Au Burundi, le football ne devrait plus être perçu uniquement comme un divertissement, mais plutôt comme un secteur économique souverain, comparable en importance à l'agriculture, selon les analyses récentes. Cette perspective note la nécessité pour le Burundi de considérer le football non pas comme un simple loisir, mais comme un pilier stratégique de son développement. L'impact financier de cette activité est significatif, chaque match étant capable d'injecter des millions de francs burundais dans l'économie locale. Ce potentiel économique, souvent sous-estimé, met en lumière la nécessité d'une approche stratégique pour maximiser les retombées du sport sur le développement national.
Impact Économique Direct
Chaque club professionnel est en mesure de soutenir entre soixante et cent familles, leur permettant de sortir de l'attente et de retrouver leur dignité. Cette capacité du football à générer des retombées économiques directes se manifeste par l'emploi de joueurs, d'entraîneurs, de personnel administratif et de support, créant ainsi une source de revenus stable pour de nombreux ménages burundais. Au-delà des salaires des joueurs et du staff technique, les dépenses liées à l'organisation des matchs, à la maintenance des infrastructures et à la logistique stimulent également l'activité économique locale. Les salaires versés et les dépenses associées aux activités des clubs contribuent à la consommation locale et stimulent l'économie des régions où ces équipes sont implantées. Ces emplois directs et indirects, bien que souvent informels, représentent un apport significatif pour les communautés, particulièrement dans les zones rurales, offrant des opportunités là où elles sont parfois rares.
Le Football comme Vecteur d'Unité
Le stade représente le seul sanctuaire où l'ensemble du Burundi vibre au même rythme, favorisant ainsi l'unité nationale. Cette convergence des populations autour du football crée un sentiment d'appartenance partagé, transcendant les différences sociales, ethniques ou régionales. Un peuple uni, par cette ferveur collective, est perçu comme un facteur rassurant. Cette cohésion sociale peut attirer des capitaux et des investissements, les entreprises et les bailleurs de fonds étant généralement plus enclins à s'engager dans des environnements stables et harmonieux. L'unité générée par le sport dépasse les clivages, renforçant le tissu social et la confiance des acteurs économiques, ce qui est essentiel pour la croissance et le développement durable du pays.
Santé Publique et Jeunesse
Les enfants qui pratiquent une activité physique aujourd'hui sont moins susceptibles de solliciter les services hospitaliers à l'avenir, selon certaines analyses. Cette affirmation note l'importance préventive du sport pour la santé publique. L'engagement des jeunes dans le sport est également présenté comme un moyen de prévenir la délinquance de rue, en leur offrant un cadre structuré et des valeurs positives. Le football, en particulier, offre un cadre structuré et une discipline qui peuvent éloigner les jeunes des comportements à risque, leur inculquant le travail d'équipe, le respect des règles et la persévérance. Cette approche proactive en matière de santé publique et de cohésion sociale suggère que l'investissement dans le sport peut générer des bénéfices à long terme pour la société burundaise, en réduisant les coûts liés aux soins de santé et à la sécurité publique.
Potentiel Inexploité et Vision
Malgré son impact évident et ses multiples contributions, le football burundais ne figure dans aucune colonne des comptables internationaux, soulignant un potentiel économique non encore reconnu officiellement. Le pays compte seize équipes en Ligue A, complétées par des académies situées à Gitega, Ngozi, Muyinga et Bujumbura, formant un écosystème en développement. Des joueurs comme Largie, Jordi, Yussuf Ndayishimiye, Bigirimana et Mvuka ont réussi à l'étranger, devenant des « ambassades ambulantes » pour le Burundi et illustrant la capacité du pays à exporter des talents. Ces réussites individuelles mettent en lumière le potentiel de formation et d'exportation de joueurs, générant des revenus non seulement pour les joueurs eux-mêmes mais aussi pour les clubs formateurs et l'économie nationale. Le football, dans sa matérialité la plus simple, pèse 450 grammes, mais son poids symbolique et économique pour le Burundi est bien plus conséquent, et il est temps que ce potentiel soit pleinement reconnu et exploité.