Rukoba: Un quartier de Gitega plongé dans le noir malgré la proximité du réseau électrique

Le poste électrique de Zege à Rukoba
Photo via Iwacu-burundi

Le quartier de Rukoba, situé dans la commune urbaine de Gitega, est confronté à une absence d'électricité, selon des observations locales. Les résidents de ce secteur, récemment intégré à la capitale politique burundaise, se trouvent privés d'accès au réseau malgré la proximité apparente des infrastructures électriques. Cette situation affecte le quotidien des habitants et soulève des interrogations sur les raisons de cette coupure prolongée dans une zone en cours d'urbanisation, alors même que le quartier a été récemment intégré à la commune urbaine de Gitega.

Vie quotidienne sans lumière

Les habitants de Rukoba dépendent de solutions alternatives pour l'éclairage. Pour pallier l'absence d'électricité, ils utilisent des bougies ou des panneaux solaires, ce qui constitue une adaptation quotidienne à la situation. Ces solutions, bien que permettant un minimum d'éclairage, ne remplacent pas la fiabilité et la puissance du réseau électrique, limitant ainsi les activités domestiques et professionnelles une fois la nuit tombée.

Cette carence en lumière a des répercussions directes sur l'éducation des jeunes. Les élèves de Rukoba ne peuvent pas étudier correctement le soir en raison d'un éclairage insuffisant, ce qui compromet leur apprentissage et leurs résultats scolaires. L'accès limité à la lumière électrique entrave leur capacité à faire leurs devoirs et à réviser, créant un désavantage significatif par rapport aux élèves des quartiers électrifiés.

Impact sur les activités économiques

Les activités économiques à Rukoba cessent au coucher du soleil en raison du manque d'électricité, selon des observations locales. Cette situation limite considérablement l'horaire d'ouverture des commerces et la productivité des artisans. Les entreprises locales ne peuvent pas installer d'équipements nécessitant une alimentation électrique constante, tels que des réfrigérateurs ou des congélateurs, ce qui entrave le développement de certains secteurs. La conservation des denrées périssables devient particulièrement problématique pour les commerçants du quartier, affectant ainsi leur capacité à offrir une gamme variée de produits à la population. Cette contrainte pèse sur la viabilité économique des petites et moyennes entreprises et freine la création d'emplois dans la zone. Les restaurants et les petits commerces alimentaires sont particulièrement touchés, ne pouvant pas stocker leurs produits frais sur de longues périodes, ce qui réduit leur offre et leurs revenus potentiels.

La raison du retard selon Regideso

La Régie de production et de distribution d'eau et d'électricité (Regideso) évoque un manque criant d'équipements de réseau pour expliquer le retard de raccordement de Rukoba. Ce déficit concerne notamment les transformateurs et les poteaux nécessaires à l'extension du réseau électrique dans le quartier, selon les informations disponibles. Ce manque matériel est ainsi présenté comme l'obstacle principal à l'électrification de cette zone de Gitega. Les tentatives de joindre les responsables de la Regideso pour la Région Centre, afin d'obtenir des précisions sur cette situation et d'éventuelles solutions, n'ont pas abouti. L'organisation ne fournit pas de calendrier précis pour la résolution de ces problèmes d'approvisionnement en équipement, laissant les habitants dans l'incertitude quant à la date de leur raccordement au réseau.

Témoignages et perspectives

La sous-station électrique de Zege se trouve à proximité du quartier de Rukoba et alimente déjà d'autres secteurs. Cette situation interroge les habitants quant aux raisons pour lesquelles leur quartier est exclu du réseau, malgré cette infrastructure voisine. La présence de cette sous-station à quelques pas seulement renforce le sentiment d'injustice et d'abandon chez les résidents de Rukoba, qui peinent à comprendre pourquoi leur zone n'est pas priorisée.

Les femmes de Rukoba sont contraintes de se déplacer vers d'autres quartiers pour faire moudre le manioc ou le maïs. Ce déplacement quotidien représente une difficulté supplémentaire, les obligeant à parcourir des distances pour des tâches essentielles qui pourraient être effectuées localement avec un accès à l'électricité. Cette dépendance aux services d'autres quartiers entraîne une perte de temps et d'énergie considérable pour les ménages, ajoutant à la charge de travail des femmes et affectant le budget familial en raison des frais de transport ou de service. L'absence d'électricité dans le quartier de Rukoba continue ainsi de poser des défis majeurs aux habitants, tant sur le plan éducatif et économique que dans la vie quotidienne.