Uvira en Grève Morte : Appel à la Sécurité et à l'Équipement Militaire Moderne

Uvira, située dans la province du Sud-Kivu, a connu une journée "ville morte" le mercredi 5 août 2026, à l'appel de la Coordination Provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC). Cette action visait à dénoncer l'insécurité persistante dans la région et à interpeller les autorités congolaises face à une situation jugée intenable. Les organisateurs de cette journée de protestation ont également formulé une demande pour l'acquisition d'équipements militaires modernes destinés aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et à leurs alliés Wazalendo. La Coordination Provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a souligné l'urgence de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité pour faire face aux menaces qui pèsent sur la population et le territoire.

Impact du Jour de Ville Morte

La journée de « ville morte » a entraîné une paralysie notable des activités à Uvira, témoignant de l'adhésion de la population à cet appel. Le trafic routier était quasi inexistant sur l'axe reliant Kavimvira à Kalundu, des artères habituellement très fréquentées et vitales pour l'économie locale. Les marchés, les commerces et les dépôts sont restés fermés tout au long de la journée, illustrant l'ampleur du mouvement et le profond mécontentement des habitants. Cette mobilisation citoyenne a clairement démontré la détermination de la population d'Uvira à exiger des mesures concrètes pour leur sécurité.

Cette action intervenait dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu et alarmant. Au cours du mois précédent, une dizaine de personnes auraient perdu la vie et plus d'une vingtaine d'autres auraient été blessées lors d'incidents de sécurité dans la région, exacerbant la peur et l'incertitude parmi les résidents. La fermeture généralisée des activités économiques et sociales visait ainsi à noter l'urgence d'une réponse immédiate et efficace aux préoccupations de la population d'Uvira, qui se sent abandonnée face à la montée de la violence. La veille même de cette mobilisation, deux personnes ont été tuées, selon des témoignages recueillis, accentuant le sentiment d'urgence.

Contexte de l'Insécurité Croissante

La ville d'Uvira a connu une brève occupation rebelle entre décembre 2025 et janvier 2026, un événement qui a profondément marqué les esprits et contribué au climat d'insécurité actuel. Face à cette situation dégradée, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a formulé trois objectifs principaux. Elle demande notamment des équipements modernes pour les FARDC et les Wazalendo, afin de leur permettre de lutter efficacement contre les groupes armés. La NSCC dénonce également le silence et l'inaction de la communauté internationale concernant l'agression attribuée au Rwanda, appelant à une prise de position plus ferme. Enfin, elle met en garde tout soldat des FARDC ou combattant VDP/Wazalendo collaborant avec l'ennemi, soulignant l'importance de la loyauté et de l'intégrité au sein des forces de défense.

L'abandon d'équipements militaires a été constaté lors de précédents affrontements, notamment à Point Zéro, dans le territoire de Fizi, en juin 2026, ce qui soulève des questions sur la préparation et l'équipement des troupes. Le groupe Twirwaneho, un acteur majeur de l'insécurité dans la région, est allié au M23, lui-même affilié à l'Alliance Fleuve Congo (AFC) dirigée par Corneille Nangaa. Cette alliance complexe de groupes armés rend la situation encore plus volatile. Un rapport interne du Ministère congolais de l'Intérieur et de la Sécurité indique que l'armée burundaise a déployé plus de 29 000 soldats dans l'est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025, un déploiement massif qui témoigne de l'ampleur des enjeux sécuritaires transfrontaliers.

Exigences et Appels des Citoyens

Les organisateurs de la « ville morte » visaient à interpeller les autorités congolaises concernant la détérioration de la situation sécuritaire dans les hauts et moyens plateaux des territoires d'Uvira et de Fizi. La population locale, épuisée par les violences répétées, espère que cette mobilisation forcera le gouvernement à prendre des mesures décisives. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les milices Wazalendo, la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et d'autres groupes alliés de Kinshasa, ont perdu plusieurs positions stratégiques face au groupe armé Twirwaneho, ce qui a exacerbé la frustration et le sentiment d'abandon parmi les citoyens.

La présence de forces étrangères et les allégations d'implication de pays voisins compliquent davantage la situation. Des experts des Nations Unies estimaient l'année dernière que 5 000 à 7 000 soldats rwandais combattaient aux côtés des rebelles, une affirmation qui, si elle est avérée, met en lumière la dimension régionale du conflit. Uvira, de par sa position stratégique, est particulièrement vulnérable. La ville est située à quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, ce qui en fait un carrefour commercial et un point de passage clé, mais aussi une zone de tensions et d'influences multiples. La NSCC et les habitants d'Uvira attendent désormais une réponse claire et des actions concrètes de la part des autorités pour restaurer la paix et la sécurité dans cette région éprouvée.