Tensions au Burundi : treize personnes accusées d'espionnage

Photo de la semaine- Burundi: le pouvoir expose 13 présumés espions et désigne les Banyamulenge à la vindicte
Photo: RTNB via Sosmediasburundi

Les autorités burundaises ont présenté treize individus aux journalistes le 9 octobre 2026 au siège du Service national de renseignement (SNR) situé à Bujumbura. Ce groupe de suspects se compose de onze hommes et de deux femmes, dont la majorité sont des réfugiés Banyamulenge. Ces personnes font l'objet d'accusations formelles d'espionnage au profit du Rwanda. Les autorités leur reprochent également d'avoir menacé la sécurité de l'État burundais, d'avoir utilisé de faux documents officiels et d'avoir porté préjudice à l'économie nationale.

Profil des suspects arrêtés

Parmi les individus arrêtés figurent plusieurs responsables religieux. Mark Ntayoberwa, dirigeant de la Stone Evangelical Church, ainsi que Gédéon Nzayitegaho, de l'Église Carmel, comptent parmi les suspects présentés par les autorités. Jalos Nkunda Kilaya, représentant de l'Église évangélique au pays des Grands Lacs (EEPGL), est également concerné par ces accusations d'espionnage.

Jalos Nkunda Kilaya a été appréhendé le 8 septembre 2026. L'arrestation s'est déroulée à l'aéroport international de Bujumbura. Les autorités burundaises maintiennent ces treize personnes en détention dans le cadre de l'enquête ouverte par le Service national de renseignement. Le dossier judiciaire porte sur des activités présumées de renseignement au profit du Rwanda, ainsi que sur l'usage de faux documents officiels.

Appels à la surveillance communautaire

Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de la Sécurité, a publiquement exhorté les citoyens burundais à accroître leur vigilance à l'égard de la communauté Banyamulenge. Cette demande s'accompagne d'une consigne directe visant à restreindre les interactions économiques avec ces personnes, notamment en matière immobilière.

Le responsable ministériel a déclaré : "Il faut surveiller leurs déplacements et ne plus leur louer de maisons, surtout ici à Bujumbura". Cette instruction fait suite à l'ouverture de l'enquête menée par le Service national de renseignement sur les treize individus accusés d'espionnage. L'appel de Pierre Nkurikiye vise à impliquer la population dans la surveillance des activités de cette communauté à travers le pays. Les autorités burundaises cherchent ainsi à limiter les capacités d'installation des membres de ce groupe au sein de la capitale. Cette directive de sécurité s'inscrit dans le cadre des mesures prises par le ministère après les arrestations annoncées le 9 octobre 2026. L'administration burundaise justifie ces consignes par la nécessité de protéger la sécurité de l'État face aux menaces d'espionnage présumées impliquant le Rwanda.