Le Ministre de l'Intérieur, Léonidas Ndaruzaniye, a été reçu par le Sénat le mardi 5 mai 2026 afin de présenter un état des lieux de la décentralisation et d'aborder les défis sécuritaires. En tant qu'invité principal de la chambre haute, le Ministre a participé à une session dédiée à ces questions cruciales pour l'administration et la sécurité publique. Durant cette session, les sénateurs ont notamment exprimé leurs préoccupations concernant l'application des sanctions relatives aux violations des règles d'hygiène et d'assainissement public. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre le gouvernement et le parlement pour évaluer les politiques publiques.
Défis de la décentralisation
Le Ministre de l'Intérieur, Léonidas Ndaruzaniye, a indiqué que le processus de décentralisation connaît une évolution globalement satisfaisante. Cette évaluation a été présentée au Sénat lors de sa comparution, soulignant les avancées réalisées dans la mise en œuvre de cette réforme administrative. Cependant, le Ministre a également souligné que des difficultés persistent dans la mise en œuvre de ce processus. Ces obstacles sont principalement attribués au fait que le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) pour la période 2025-2026 a été élaboré avant l'établissement de la nouvelle structure administrative. Cette antériorité de la planification budgétaire par rapport à la réorganisation des entités locales a généré des défis significatifs. Les difficultés rencontrées dans le processus de décentralisation sont ainsi largement liées à ce décalage temporel. La mise en place de la nouvelle structure administrative a ainsi précédé l'opérationnalisation complète des instruments de planification adaptés à cette nouvelle configuration, créant des décalages dans la gestion et l'allocation des ressources au niveau décentralisé. Le Ministre a reconnu la nécessité d'ajuster les mécanismes de planification pour mieux correspondre aux réalités de la nouvelle architecture administrative.
Réglementation et assainissement
La séance plénière au cours de laquelle le Ministre de l'Intérieur a présenté son rapport a été dirigée par le Président du Sénat, Gervais Ndirakobuca. Concernant les préoccupations sénatoriales relatives aux violations des règles d'hygiène et d'assainissement public, le Ministre Léonidas Ndaruzaniye a apporté des éclaircissements. Les sénateurs avaient en effet soulevé la question des sanctions pour les infractions aux règles d'hygiène et d'assainissement public, exprimant leur inquiétude quant à l'efficacité des mesures coercitives. Il a assuré que des campagnes de sensibilisation à la réglementation en matière d'hygiène et d'assainissement ont été largement diffusées. Ces campagnes ont utilisé les médias nationaux pour atteindre une audience étendue, visant à informer la population sur les normes à respecter et les conséquences en cas de non-respect. Le Ministre a ainsi cherché à démontrer l'engagement du gouvernement à informer la population sur les normes en vigueur et les sanctions applicables. Il a précisé que ces initiatives de sensibilisation sont continues et essentielles pour promouvoir un environnement sain et prévenir les maladies liées à l'insalubrité.
Gestion des réfugiés congolais
Les sénateurs ont également fait part de leurs inquiétudes concernant les sorties non autorisées de réfugiés congolais hors des camps et leur intégration parmi la population locale. Cette situation soulève des questions quant à la sécurité et à la gestion des flux de populations, notamment en ce qui concerne le maintien de l'ordre public et la cohabitation. La chambre haute a exprimé des réserves sur la capacité des autorités à maintenir l'ordre et à prévenir d'éventuels incidents liés à ces mouvements. Les sorties non autorisées des réfugiés congolais des camps et leur mélange avec la population locale sont une source de préoccupation constante pour les élus.
En réponse à ces préoccupations, le Ministre de l'Intérieur, Léonidas Ndaruzaniye, a précisé que les déplacements des réfugiés sont majoritairement motivés par la recherche de bois de chauffe. Selon lui, cette activité est une nécessité pour leur subsistance, particulièrement pour la cuisson des aliments et le chauffage. Il a expliqué que les mouvements des réfugiés sont principalement liés à cette quête de bois de chauffe. Le Ministre a assuré que les autorités compétentes maintiennent la situation sous contrôle, affirmant que des mesures sont en place pour encadrer ces mouvements et éviter tout débordement. Il a souligné que la situation était actuellement maîtrisée et que des efforts étaient déployés pour gérer ces déplacements de manière ordonnée.
Sécurité routière et accidents
Les sénateurs ont également attiré l'attention sur l'accroissement des accidents de la route, qu'ils attribuent fréquemment à l'excès de vitesse, au mauvais état des véhicules et à la surcharge. Cette augmentation des accidents est une préoccupation majeure pour la sécurité des citoyens. Le Ministre de l'Intérieur, Léonidas Ndaruzaniye, a dénoncé des pratiques frauduleuses de conducteurs qui font descendre temporairement des passagers avant les points de contrôle pour masquer les surcharges. Il a mis en lumière ces stratagèmes qui compromettent la sécurité routière et la fiabilité des contrôles. Léonidas Ndaruzaniye a indiqué que les appareils de dépistage d'alcoolémie restent opérationnels, permettant de détecter les conducteurs sous l'influence de l'alcool. Cependant, il a précisé que les radars nécessitent une mise à jour technique, souvent à réaliser avec les fournisseurs, ce qui représente un défi pour le renforcement des contrôles de vitesse.
Le Ministre a assuré que des démarches sont en cours pour acquérir de nouveaux équipements destinés au contrôle de la vitesse des véhicules, une mesure jugée essentielle pour réduire les excès. Il a également précisé que la gestion des feux de signalisation relève de la compétence de l'Agence des routes du Burundi (ARB), soulignant la répartition des responsabilités dans la gestion des infrastructures routières. Un groupe de travail, composé de quatorze experts issus de divers ministères, de la Police de sécurité routière (PSR) et de l'Office burundais des recettes (OBR), est actuellement à l'œuvre pour développer des outils informatiques et le cadre légal nécessaires à la digitalisation du transport. Ce groupe multidisciplinaire vise à moderniser le secteur. Une structure dédiée à la digitalisation du secteur des transports a été mise en place, témoignant de l'engagement du gouvernement à intégrer les technologies numériques pour améliorer l'efficacité et la sécurité des transports.