L'Observatoire National de Lutte contre la Traite des Êtres Humains (ONLCT) met en garde contre une recrudescence du trafic d'enfants au Burundi, coïncidant avec la Journée Mondiale contre la Traite des Personnes célébrée le 30 juillet. Selon Prime Mbarubukeye, représentant légal de l'ONLCT, les mois de juillet et août sont propices aux réseaux de trafiquants. Des enquêtes de l'ONLCT révèlent que ces réseaux exploitent la fermeture des écoles et la vulnérabilité économique des familles pour recruter des enfants, souvent sous prétexte d'offrir du travail ou de meilleures conditions de vie. Ces enfants sont ensuite clandestinement acheminés vers la Tanzanie, l'Ouganda, le Kenya, et certains pays arabes. Un précédent incident a vu vingt trafiquants arrêtés dans la commune de Rutana, province de Burunga, lors des vacances d'été 2025, alors qu'ils tentaient de faire passer clandestinement 118 enfants vers la Tanzanie. Le tribunal de grande instance de Rutana a depuis condamné ces individus.
Facteurs favorisant le trafic
L'Observatoire National de Lutte contre la Traite des Êtres Humains (ONLCT) identifie plusieurs facteurs propices à la traite des enfants, parmi lesquels la fermeture des écoles, les difficultés socio-économiques, la mobilité des populations et la recherche de revenus. Ces circonstances exposent particulièrement les mineurs au travail forcé, à l'exploitation domestique, économique ou sexuelle, ainsi qu'à diverses formes de criminalité transnationale. Afin de contrer ce phénomène, l'ONLCT préconise la mise en place de mécanismes d'alerte rapide au niveau local, spécifiquement au sein des collines, pour faciliter l'intervention prompte des autorités compétentes. Des interceptions et des refoulements d'enfants ont été signalés récemment, notamment à la frontière avec la Tanzanie, illustrant la réalité de ces tentatives de trafic.
Mesures et sanctions en place
Pour lutter contre ce phénomène, les autorités burundaises ont mis en place des mécanismes spécifiques, dont une unité de police dédiée à la protection des mineurs. Cette structure a pour mission d'intervenir en cas de signalement de trafic et d'assurer le suivi des affaires impliquant des enfants. La création de cette unité reflète une volonté de renforcer la réponse opérationnelle face aux réseaux de trafiquants qui ciblent les jeunes populations. Les efforts se concentrent sur la détection précoce et l'interception des victimes potentielles, particulièrement pendant les périodes de vulnérabilité accrue comme les vacances scolaires.
Parallèlement, le Code pénal burundais prévoit des sanctions sévères à l'encontre des auteurs de traite des êtres humains. Ces dispositions légales visent à dissuader les trafiquants et à punir ceux qui exploitent la vulnérabilité des enfants. Les peines encourues sont conçues pour être proportionnelles à la gravité des crimes commis, soulignant l'engagement du pays dans la lutte contre cette forme d'esclavage moderne. L'application rigoureuse de ces lois est jugée essentielle pour démanteler les réseaux et protéger les mineurs des dangers de l'exploitation.
Appels à la vigilance accrue
L'Observatoire National de Lutte contre la Traite des Êtres Humains (ONLCT) recommande aux parents de surveiller plus étroitement les activités et les déplacements de leurs enfants pendant les périodes de vacances. L'ONLCT appelle également les responsables administratifs et les communautés locales à signaler rapidement toute disparition d'enfant ou tout recrutement suspect.
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rappelé l'importance de renforcer la prévention, l'identification des victimes et leur protection pour les personnes exposées à l'exploitation. Ces recommandations s'inscrivent dans un contexte où les vacances scolaires sont identifiées comme une période de vulnérabilité accrue pour les mineurs face aux réseaux de trafiquants. La vigilance collective est jugée essentielle pour contrer ce phénomène.
Défis persistants et perspectives
La lutte contre le trafic d'enfants au Burundi reste ardue, selon les acteurs de la société civile. Ces derniers estiment que cette difficulté est en partie imputable à l'implication présumée de certains fonctionnaires à divers niveaux de l'administration. Cette allégation note un obstacle majeur à l'éradication du phénomène, compliquant les efforts déployés pour protéger les mineurs vulnérables. L'efficacité des mesures mises en place dépendra également de la capacité à surmonter ces défis internes, perçus comme entravant la pleine application des lois et des mécanismes de protection.