L'entrepreneuriat, un levier essentiel pour les jeunes et les femmes de Kiremba

Joséphine Hafashimana : « J’ai rassemblé les femmes de ma commune autour des activités génératrices de revenus ».
Photo via Iwacu-burundi

La commune de Kiremba, située dans la province de Butanyerera, met en avant l'entrepreneuriat comme un levier fondamental pour le développement de sa jeunesse et de ses femmes. Cette localité, dont la population avoisine les 300 mille habitants, se distingue par une administration majoritairement jeune. Sur les 17 cadres communaux, seuls cinq ont dépassé l'âge de 35 ans. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte où les initiatives entrepreneuriales sont encouragées pour stimuler la croissance économique locale et offrir des perspectives d'avenir aux habitants.

Défis de représentativité féminine

Les défis entravant le développement des jeunes et des femmes dans la commune de Kiremba incluent une faible représentativité dans les instances décisionnelles, le chômage et un manque de moyens financiers pour l'entrepreneuriat. Dans cette commune, une seule femme occupe le poste de cheffe de zone, précisément à Musasa. Moins de dix femmes exercent la fonction de cheffes de colline. André Ndikumugongo, de la commune de Kiremba, a souligné cette disparité, mentionnant que parmi les onze cadres au niveau communal dirigeant différents secteurs, une seule est une femme.

André Ndikumugongo a également exprimé son étonnement face au manque de solidarité féminine lors des élections locales. « C’est au niveau collinaire que les femmes devraient être nombreuses. Mais, malheureusement, suite à leur manque de solidarité, elles préfèrent voter pour les hommes », a-t-il déclaré, ajoutant : « Ce sont elles qui viennent élire majoritairement. Mais, nous constatons qu’elles ne s’élisent pas entre elles. Ce qui est paradoxal. » Il a rappelé que la population de la commune, avoisinant les 300 mille habitants, est majoritairement féminine. M. Ndikumugongo a également évoqué l'existence d'hommes qui empêchent leurs épouses de se présenter aux élections.

Emmanuel Ngabonziza, responsable du Centre jeune Kiremba, a observé que « beaucoup de jeunes sont talentueux mais il leur manque de moyens financiers pour évoluer. Il faut couper court avec l’oisiveté. » M. Ngabonziza a lui-même soumis un projet qui a été retenu par un programme. Sa société emploie cinq jeunes, dont trois garçons et deux filles, chacun possédant des talents différents. Fidèle Ndihokubwayo, un jeune homme de 32 ans, a témoigné que « le travail n’est pas très payant mais, il nous fait vivre. » Il a précisé que « le prix oscille entre 4 000 et 5 000 BIF. Mais, ce n’est pas tous les jours que nous avons du travail. »

Initiatives et parcours inspirants

Joséphine Hafashimana, âgée de 49 ans, est enseignante et directrice de l’École fondamentale de Ciri, située à proximité du centre communal. « Je suis enseignante et directrice de l’École fondamentale de Ciri située non loin du centre communal », a-t-elle précisé. Mme Hafashimana a fondé l'association « Twungubumwe », qui rassemble des femmes issues de différents partis politiques, une initiative vieille de trois ans. « Cette association est née après une formation que j’ai suivie », a-t-elle expliqué. Chaque membre de « Twungubumwe » verse mensuellement une cotisation de 10 000 BIF. L'initiative de Mme Hafashimana a inspiré la création d'une autre structure regroupant 44 femmes leaders de toute la commune. Mme Hafashimana a observé une certaine réticence chez les jeunes filles à poursuivre leurs études. « Elles trouvent peut-être que le temps consacré aux études est trop long et craignent de vieillir avant de trouver un mari », a-t-elle avancé.

Jessica Irankunda, 29 ans, a poursuivi des études paramédicales. Elle a exprimé son aspiration professionnelle. « Mon rêve est d’ouvrir ma propre pharmacie », a-t-elle déclaré. « Je ne connais pas encore le capital nécessaire. Mais, je veux d’abord être ma propre cheffe avant de penser à fonder un foyer. » Elle a également évoqué les difficultés de son activité actuelle. « Je n’ai pas beaucoup de clients. Alors, je m’occupe comme je peux », a-t-elle confié. Mme Irankunda a noté un exode des jeunes vers d'autres localités. « Ceux qui recherchent une vie plus animée partent vers Masanganzira, devenu un centre de transit vers Ngozi, Muyinga et Kirundo », a-t-elle indiqué, ajoutant : « Je crains même que les bureaux communaux finiront par y être transférés. »

Fina Uwimana, mariée, est couturière depuis trois mois. Elle a terminé les Humanités générales mais n'a pas pu continuer ses études universitaires. « Je n’ai pas pu continuer les études universitaires suite à la pauvreté », a-t-elle expliqué. « C’est pourquoi j’ai opté pour ce métier pour survivre et subvenir à mes besoins et à ceux de la famille. » Avant de devenir couturière, elle vendait des légumes. « Avant, je vendais des légumes et, avec le gain que j’ai eu, j’ai acheté une machine à coudre », a-t-elle précisé. « Pour le moment, je contribue à la satisfaction des besoins de la famille. » Malgré ses progrès, Fina Uwimana doit encore faire face à des contraintes matérielles. « Quand j’obtiens une cliente qui amène un pagne, je suis obligée d’aller emprunter une machine chez ma voisine », a-t-elle déploré.

Le chômage et le manque de moyens

Fidèle Ndihokubwayo a passé treize ans à laver des motos pour des tiers, un travail dont le prix « oscille entre 4 000 et 5 000 BIF », selon lui. Il a précisé laver « quatre à cinq motos par jour », ajoutant que « le travail n’est pas très payant mais, il nous fait vivre », même si ce n’est « pas tous les jours que nous avons du travail ». Un autre laveur de motos, Jean Gashatsi, âgé de 40 ans, exerce ce métier depuis trente et un ans. Il a témoigné de sa situation personnelle, déclarant : « La femme avec qui j’avais fondé le foyer est partie. L’enfant qui était issu de notre union est décédé. Je suis seul, et vis de ce seul métier que j’exerce depuis trente et un ans. » Il ajoute : « Heureusement que des amis peuvent venir à mon secours quand ils constatent que j’ai passé tout un jour chômé. »

Fina Uwimana, après avoir terminé les Humanités générales, n'a pas pu poursuivre ses études universitaires. « Je n’ai pas pu continuer les études universitaires suite à la pauvreté », a-t-elle expliqué, précisant : « C’est pourquoi j’ai opté pour ce métier pour survivre et subvenir à mes besoins et à ceux de la famille. » Elle a acheté une machine à coudre grâce aux gains de la vente de légumes, son activité précédente, et a souligné : « Pour le moment, je contribue à la satisfaction des besoins de la famille. » Cependant, elle doit parfois emprunter du matériel : « Quand j’obtiens une cliente qui amène un pagne, je suis obligée d’aller emprunter une machine chez ma voisine. »

Emmanuel Ngabonziza, revenu d'exil de Tanzanie en 2008, a fondé la société « Tayaya Society », qui compte cinq jeunes employés, dont trois garçons et deux filles. Il a affirmé que « beaucoup de jeunes sont talentueux mais il leur manque de moyens financiers pour évoluer. Il faut couper court avec l’oisiveté. » M. Ngabonziza a également indiqué : « J’ai soumis un projet qui a été apprécié par ce programme. La société compte 5 jeunes employés dont 3 garçons et 2 filles. Ils ont différents talents. » Le manque de financements s'impose comme un défi majeur pour les projets de développement dans la commune.

Perspectives et solutions locales

La commune de Kiremba, l'une des huit communes de la province de Butanyerera, est née de la fusion de Kiremba, Marangara et Nyamurenza. Cette entité comprend dix zones, dont cinq partagent une frontière avec le Rwanda. Emmanuel Ngabonziza, un jeune rapatrié, a souligné que « beaucoup de jeunes sont talentueux mais il leur manque de moyens financiers pour évoluer. Il faut couper court avec l’oisiveté. » M. Ngabonziza a déclaré avoir « soumis un projet qui a été apprécié par ce programme. La société compte 5 jeunes employés dont 3 garçons et 2 filles. Ils ont différents talents. » Par ailleurs, huit groupements de femmes de Marangara ont bénéficié de crédits de la BDF (Banque de Développement des Femmes). La coopérative Sangwe de la colline Cayi possède huit vaches, tandis qu'une nouvelle organisation locale voit chaque membre contribuer 12 000 BIF par mois à une caisse sociale.