Des témoignages recueillis au Burundi mettent en lumière les difficultés d'accès aux soins de santé gratuits pour les femmes enceintes et les enfants, malgré les politiques officielles. Triphanie Ntunzwenimana, résidente de la colline Kajabure, rapporte que les médicaments sont souvent indisponibles dans les structures de santé publiques. « Cela m’est arrivé. Parfois, par gêne, on vous donne un seul comprimé et vous vous demandez comment faire avaler un comprimé à un bébé qui n’a même pas un an », a-t-elle déclaré, décrivant la situation où son bébé n'a reçu qu'un seul comprimé. Sur la colline Tongwe, S. N. A également dû faire face à des frais liés à son accouchement. Avant la naissance de son second enfant, il lui a été demandé de payer pour des gants, du coton et certains médicaments.
Témoignages de parents
Les parents sont souvent contraints d'acheter les médicaments nécessaires dans les pharmacies privées, faute de disponibilité dans les structures publiques. Cette situation pèse lourdement sur les familles aux revenus modestes, confrontées à des dépenses inattendues pour des soins censés être gratuits. S. N. A exprimé sa surprise d'avoir dû payer pour des services qu'elle savait être gratuits depuis des années, illustrant la déconnexion entre la politique annoncée et la réalité sur le terrain. Cette situation contraste de manière marquée avec la politique officielle de gratuité des soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants, telle qu'elle est proclamée par les autorités.
Défis de la politique
Triphanie Ntunzwenimana, malgré ses propres difficultés, reconnaît que les accouchements sont généralement couverts gratuitement. Cependant, lorsque des complications surviennent durant l'accouchement, les patientes doivent souvent payer certains soins ou être transférées vers des établissements où les services sont payants. Le Dr. Fidel Nkezabahizi, en charge de la politique de santé gratuite, reconnaît que la mise en œuvre de cette politique est confrontée à plusieurs défis. Parmi ces défis, il mentionne la non-conformité au circuit de référence par certains patients, ce qui complique le fonctionnement du système. Le décret n°100/136, signé le 16 juin 2006, prévoit une couverture à 100% des accouchements, y compris les césariennes, ainsi que des soins pour les enfants de moins de cinq ans dans les structures de santé publiques.
Actions et approvisionnement
Depuis début 2026, la collaboration avec les partenaires techniques et financiers a été renforcée pour soutenir le programme de gratuité des soins. La Banque mondiale figure parmi ces partenaires. La disponibilité des médicaments essentiels destinés à ce programme atteint environ 70% des besoins planifiés pour l'année en cours. Actuellement, des stocks supplémentaires sont en cours d'acheminement via le port de Dar-es-Salaam. Tous les médicaments attendus devraient être disponibles d'ici septembre 2026.
Réactions officielles
Le chef du district sanitaire de la Commune Bururi a renvoyé les demandes de renseignements au porte-parole du Ministère de la Santé Publique. En réponse aux préoccupations soulevées, le Dr. Fidel Nkezabahizi, Ministre de la Santé Publique, a affirmé que la mesure de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans est clairement définie.
Le ministre a également souligné que la mise en œuvre de cette politique rencontre des défis spécifiques. Parmi ceux-ci figurent des difficultés liées à l'importation de médicaments, qui nécessitent des devises étrangères. Les conflits mondiaux perturbent les chaînes d'approvisionnement, compliquant davantage l'acheminement des produits pharmaceutiques essentiels.