Des agriculteurs de la province de Burunga signalent une baisse de leur production agricole pour la saison culturale B, suscitant de vives inquiétudes quant à la sécurité alimentaire locale. Cette diminution concerne plusieurs régions de la province, mettant en lumière des défis persistants et complexes pour le secteur agricole, pilier de l'économie et de la subsistance des populations. Le directeur provincial de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage à Burunga confirme cette baisse de production et s'emploie à proposer des solutions concrètes pour y remédier.
Témoignages d'agriculteurs affectés
Un agriculteur, identifié par ses initiales N.A. Originaire de la colline de Gatete, dans la commune de Rumonge, province de Burunga, a signalé une diminution significative de sa production de riz dans la vallée de Busambi par rapport à la saison culturale B précédente. Cette baisse de rendement est particulièrement préoccupante pour les agriculteurs dépendants de cette culture de base. L'agriculteur attribue cette mauvaise récolte de riz à un manque clé d'engrais urée, un intrant essentiel pour la croissance du riz, aux changements climatiques de plus en plus imprévisibles et à une faible orientation agricole, qui ne leur permet pas de s'adapter efficacement aux nouvelles conditions.
Un autre agriculteur, S.F. De la colline de Mugerama, dans la commune de Nyanza, province de Burunga, a constaté une baisse annuelle de sa récolte de manioc, une culture vivrière fondamentale pour la région. Il explique que la variété de manioc plantée est malheureusement sensible aux maladies, ce qui rend les cultures vulnérables et réduit les rendements. Il a également évoqué une sécheresse sévère et prolongée, ainsi qu'un manque persistant d'engrais chimiques, comme des facteurs contributifs majeurs à la mauvaise récolte de manioc. Ces éléments combinés créent un environnement difficile pour la production agricole.
Des agriculteurs de la commune de Makamba ont rapporté une baisse considérable de la récolte de haricots pour la saison culturale B, une autre culture essentielle pour l'alimentation locale. Ils citent également un manque d'engrais chimiques, qui affecte la fertilité des sols et la vigueur des plantes, et une faible orientation agricole de la part des autorités compétentes, laissant les agriculteurs démunis face aux défis agronomiques. La production de fruits, tels que les oranges et les mandarines, a également diminué de manière notable dans la commune de Rumonge, pour les mêmes raisons évoquées par les agriculteurs, soulignant un problème systémique qui touche diverses cultures.
Causes profondes et explications officielles
Jean-Marie Congera, directeur provincial de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage à Burunga, a confirmé la chute de production pour les cultures nécessitant de l'urée. Il a précisé que l'approvisionnement en cet intrant s'était avéré insuffisant pour répondre aux besoins des agriculteurs, créant une pénurie qui a directement impacté la capacité des sols à nourrir les cultures. Cette situation a eu des répercussions directes et négatives sur les rendements des cultures concernées dans l'ensemble de la province, contribuant significativement à la baisse générale observée.
M. Congera a également souligné que la province a été frappée par d'importants dérèglements climatiques. Ces perturbations se sont manifestées par une alternance de fortes pluies, qui peuvent provoquer des inondations et l'érosion des sols, et de périodes de sécheresse sévères, asséchant les cultures et rendant l'agriculture difficile. Ces conditions météorologiques extrêmes ont particulièrement affecté les régions d'Imbo et de Kumosso, des zones agricoles clés de la province. L'instabilité climatique a ainsi contribué de manière significative à la baisse générale de la production agricole observée pour la saison culturale B dans la province de Burunga.
Solutions proposées par la province
Pour pallier le manque d'engrais chimiques, Jean-Marie Congera, directeur provincial de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage à Burunga, a préconisé la création d'au moins une fosse de compost par ménage. Cette initiative vise à encourager l'utilisation d'engrais organiques, qui sont une alternative durable et écologique aux engrais chimiques. L'objectif est d'améliorer la fertilité des sols de manière naturelle, de réduire la dépendance aux intrants extérieurs et de soutenir ainsi la production agricole sur le long terme.
M. Congera a également annoncé que les travaux d'irrigation, précédemment suspendus, reprendront prochainement dans la zone de Gatete, située dans la commune de Rumonge. Ce projet revêt une importance capitale car il concerne une superficie de plus de 400 hectares, une étendue significative de terres agricoles. Sa relance devrait contribuer à sécuriser l'approvisionnement en eau pour les cultures dans cette région, un facteur essentiel face aux épisodes de sécheresse. En assurant un accès plus fiable à l'eau, ces travaux aideront à contrer les effets néfastes des dérèglements climatiques et à stabiliser les rendements agricoles.
Appels à l'aide et perspectives
Jean-Marie Congera, directeur provincial de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage à Burunga, a confirmé la baisse de production agricole, reconnaissant l'ampleur du défi. Il a également présenté des solutions pour y remédier, notamment la promotion active du compostage comme méthode d'enrichissement des sols et la relance des travaux d'irrigation dans la zone de Gatete. Ces mesures sont perçues comme des étapes cruciales pour renforcer la résilience agricole de la province face aux défis climatiques et logistiques. La mise en œuvre réussie de ces initiatives sera essentielle pour garantir la sécurité alimentaire et soutenir les moyens de subsistance des agriculteurs de Burunga.