Au Burundi, l'Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT) a lancé une campagne de réenregistrement obligatoire des cartes SIM, dont la date limite officielle était fixée au 25 juin. Cette initiative, supervisée par l'ARCT, vise à renforcer la sécurité des communications, à mieux identifier les titulaires de cartes SIM et à assainir le secteur des télécommunications. Un communiqué de l'ARCT, publié le 3 juin 2026, avait enjoint tous les opérateurs de téléphonie mobile et les détenteurs de cartes SIM à procéder à ce réenregistrement. Face aux difficultés rencontrées par les usagers, le directeur général de l'ARCT, Samuel Muhizi, a annoncé que l'opération se poursuivrait au-delà du 25 juin 2026. M. Muhizi a également donné pour instruction aux opérateurs de ne pas désactiver les cartes SIM des abonnés qui n'auraient pas pu accomplir cette formalité dans les délais impartis.
Afflux massif et perturbations
Les agences des opérateurs de téléphonie mobile connaissent une forte demande, entraînant de longues files d'attente et des perturbations de service. Cette situation a provoqué un afflux massif, notamment dans les agences de Viettel Burundi et Econet Leo. Les abonnés se pressent en grand nombre, espérant accomplir la procédure avant d'éventuelles sanctions. Pendant la procédure, certains abonnés signalent des interruptions temporaires de leurs services de communication, ce qui ajoute à leur frustration et complique la gestion quotidienne de leurs communications. Des commissionnaires opèrent à proximité de ces agences, profitant de la situation pour facturer des frais aux citoyens désireux d'obtenir de l'aide pour compléter les démarches ou pour accélérer leur accès aux files d'attente. La campagne note la capacité limitée des opérateurs à gérer une mobilisation d'une telle ampleur, mettant en lumière des lacunes dans la planification et la mise en œuvre de cette opération d'envergure nationale.
Contexte des démarches administratives
L'exigence de réenregistrement repose sur un arrêté ministériel signé le 13 janvier 2026, qui a jeté les bases légales de cette campagne. Cette mesure est mise en œuvre alors que le processus administratif se complexifie pour les citoyens burundais. Lorsque les cartes d'identité sont jugées illisibles, les agents chargés du réenregistrement demandent aux abonnés d'obtenir une nouvelle carte d'identité nationale, ajoutant une étape supplémentaire et souvent longue à la procédure. La carte d'identité nationale est d'ailleurs le seul document accepté pour cette procédure de réenregistrement des cartes SIM, limitant les options pour les citoyens et exigeant une conformité stricte.
Parallèlement à cette initiative, une réforme administrative au Burundi a réduit le nombre de provinces de 18 à 5 et celui des communes de 119 à 43. Cette réforme a réorganisé de manière significative les services administratifs du pays, entraînant un allongement des délais de traitement pour l'obtention des documents officiels, y compris la carte d'identité nationale. Cette situation accroît la pression sur les infrastructures administratives déjà sollicitées par le réenregistrement des cartes SIM, créant des goulets d'étranglement et des retards généralisés pour les citoyens qui tentent de régulariser leur situation. L'obtention d'une nouvelle carte d'identité, nécessaire pour de nombreux abonnés dont les documents sont jugés non conformes, devient ainsi un obstacle majeur dans le processus de réenregistrement des cartes SIM.
Réactions et demandes des abonnés
Malgré l'expiration de la date limite officielle du 25 juin, le processus de réenregistrement des cartes SIM se poursuit, entraînant des frustrations parmi les abonnés. Dans plusieurs provinces du Burundi, des centaines de personnes continuent de faire la queue pendant des heures, certains passant une journée entière sans pouvoir être servis. Cette situation est aggravée par des rappels SMS envoyés par les opérateurs, avertissant que les cartes SIM non réenregistrées risquaient la désactivation. Ces messages, bien qu'informatifs, ont semé la panique et poussé encore plus de personnes vers les agences déjà débordées. La crainte de voir leurs services de communication coupés incite les abonnés à persévérer malgré les conditions difficiles et les longues attentes.
Face à ces difficultés, les abonnés expriment un mécontentement croissant et appellent à des améliorations concrètes. Ils demandent notamment une augmentation du personnel dédié au réenregistrement, l'ouverture de davantage de centres de réenregistrement pour désengorger les agences existantes, et une meilleure organisation générale des opérations pour fluidifier le processus. Les usagers souhaitent également que les futures campagnes de ce type soient mieux préparées, avec des procédures plus fluides, des ressources suffisantes et des délais adaptés pour éviter de telles perturbations, qui affectent non seulement leur accès aux services de communication mais aussi leur productivité et leur quotidien.