Dans la province de Gitega, les établissements scolaires techniques ETS David et MAE Kellum font face à un déficit important d'enseignants permanents pour leurs sections techniques. Ces deux établissements, situés dans la province de Gitega, sont confrontés à une situation préoccupante. Un total de sept professeurs permanents est requis pour ces deux sections, mais seulement deux sont actuellement en poste, selon les observations locales. Cette pénurie entraîne un manque de couverture pédagogique pour 106 heures de cours hebdomadaires qui ne sont pas assurées par des enseignants à temps plein. Pour pallier cette situation, les écoles ont recours à cinq enseignants suppléants, a-t-on appris sur place. La situation met en lumière les défis financiers et pédagogiques que rencontrent ces établissements dans la Région Centre du pays.
La dépendance croissante à l'égard de personnel non permanent pour des matières techniques spécialisées soulève des interrogations quant à la pérennité et à la qualité de l'enseignement dispensé. Les conséquences de cette pénurie se font sentir tant sur le plan budgétaire des écoles que sur l'organisation des cours et, in fine, sur l'apprentissage des élèves.
Coût financier des suppléants
Chaque enseignant suppléant perçoit 3 000 FBu par heure de cours dispensée, selon les données recueillies. Cette rémunération horaire s'applique aux cinq suppléants actuellement employés pour combler le déficit de personnel permanent dans les sections techniques des établissements ETS David et MAE Kellum à Gitega. Ce système de rémunération à l'heure, bien que nécessaire pour maintenir une offre de cours minimale, représente une charge financière non négligeable.
Le coût hebdomadaire total engendré par ces enseignants suppléants s'élève à 344 000 FBu, a-t-on appris sur place. Ce montant couvre les 106 heures de cours non assurées par des professeurs permanents. Cette charge financière régulière représente un défi de taille pour les établissements scolaires de la Région Centre, dont les budgets sont souvent contraints. La gestion de ces dépenses imprévues pèse lourdement sur les ressources disponibles.
En complément de leur rémunération horaire, des indemnités de déplacement sont versées chaque mois aux enseignants suppléants. Ces allocations s'élèvent à un total de 80 000 FBu mensuels, ajoutant aux dépenses supportées par les écoles pour maintenir l'enseignement technique. Ces frais supplémentaires, bien que justifiés par la nécessité de faire venir des compétences externes, ne sont pas toujours budgétisés initialement et mettent à l'épreuve la stabilité financière des établissements.
Perturbations pédagogiques et organisationnelles
Les établissements concernés, l'ETS David et le MAE Kellum, se sont spécialisés dans les filières d'électricité industrielle et d'électromécanique, des domaines exigeant une expertise technique pointue. Pour ces domaines spécifiques, un total de 147 heures de cours, alliant théorie et pratique, sont prévues chaque semaine dans les programmes. Ces cours sont essentiels pour former des techniciens qualifiés et répondre aux besoins du marché de l'emploi.
La gestion de ces horaires est compliquée par la dépendance aux enseignants suppléants. Selon des observations locales, ces derniers dictent fréquemment leurs heures et leurs jours de présence en fonction de leurs propres disponibilités. Cette flexibilité, bien que compréhensible pour des professionnels intervenant à temps partiel, entraîne des défis organisationnels majeurs pour les écoles, qui peinent à établir des emplois du temps stables et cohérents. Les changements constants peuvent perturber la progression pédagogique des élèves.
Il a été constaté que les cours sont souvent dispensés en soirée, après le départ des autorités scolaires des lieux. Cette pratique soulève des questions quant à la supervision pédagogique et administrative des enseignements, ainsi qu'à la sécurité et aux conditions d'apprentissage des élèves en dehors des heures normales de fonctionnement de l'établissement. L'absence de supervision directe peut également affecter la qualité et la rigueur des cours.
Impact sur les élèves et perspectives
Les élèves, de leur côté, rapportent des changements constants d'horaires et des enseignants fatigués. Ces perturbations affectent directement leur parcours d'apprentissage dans les filières techniques, où la régularité et la continuité de l'enseignement sont cruciales pour l'acquisition de compétences pratiques et théoriques complexes. Le manque de stabilité peut entraîner une démotivation et des difficultés à suivre le programme.
L'établissement, qui fonctionne comme un internat, doit gérer la situation avec des ressources déjà limitées. Les subventions gouvernementales allouées à l'école sont fixes et ne couvrent pas les dépenses supplémentaires occasionnées par le recours aux enseignants suppléants. Cette rigidité budgétaire contraint les écoles à trouver des solutions créatives mais souvent coûteuses pour maintenir leurs activités. La situation est d'autant plus critique que l'internat implique des coûts de fonctionnement supplémentaires pour l'hébergement et la restauration des élèves.
Face à cette situation, des voix s'élèvent pour réclamer la mise en place d'un plan national visant la formation massive d'enseignants techniques. Un tel plan permettrait de remédier structurellement à cette pénurie en assurant un approvisionnement suffisant en personnel qualifié pour les filières techniques. L'objectif serait de garantir une éducation technique de qualité, stable et accessible, répondant aux besoins de développement du pays et offrant de meilleures perspectives aux jeunes.