Représentant de réfugiés congolais détenu au Burundi après avoir dénoncé des abus

Matabaro Ntawigira, représentant de la communauté barundi parmi les réfugiés congolais au Burundi, est détenu depuis le 17 juillet 2026. Son arrestation est directement liée à des dénonciations d'allégations de violations des droits de l'homme au camp de Musasa. Il est incarcéré à la prison centrale de Ngozi, située dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi. Des partisans estiment que sa détention est directement liée à son engagement en faveur des droits des réfugiés et à ses dénonciations répétées d'injustices au sein des camps. Matabaro Ntawigira reste détenu à la prison centrale de Ngozi, sans que sa situation n'ait évolué depuis son incarcération.

Accusations et dénégations

Les autorités accuseraient Matabaro Ntawigira d'avoir encouragé et aidé trois réfugiés, nommément Makanda Junior, Mugisha Amani et Djuma Kashanda, à rédiger une lettre. Cette accusation, qui pèse sur lui, est au cœur de sa détention actuelle. Matabaro Ntawigira nie catégoriquement ces accusations, affirmant avec insistance qu'il n'a ni participé à la rédaction de cette lettre ni encouragé ses auteurs. Il estime plutôt que son arrestation est le résultat d'un complot orchestré, citant un différend personnel avec Claudine Nsengiyumva, l'administratrice du camp de Musasa. La lettre en question, datée du 30 mai 2026, faisait état de l'arrestation et de la détention de plusieurs réfugiés pendant plusieurs jours sans procédure régulière, à la suite d'un incident de vol survenu au camp de Musasa. Ces allégations soulignent les préoccupations concernant le respect des procédures légales au sein du camp.

Le contenu de la lettre

La lettre, datée du 30 mai 2026, était formellement adressée à deux entités clés : le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA). Ce document clé dénonçait des allégations précises et graves, incluant des détentions arbitraires, des actes d'intimidation, des violences physiques et d'autres violations des droits fondamentaux au sein du camp de Musasa. Les signataires de cette correspondance, soucieux de la situation, demandaient explicitement l'ouverture d'une enquête indépendante et approfondie sur les faits rapportés. Ils sollicitaient également des garanties de protection solides et explicites pour toutes les personnes qui signaleraient ces violations, craignant des représailles. Le contenu de cette lettre met en lumière des préoccupations sérieuses concernant la sécurité et le bien-être des réfugiés dans le camp.

Contexte des dénonciations

L'engagement de Matabaro Ntawigira en faveur des droits des réfugiés n'était pas nouveau. Il avait précédemment dénoncé le manque de considération et la lenteur des dossiers de réinstallation pour les réfugiés congolais issus spécifiquement de la communauté barundi de la plaine de la Rusizi. Son activisme l'avait également conduit à interpeller directement Brigitte Mukanga-Eno, la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi, concernant l'attention jugée insuffisante portée aux préoccupations et aux besoins spécifiques de sa communauté. Ces actions passées démontrent une histoire d'activisme et de plaidoyer. Avant son arrestation actuelle, Matabaro Ntawigira avait déjà été transféré à deux reprises entre différents camps de réfugiés. Les autorités le présentaient alors comme une personne causant des troubles, ce qui suggère une surveillance et une pression croissantes à son égard.

Sort des signataires

Le sort des signataires de la lettre dénonçant des abus au camp de Musasa est également préoccupant. Deux des trois signataires de la lettre auraient quitté le camp, selon des informations non attribuées. Cette information fait état du départ de deux des réfugiés qui avaient co-signé le document adressé au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et à l'Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA). Le troisième signataire de la même lettre aurait également été placé en détention, ajoutant une dimension inquiétante à cette affaire. Ces événements surviennent alors que Matabaro Ntawigira, représentant de la communauté barundi parmi les réfugiés congolais, est lui-même incarcéré depuis le 17 juillet 2026, renforçant l'idée d'une répression potentielle contre ceux qui osent dénoncer des violations.