œuvre dans la commune de Nyanza. Cette démarche proactive permet aux services étatiques d’entrer en contact direct avec les citoyens pour expliquer les enjeux de la mobilité internationale. En multipliant ces sessions d'information, le gouvernement souhaite réduire la vulnérabilité des travailleurs burundais face aux réseaux de recrutement non officiels. L’objectif est de transformer la migration en un levier de croissance économique pour le pays en assurant un suivi rigoureux des départs et des conditions d'exercice des métiers à l'étranger.

Cadre juridique de la mobilité

L'article 104 du traité de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) autorise la libre circulation des personnes à des fins d'emploi au sein de l'espace régional. Ce dispositif juridique permet aux citoyens burundais de se déplacer pour travailler en utilisant des documents de voyage reconnus par les États membres de l'organisation. L'application de cette disposition vise à sécuriser les trajectoires professionnelles des travailleurs burundais sur le marché régional. Le respect scrupuleux de ces textes est présenté par les autorités comme la garantie première d'une intégration réussie sur les marchés du travail des pays partenaires de l'EAC.

Le cadre législatif prévoit également des sanctions pénales pour les activités liées à la migration irrégulière. L'article 129 du traité de l'EAC stipule que l'aide à la migration illégale est passible d'une amende comprise entre 50 000 et 100 000 FBu. Les auteurs de tels actes s'exposent par ailleurs à une peine d'emprisonnement allant de six mois à un an. Ces mesures visent à décourager les pratiques migratoires ne respectant pas les procédures administratives établies. La rigueur de ces sanctions reflète la volonté du bloc régional de réguler strictement les mouvements transfrontaliers pour prévenir toute forme d'exploitation illicite des travailleurs.

Les chiffres officiels témoignent des conséquences liées à l'absence de titres de séjour valides lors des déplacements. Entre juillet et septembre 2026, 149 migrants burundais ont été expulsés pour migration irrégulière. Ces retours forcés font suite à un défaut de présentation des documents requis pour l'entrée ou le séjour sur les territoires concernés. Ces expulsions soulignent l'importance du respect des cadres réglementaires pour les citoyens burundais souhaitant exercer une activité professionnelle à l'étranger. La persistance de ces situations irrégulières justifie, selon le ministère, l'intensification des campagnes d'information et de sensibilisation menées actuellement sur l'ensemble du territoire burundais.