Pratiques de souscription non consentie : les abonnés de Lumitel dénoncent des prélèvements indus

Photo via Iwacu-burundi

Des abonnés de Lumitel, filiale de Viettel Burundi, dénoncent la disparition inexpliquée de crédits téléphoniques et l'activation de services à valeur ajoutée sans leur consentement. Ces pratiques, qui touchent de nombreux utilisateurs, ont conduit l'Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT) à intervenir. Le 29 mai 2026, l'ARCT a adressé des injonctions à Lumitel, exigeant la mise en place d'une souscription volontaire et d'une notification préalable des consommateurs avant toute activation de service. La démarche de l'autorité de régulation vise à protéger les utilisateurs contre ces prélèvements indus et à garantir une transparence accrue dans l'offre de services.

Plaintes récurrentes des consommateurs

L'Association Burundaise des Consommateurs (Abuco) a rapporté recevoir des plaintes depuis plusieurs mois concernant ces pratiques. Les abonnés de Viettel Burundi (Lumitel) sont confrontés à des disparitions inexpliquées de crédits téléphoniques et à l'activation de services à valeur ajoutée sans leur connaissance. Abuco a adressé, en 2025, un courrier à Lumitel pour obtenir des explications sur ces déductions, avec copie à l'Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT). L'association a précisé que certains abonnés se voyaient facturer jusqu'à 3 000 FBu par jour, tandis que d'autres pouvaient atteindre 10 000 FBu quotidiennement pour ces services non sollicités. Ces montants représentent des prélèvements significatifs pour les utilisateurs affectés, impactant leur budget de communication.

Intervention réglementaire et persistance

L'Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT) a récemment donné instruction à Lumitel de cesser les déductions monétaires non autorisées. Cette directive fait suite aux signalements de prélèvements indus sur les crédits téléphoniques des abonnés. L'ARCT, l'autorité de régulation du secteur, cherche ainsi à garantir une plus grande transparence et à protéger les consommateurs des pratiques de souscription non consentie. La mesure vise à encadrer les services à valeur ajoutée et à assurer que toute activation de service soit précédée d'un accord explicite de l'utilisateur, répondant aux préoccupations soulevées par les abonnés de Lumitel. Malgré ces interventions, les signalements de pratiques non consenties persistent, suscitant l'inquiétude des associations de consommateurs.

Appel à la vigilance et au consentement

Pierre Nduwayo, président de l'Association Burundaise des Consommateurs (Abuco), a déclaré que les pratiques de souscription non consentie continuent d'affecter les abonnés, soulignant que les pratiques signalées sont toujours en cours. « Aucun service payant ne devrait être activé sans le consentement explicite de l’abonné », a-t-il affirmé. M. Nduwayo a précisé que plus de 40 000 FBu ont été déduits de son propre compte pour des services à valeur ajoutée entre novembre 2025 et les trois mois suivants, illustrant l'ampleur du problème.

M. Nduwayo a souligné la nécessité pour les opérateurs de mettre en place un système garantissant un consentement réel. « Nous demandons que les opérateurs mettent en place un système garantissant une souscription réellement volontaire », a-t-il insisté, rappelant les injonctions de l'ARCT du 29 mai 2026 en ce sens. Les consommateurs signalent également des prélèvements sur leurs forfaits internet, en plus des crédits téléphoniques, et réclament une plus grande clarté sur les mécanismes de facturation. Le président d'Abuco a appelé la population à la prudence face à l'opacité de certaines offres. « Nous appelons la population à la vigilance. Les abonnés doivent vérifier régulièrement leurs consommations et signaler toute retenue qu’ils jugent anormale », a-t-il conclu, exhortant les opérateurs à renforcer la transparence et à se conformer pleinement aux directives de l'autorité de régulation.