Jacques Nshimirimana, candidat burundais au Comité des Droits de l'Homme des Nations unies, a fait l'objet d'une campagne jugée singulière selon ses déclarations. M. Nshimirimana était en lice pour un poste au sein de cette instance clé des Nations unies, chargée de veiller à l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Malgré une défaite, M. Nshimirimana a exprimé une « fierté tranquille », soulignant que 67 États lui avaient accordé leur confiance lors de la première candidature de son pays à ce type de scrutin. « C’est un sentiment double. Il y a la déception immédiate, bien sûr, car on ne se présente pas à une élection pour perdre. Mais il y a aussi une forme de fierté tranquille », a-t-il déclaré, ajoutant que ce score était un « signal » pour la place du Burundi dans ces institutions internationales. Il a précisé avoir mené une « campagne de conviction, pas une campagne de mandat », sans endossement continental, nécessitant de gagner chaque voix individuellement. Cette approche a mis en lumière la particularité de sa démarche dans le cadre des élections onusiennes.
Un score prometteur
Jacques Nshimirimana a obtenu 67 voix sur les 175 États votants lors du scrutin pour le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU. Le candidat burundais s'est classé dixième parmi les 16 candidats en lice. Ce résultat, bien qu'insuffisant pour une élection, est considéré comme significatif au vu des conditions de la campagne. Ce résultat intervient alors que le Burundi présentait pour la première fois un candidat à ce type de poste au sein des institutions onusiennes. La performance de M. Nshimirimana a démontré un certain niveau de reconnaissance et de soutien international pour la candidature burundaise, malgré l'absence de soutien institutionnel majeur.
Campagne sans soutien officiel
La campagne de Jacques Nshimirimana s'est déroulée sans le soutien officiel de l'Union africaine, un élément qu'il a souligné comme étant un défi majeur. Cette absence d'endossement continental a contraint le candidat burundais à une démarche individuelle pour obtenir chaque voix, en s'appuyant sur des contacts directs et des arguments de fond. Dans les dernières heures précédant le scrutin, un document a été distribué aux délégations, mentionnant uniquement deux candidatures africaines comme étant « endossées par l'UA ». Ce document, dont la source n'a pas été précisée, a fait état d'un soutien officiel pour d'autres candidats du continent, mettant en lumière le statut particulier de la candidature de M. Nshimirimana et la nécessité pour lui de se démarquer sans cet appui. Cette situation a rendu sa performance d'autant plus remarquable aux yeux de certains observateurs.
Persévérance et leçons apprises
Jacques Nshimirimana, candidat burundais, a exprimé son intention de se présenter à nouveau en 2028. « Une élection n’est pas une fin, mais une étape : si mon pays me renouvelle sa confiance, je serai prêt à relever ce défi à nouveau en 2028 », a-t-il déclaré, soulignant les leçons tirées de cette première tentative. Il a précisé que la candidature burundaise est « désormais connue, identifiée, prise au sérieux par un nombre significatif d’États », ce qui constitue un « capital qui ne s’efface pas en deux ans ». M. Nshimirimana a aussi indiqué qu'il était le plus jeune candidat lors de cette élection, un facteur qui, selon lui, pourrait jouer en sa faveur lors de futures tentatives. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de travailler plus tôt la question de l’endossement régional, tout en affirmant que cette campagne lui avait permis de mieux comprendre la mécanique des scrutins onusiens et les dynamiques qui les sous-tendent. Sa détermination à se représenter en 2028 témoigne de son engagement envers la promotion des droits de l'homme et de sa volonté de représenter le Burundi sur la scène internationale.